2017 : année d’abolition de l’homophobie en islam ! Que les militants maghrébins proposent ce projet de loi : en Tunisie (en arabe, en français) et/ou au Maroc (en arabe, en français) !

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dimanche 31 mai 2015

Érosensualité arabe 7

Homosensualités maghrébines, érosensualité arabe : Douce sociologie de la libido tunisienne

(Communication aux Journées du CeaQ, 
le 24 juin 2015 à la Sorbonne) 






Il s’agit de présenter des recherches sur l’homosensualité, l’homoérotisme et la sensualité au Maghreb, l’érosensualité étant prise comme métaphore, un l’idéal-type pour éclairer un réel rétif aux analyses classiques, mettre en exergue l’idée-force qui structure un moment vécu par l’individu, le groupe et la société, se résolvant en un instant éternel.

Pensée passionnée, complexe et logique contradictorielle en sont le terreau pour un terrain voulu arable, rendant mieux compte du sexe en terre arabe, sexe qui n’est que sens en sa polysémie même, l’homosexualité en étant l’illustration paroxystique, n’étant qu’homosensualité et érosensualité.   


Le rapport arabe au sexe est, en effet, une effervescence conviviale où la sensualité se fait polysensorialité manifestant une attitude en apparence apophantique, mais qui n’est pas moins « apophatique », s’exprimant « par  évitement, par comparaison, par images émotionnelles, car jamais on n’arrivera à dire, avec précision, les insondables qualités qui sont les siennes », ainsi que la raison sensible — dont il s’agit ici de refaire l’éloge — en a exprimé éloquemment  le ressenti en termes maffesoliens.

C’est une aperception tout en gestuelle éruptive aussi bien dans les mouvements que dans les sons, bien plus vocalisée qu’elle n’est gestualité, et qui est le tempo de rapports humains arabes symphoniques, soumis à une continue houle émotionnelle.

Sociologie radicale, relativiste, douce comme on dit d’une médecine, caressante même, partant du principe que les grandes catégories sociologiques ne sont ni d’une autre nature ni d’une plus grande précision que celles du sens commun lorsqu’il est culture de sentiments, notre recherche suggère de clore la parenthèse du finalisme sociologique en matière d’études sur les sexualités au Maghreb et dans le monde arabe.


Enchâssée dans une pensée magnétique, mettant au jour ce qui fait centralité dans les cryptes psychosociologiques de mœurs sensuelles, cette sociologie effervescente renvoie à la sociologie de la bacchanale d’un certain islam populaire soufi où l'effervescence dionysiaque enracine un sentiment pluraliste et frondeur de valeurs et de passions. Celles-ci sont cause et effet d’une fusion sensuelle pouvant être sexuelle, sous-textuelle plutôt que contextuelle et encore moins textuelle, en l’absence de contrariété visuelle inquisitoriale, dans l’esprit d’un temps festif, ludique et hédoniste, orgiaque même au sens étymologique.

Dans les veines du sujet arabe sexué dont rend compte la pensée passionnée, c’est d’un acteur qu’il s’agit; loin d’avoir du sperme ou une ovulation, c’est une semence qui est en lui, « une sève délayée de raison, conçue comme unique activité de penser » comme seule la raison sensible peut y accéder.

En notre postmoderne tribalité, particulièrement en son expression basique qu’est la Tunisie, l’être sensuel, homosexuel et érosensuel est saisi dans sa manifestation organique, en un temps culturel de reproduction sociale dans un espace conditionné politiquement et idéologiquement, par une approche de décroisement articulée sur une poésie de l’espace arabe musulman. Et cette poésie du quotidien se révèle être une corporéité désacralisée par un sacré virtuel, à la fois transcendant et immanent, cult(e)ure d’un nouveau type de vie stylée, nouvel i-magi(e)naire en gestation.

Ainsi en est faite la lecture profonde et radicale, mythanalyse d’une anomie sociale, une relecture mythocritique de l’imaginaire maghrébin aux racines solidaires, mais fragmentées en leur socialité tribale, ultime manifestation janusienne d’un vouloir-vivre sous l’apparence du devoir-être. Autrement dit, une approche transdisciplinaire relevant de la docte ignorance chère à Nicolas de Cuse, aussi multidimensionnelle qu’est l’Arabe demeurant cet inconnu.