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mercredi 26 février 2014

Justesse de voix et de voie 6

La leçon d'Ukraine : encore de compétences à la tête de l'État !




Si on voulait résumer l'esprit de ce qui se passe en Ukraine et en tirer la leçon, c'est certainement ce qu'on doit faire incontinent en Tunisie : placer des compétences neutres au reste du sommet de l'État, à la tête de l'Assemblée constituante et de la présidence de la République, ainsi que la lucidité politique l'a imposé pour le gouvernement.
Une nouvelle leçon politique
C'est d'Ukraine, en effet, que vient la nouvelle leçon en politique aujourd'hui pour nos élites dont la plupart sont réduites à n'être que des ombres d'un passé qui ne veut pas reconnaître qu'il est fini et laisser la place aux nouvelles mentalités, nouvelles exigences, nouvelle façon de vivre tout simplement.
Même ceux qui brillent parmi nos politiciens sur une scène devenue une foire d'empoigne ne sont que ces belles lumières à voir dans le ciel d'été, des traces d'étoiles mortes depuis longtemps, auxquelles l'éloignement donne l'illusion de la vie. Ainsi, la distance de plus en plus grande prise par nos politiques avec le peuple leur donne-t-elle l'illusion de vivre alors qu'ils ne sont au mieux, aux yeux des masses populaires, que des momies.
C'est terrible à relever, mais l'honnêteté exige de le dire. Cela emporte comme conséquence qu'il nous faut de nouvelles élites qui soient jeunes, à l'image du pays, mais surtout avec une nouvelle façon de faire la politique en un temps qui est l'âge des foules. En cette époque, c'est la puissance sociétale qui prend désormais le dessus sur le pouvoir des institutions classiques saturées, vidées du moindre sens par excès de contradictions flagrantes et de contresens.
On peut regretter l'ordre; mais quel intérêt dans un ordre mortifère, réduisant la société à un cimetière avec des citoyens, comme des tombes, alignés sur une politique au service de la minorité des puissants du jour ?
Certes, on est autorisé à se plaindre de la violence déclarée qui se généralise, mais est-elle plus grave qu'une violence silencieuse, insidieuse, physique et morale, que nous retrouvons encore d'ailleurs dans les allées officielles du pouvoir, et qui marque toujours le comportement de ses institutions tout en les délégitimant ?
L'État d'antan, avec ses pompes, son prestige et ses solennités, c'est fini ! Tout comme l'intellectuel, le politique cireur de bottes — les siennes ou celles de son mentor —, n'est plus à la mode ! Il se doit d'être organique, relever du peuple, reproduire sa condition. Aussi, en Tunisie, pays pauvre, il est le premier à devoir faire les frais de l'austérité.
La démocratie telle qu'on la pratique en Occident avec ses rites électoraux et ses partis, c'est terminé aussi ! Aujourd'hui, le peuple prend et reprend le pouvoir quand il le veut, quand il le décide. Ce sont les foules qui doivent avoir le dernier mot et qui l'ont tôt ou tard, dans les meilleures ou les plus mauvaises conditions, selon des règles rationalisées ou dans le chaos.
Tout cela dépend de l'intelligence de leurs élites, de leur lucidité ou encore de leur machiavélisme. Cependant, seule l'éthique triomphe au final en notre époque qui valorise le retour aux valeurs que symbolise la spiritualité. Chez nous, c'est l'islam authentique selon ses prescriptions humanistes universelles, et non la religion de certains qui en font commerce ou politique politicienne.
Les nouveaux commandements en Tunisie
Les nouveaux dix commandements, ceux du seul Dieu en politique qu'est le peuple, peuvent être énoncés comme suit. Peu importe leur nombre, ce qui compte, c'est leur résultat, un seul commandement valant dix et dix pouvant être résumés par un seul.
En Égypte, l'armée doit comprendre qu'elle a intérêt à revenir aux casernes, surtout qu'elle a été amenée au pouvoir par le peuple; aussi doit-elle lui rendre le pouvoir sans plus tarder. Surtout, elle ne doit pas chercher, comme elle le fait, à se montrer rusée; le peuple l'est toujours bien plus que ceux qui le gouvernent. Et ce sera dans l'intérêt de tout le monde si on ne veut pas faire face à une nouvelle révolution sur les bords du Nil. Avis donc aux puissants soutiens extérieurs de l'armée égyptienne.
En Tunisie, s'il a su tirer la leçon d'Égypte, le parti islamiste continue de louvoyer en accord avec la plupart des élites du pays pour ignorer le peuple et ses exigences. Car celles-ci sont exprimées désormais non plus par les partis, obsédés par le pouvoir et l'ego surdimensionné de ses activistes, mais par la société civile et les associations qui incarnent ces exigences, dans lesquelles le peuple agit et se manifeste.
On ne peut donc se suffire en Tunisie d'une constitution si ses principes ne sont pas mis en œuvre illico. Or, que voit-on ? On vit toujours sous le régime juridique de l'ancienne dictature, continuant à violenter les droits des Tunisiens, sans parler des droits de l'Homme.
