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dimanche 2 août 2026

Personnel Développement Personnel :
PDP 5

  

L'éveil spirituel 

et le réveil aux réalités 



  Si la réalité - soit le caractère de ce qui est réel, et qui n’est pas qu’un concept, une invention ou une apparence - est, par définition, à prendre au pluriel, le réel qui est l'étymologie latine de la réalité (realitas : caractère réel), renvoie  à  chose (res) en tant qu'objet inanimé, ce qui est matériel, physique. Or, la chose est le motif ou la raison, causa en latin classique ; ce qui permet de mieux qualifier ce dont on parle, mal les qualifier participant de plus en plus du malheur du monde actuel, lequel, qui plus est, est en totale dérive axiologique dont j'ai fait l'approche situationniste*.

  Aussi, être éveillé à ces réalités, de plus en plus complexes, des plus tragiques aux plus dramatiques, est-il nécessaire, sinon impératif catégoriquement ; mais est-ce suffisant ? Car on peut être y éveillé, mais non seulement sans nulle prise sur elles, mais sans effectivité de la vision qui est le propre de l'éveil : lucide et pertinente. Car l'éveil à l'essence de ces réalités peut s'accompagner d'une absence patente de saisine de ce qui en fait justement la véritable existence ce que ne saisit que celui qui en relève ou qui y est en veille, y étant réveillé.

  Certes, l'éveil, l'état de veille est bien une sortie du sommeil ; mais cesser de dormir physiquement ne veut pas dire être pleinement éveillé ; car on peut être éveillé, mais saisi de torpeur,  d'engourdissement. Et il n'est rien de plus encourageant à la torpeur, au sommeil éveillé que l'habitude. Et celle des réalités de notre quotidien matériel, et matérialiste à l'excès, est quasiment irrépressible. Alors que le réal spirituel, autre réel s'il en est, malgré son effectivité reste tout en mesure, autorisant la lucidité.  

  Or, c'est justement à refuser une telle torpeur, la rejeter qu'amène l'éveil aux vérités de la condition humaine, et qui est le plus souvent, pour le meilleur des éveils, spirituel et philosophique, déconnecté des réalités matérielles, les niant même. Car l'éveil est révélation de ce qui relève souvent de l'invisible, une sensibilisation à quelque chose relevant normalement de ce qui est jugé irréel. Aussi amène-t-il souvent, sinon un refus du réel tangible, du moins une distance prise avec ses implications, une relativisation de ce qui serait important, sinon capitale aux yeux du commun des mortels. Comme pour un spiritualiste de relativiser la notion de la mort, suprême drame humain, en la considérant comme un nouveau départ, une nouvelle vie. Et ce à la manière de tout ce qui se passe dans la vie terrestre, à commencer par les végétaux mourant et se réveillant chaque saison. Ou encore de refuser l'emprise de la matérialité des choses devenues vénalité même, mais de le faire à l'excès, de manière radicale, au point de ne plus pouvoir vivre si l'on ne dispose pas de rentrées d'argent assurées par une rente, une prise en charge quelconque. Ce qui compromet l'éveil en ramenant à la basique condition humaine qu'est la matérialité.  

  D'où il ne suffit pas d'être éveillé, faut-il rester réveillé aux réalités que l'éveil amène à contester et d'en nier la valeur. C'est que la valeur est une notion à double sens ; elle est matérielle, et de plus en plus vénale en nos temps de confusion axiologique ; mais elle est aussi et en premier lieu morale. Or, on n'accède à ce niveau moral qu'en ayant expérimenté le niveau basique de la matérialité, ayant même fait l'expérience d'en manquer volontairement pour réaliser pleinement sa valeur réelle, morale donc, réalisant dans le même temps qu'elle est en intime relation avec son aspect matériel. 

  Ce qui est logique puisqu'on relève du plan d'existence de la matière, l'humain n'ayant de réalité qu'incarné, puisque l'âme n'est visible que dans un corps physique.  C'est pour cela que j'ai soutenu que la vertu ou la quintessence de la spiritualité est le total épuisement du vice, autrement dit de la matière en soi. Ce qui pourrait être facilité par certaines prédispositions psychologiques que la connaissance de son identité astrologique aidera à en prendre conscience ; ce qu'expose, entre autres, le PDP, Personnel Développement Personnel.   

* Situationniste dérive du monde. Humanisme intégral et État démocratique binational en Palestine, Paris, Le Lys Bleu éditions, 476 pages, 28, 50 €.