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mardi 30 décembre 2014

Rêve-olution continue 7

Une Nouvelle Tunisie





La Tunisie a un nouveau président en la personne du premier Premier ministre post-dictature, M. Caïd Essebsi qui sut tirer son épingle du jeu lors d’une période de remous, amenant la Tunisie aux premières élections libres de son histoire.

 Aujourd'hui à la tête de l'État, c'est d'un nouveau défi qu'il aura la mission de s'acquitter, celui de remettre la Tunisie sur le chemin de l'innovation politique, de l'assainissement économique et de la renaissance culturelle.

Une ambition pour la Tunisie

C'est peu dire que la Tunisie peut et doit avoir une ambition qu'incarne le navigateur au long cours qu'est ce grand commis de l'État tunisien. Loin d'avoir été un handicap, son âge que d'aucuns raillaient lui a servi d'atout durant la compétition électorale, prouvant la sagesse populaire qui sait, comme le dit le proverbe, que c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes.

On doit donc s'attendre avec le nouveau président à une nouvelle pratique politique, loin du conformisme auquel on a été habitué, phagocytant le moindre élan novateur en un pays anesthésié. Or, c'est son originalité qui fait la Tunisie et le Tunisien, toujours rétif aux catégorisations réductrices.

L'expérience de M. Caïd Essebsi alliée à son ouverture d'esprit et à une sagesse politique que l'âge ne fait que confirmer doivent lui faire incarner cette ambition pour la Tunisie, inespérée il y a peu encore.  

Une Tunisie ambitieuse

On parle de défis pour la Tunisie et on se limite à se focaliser sur la face apparente de l'iceberg. Certes, la crise économique est là, l'État tunisien étant au bord de la banqueroute, et elle est mondiale. Certes, la menace terroriste est de plus en plus grave, progressant dans les têtes de certains Tunisiens dont la psychologie profonde reste pourtant marquée par une propension à la vie paisible, y compris hédoniste, ainsi contrariée.

C'est que la confiance du peuple dans ses élites est réduite à presque rien, de larges couches de la population étant désormais promptes à se reconnaître dans un discours manichéen, dogmatique et trompeur tellement la langue de bois marque la scène politique.

Cela nécessite sa transfiguration, faisant passer l'action politique du folklore politicien devenu une seconde nature pour nombre de nos acteurs publics à une action éthique, une « poléthique ».

La nouvelle équipe à la tête de Tunisie doit être ambitieuse, allant si nécessaire au-delà de l'utopie; ainsi aura-t-elle des chances de réussir, car de cette façon seule elle retrouvera la confiance des Tunisiens.    

2015, une année tunisienne

Le vrai développement étant d'abord mental et culturel avant d'être économique et matériel, ce n'est pas en recyclant les vieilles recettes d’une politique antédiluvienne que la Tunisie réussira son entrée dans le cénacle des pays démocratiquement développés; car.

Le président de la République et son chef de gouvernement ont donc intérêt à user en premier du levier juridique en décidant sans plus tarder un moratoire à l'application des lois liberticides de l'ancienne dictature et la suspension immédiate des plus scélérates.

Et afin de marquer le cap, ils ont intérêt à prendre quelques décisions symboliques parlant à l'imaginaire populaire tout en fixant les priorités du nouvel impératif catégorique politique. Elles sont multiples, le chantier de rénovation en Tunisie étant quasiment celui de structures anthropologiques; citons-en ce qui serait le plus porteur sociologiquement eu égard à la crise généralisée des valeurs:

  • ·    Amarrer le pays aux normes humanitaires en décidant que le principe de sacralité de la vie consacré par la Constitution emporte l'abolition de la peine de mort. Ce sera une première dans un pays arabe musulman, rétablissant la vraie conception de l'islam sur la question, qui est abolitionniste.
  • ·  Libérer le Tunisien du carcan de la vision dépassée du monde séparé par des frontières jamais hermétiques et qui cultive la haine et une fallacieuse guerre des cultures, et ce en faisant de la levée du visa un axe de la diplomatie tunisienne. Elle aura ainsi à militer pour un espace de démocratie méditerranéenne où le mouvement libre sous visa biométrique de circulation sera garanti aux ressortissants des nouvelles démocraties avérées du Sud comme la Tunisie.
  • ·  Indiquer le futur en ce lac qu'est notre mer commune, la Méditerranée, qui doit être de paix. Aussi, la dépendance structurelle de la Tunisie à l’égard de l'Europe doit le devenir d'une manière officielle et non plus inique par le dépôt un candidature à l'Union européenne dans le cadre d'une aire de civilisation liant le sort de l'Europe à celui du Maghreb. Car c'est le cas déjà sur les plans économique, humain, mais aussi géographique avec les présides de Ceuta et Melilla au Maroc. On se doit de faire aboutir la révolution culturelle initiée à ce propos par le roi Hassan II, démontrant que le Maghreb et l'Europe sont d'abord méditerranéens, que leurs sorts sont intimement liés, et ce pour le meilleur auquel on appelle, sinon pour le pire qui serait dans la persistance de l’ordre actuel des choses.
  • ·  Comme le sort de la Méditerranée est intimement lié au conflit palestinien, que ce dernier est indissociable des rapports des Arabes avec Israël, il importe de s’attaquer au mal à la racine. Le conflit n’est rendu insoluble que par deux dogmatismes qui se neutralisent : le refus arabe de la normalisation et le refus israélien du retour à la légalité internationale du partage. Ce dernier reste inévitable, sauf un choix encore meilleur de l’État binational dans un cadre fédéral ou confédéral. Aujourd’hui, la normalisation avec Israël est inévitable; il suffit pour la hâter que la sagesse l’emporte et qu’un État arabe montre la voie en ayant la voix du juste.


De la sorte, la Tunisie qui a été distinguée comme pays de l'année qui s'achève sera aussi celui de l'année qui s'annonce. Et pourquoi pas du siècle, en osant être lyrique en cette période de fêtes ?

Car de telles initiatives assureront la bascule en cours d'un paradigme fini vers l’épistémè en gestation, celle d’un Monde Nouveau plus humain et d’une politique humaniste, l’humanité étant placée au coeur du monde, cette Mondianité.   
 
 Publié sur Al Huffington Post