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mardi 16 juin 2015

Érosensualité arabe 8

L’amour en procès au Maroc *
Texte intégral





Le 16 juin, l’amour était en procès au Maroc.  Lahcen et Mohsine, deux gays marocains, déclarés coupables de s’être embrassés — ce qui est loin d’être avéré, en fait — devant la tour Hassan le 3 juin à Rabat, encourent injustement trois ans de prison.

Le jugement sera rendu le 19 juin. C’est une occasion en or pour la justice marocaine de démontrer son indépendance et son attachement à ses valeurs éthiques en décidant la relaxe des deux jeunes hommes et en contestant la légitimité des chefs d’accusation d’obscénité et d’homosexualité.

Coupables d’innocence  

Ce ne sont pas les prévenus qui devaient être arrêtés et jetés en prison, mais ceux qui ont fait de leur geste de tendresse et d’amour, un geste obscène. Outre le fait que le baiser est loin d’être prouvé, l’amour innocemment manifesté par le plus beau geste de tendresse qui soit, celui d’un baiser justement, relève-t-il donc de l’obscénité? Depuis quand condamne-t-on l’amour et tolère-t-on la haine ?
S’ils s’étaient embrassés, Lahcen et Mohsine n’auraient fait qu’incarner les valeurs de l’islam qui sont celles des sentiments les plus nobles en l’humain ; qu’est-ce que l’homme a donc de meilleur à offrir sinon son amour  à son prochain ?  

Outre l’obscénité, on reproche aux deux hommes d’être homosexuels. Or, tout d’abord, l’homosexualité en islam ne se prouve que par l’acte sexuel de l’intromission ; et il n’en a pas été question en l’affaire.

L’islam ne prohibe pas l’homosensualité

De plus, il a été démontré que l’article 489 du Code pénal qui punit les rapports homosexuels est contraire à l’islam, car l’homosexualité n’y est nullement prohibée.
Cet article contrairement à ce qu’il prétend est donc anti-islamique et est illégitime. Les juges ne devraient plus l’appliquer au nom de leur attachement même à l’islam.
Ce n’est, au demeurant, que d’homosensualité qu’il s’agit plutôt que d’homosexualité ; et la sensualité est une constante anthropologique arabe.
Il suffit de regarder nos peuples vivre pour voir à quel point ils sont sensuels dans leur manière de vie, ce qui ne veut nullement dire qu’ils sont homosensuels. La sensualité est leur manière de vivre leur convivialité 

Déclarer illégitime l’article 489

Les juges ont une occasion en or avec cette affaire d’honorer leur mission qui est de dire la justice tout autant que de servir la morale islamique.
En l’occurrence, ce sont ceux qui persécutent Lahcen et Mohsine qui sont les coupables en pervertissant l’esprit d’amour et de tolérance de notre religion qui encourage le meilleur en l’homme. Et quelle plus belle manière de l’exprimer qu’un baiser tendrement échangé. II n’est ni contraire à la morale ni ne viole notre foi.
Les juges se doivent de saisir cette occasion pour pointer le caractère immoral dudit article 489 et dénoncer ceux qui le prennent comme prétexte pour livrer à la vindicte populaire des innocents, les diffamant, appelant au meurtre, troublant l’ordre public.
Car un baiser ne trouble que les sens, jamais l’ordre public, sauf chez eux dont l’intention est de faire de notre foi une religion intolérante, daéchienne.

L’exemple à méditer du Calife Omar

Pour terminer, livrons aux juges de Rabat cet exemple éminent du second calife de l’islam, Omar qui était connu pour sa sévérité dans l’application de sa foi, mais aussi son intransigeante justice.
À l’occasion d’une dénonciation pour consommation d’alcool, le calife relaxa les coupables qui avaient reconnu avoir bu l’alcool, mais affirmèrent ne l’avoir fait que dans leur intimité, contrattaquant leurs dénonciateurs de l’avoir violée, faisant à la religion plus de tort qu’eux-mêmes.
C’est ce qu’agréa Omar en condamnant les dénonciateurs, car en islam, l’offense majeure à l’islam efface l’offense mineure.
Or, à supposer que Lahecn et Mohsine aient offensé notre religion par leur innocent bisou, il est sûr que ceux qui ont attenté à leur sécurité, les diffament et troublant l’ordre public ont commis la plus grave offense. Ce sont eux qui encourent la prison, selon la morale de l’islam, non les deux innocents jugés aujourd’hui.  



Publié écourté sur
Al Huffington Post Maroc