On doit rendre le pouvoir au peuple en reconnaissant au plus tôt son droit à élire des représentants qu'il choisit véritablement et qu'il contrôle. Et cela doit se faire à l'échelon le plus bas du pays. Il nous faut remettre la pyramide du pouvoir sur sa base, car elle est actuellement renversée, chef en bas.
La Tunisie a expérimenté une formule nouvelle de dialogue national qui reprend aujourd'hui. Les responsables de ce dialogue ont intérêt à amener les élites du pays à abandonner l'entreprise actuelle qu'ils poursuivent en matière de système électoral. En effet, il ne fait que bétonner un pouvoir institué qui agit déjà en nouvelle dictature, contribuant à éloigner encore plus le somment de sa base.
Le dialogue national doit appeler urgemment à abandonner le projet actuel de scrutin de liste ne faisant que reproduire, à peu de choses près, celui qui a lamentablement échoué. On doit aussi privilégier des élections locales et régionales en mesure d'intéresser le peuple, le concilier avec la politique et, du coup, réhabiliter la chose publique. Il lui faut aussi et de toute urgence appeler les ministères à déclarer, chacun en son domaine, un moratoire dans l'application des lois, règlements, arrêtés et décisions contraires à la nouvelle constitution et à son esprit démocratique.
Surtout, il a intérêt à sortir le pays de l'immobilisme actuel en osant donner un lifting à ce qui reste intouchable des hauteurs de l'État. Comme pour le gouvernement, la Tunisie a intérêt d'avoir des compétences neutres à la tête de l'Assemblée constituante et de la présidence de la République. À qui sait entendre le peuple, c'est ce que réclament les masses.
On le voit bien, les titulaires actuels de ces deux postes symboliques ne font que de la politique le plus clair du temps, politicienne qui plus est. C'est leur strict droit, mais qu'ils s'y adonnent hors des rouages de l'État, sans leur qualité officielle, car ils abusent de la confiance du peuple et de l'esprit de la démocratie supposant une neutralité absolue et non affectée, au-dessus de tout soupçon.
On doit donc décréter et mettre en application le principe que les titulaires actuels de ces postes sensibles les cèdent à des compétences ne faisant pas la politique, ou alors la vraie, celle qui n'est que la gestion des intérêts avérés du peuple, tout le peuple, non une frange du peuple.
En finir avec l'opéra-bouffe du politique
C'est la révolution par le haut que le dialogue national est ainsi appelé à faire si l'on veut dans ce pays cesser d'agir au retour en douce de la dictature. Sinon, fatalement, on aura une réplique du coup du peuple; et l'Ukraine est là pour le rappeler ! Ce faisant, notre dialogue national ne sera plus celui des seuls mastodontes de la politique, sourd donc au peuple, se transformant en dialogue véritable, en résonance avec l'âme populaire, une dialogie.
Pour résumer, l'actuel gouvernement de compétences doit être épaulé par d'autres compétences à la tête de l'état. Et il doit avoir le temps nécessaire et suffisant pour réussir sa mission. Aussi faut-il le lui donner si l'on est sincère de notre volonté à le voir réussir.
Qu'est-ce à dire sinon qu'il est impératif de se libérer de la ridicule échéance de cette fin d'année pour organiser des élections qui n'ont d'intérêt, à voir le scrutin retenu, que pour les grands partis et leurs ambitions voraces du pouvoir.
Ce ne sont plus des élections législatives et présidentielles qui comptent dans la Nouvelle République de Tunisie; ce sont des élections municipales et régionales où le pouvoir sera rendu au peuple et qui amèneraient ensuite aux plus hautes charges de l'État.
Le peuple doit être souverain en retrouvant son propre droit du choix de ses représentants actuellement confisqué par les machines redoutables des partis et par l'argent sale. Le moteur d'une démocratie véritable, en tout cas dans un pays en développement, à peine sorti de la dictature, ne réside plus dans le système partisan tel que pratiqué en Occident; c'est la société civile qui l'incarne; et la nôtre le fait si bien.
Aussi, en plus de nous libérer de l'échéance de fin d'année et après avoir renouvelé le plus haut staff à la tête du pays ainsi que son système législatif et réglementaire le plus liberticide, il nous faudra revoir le projet de code électoral de fond en comble. On ne doit retenir que le mode le plus approprié aux traditions et à la psychologie de notre pays, qui est le scrutin uninominal, qu'on aura pris garde de rationaliser en prévoyant un dispositif de contrôle accru et permanent des électeurs sur les élus.
Ainsi et ainsi seulement aura-t-on une chance d'en finir avec l'opéra-bouffe que nous pratiquons en singeant un Occident en pleine crise. Et celle-ci est d'abord et surtout celle de ses valeurs propres reniées par un imaginaire travaillé par l'exclusion de l'autre, notre image propre, pourtant.   
  
Tribune publiée, légèrement modifiée sur 
sous le titre :
Leçon d'Ukraine : Que des compétences à la tête de la Tunisie!