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samedi 6 février 2016

Intégrisme, intégrismes 6

L'affaire Chokri Belaid 

ou 

l'honneur de la magistrature







Au-delà de tout ce qui a été dit et non dit sur l'affaire de Chokri Belaid, on a célébré, ce samedi 6 février, l'anniversaire de l'assassinat sans espoir d'avoir enfin le fin mot sur ce crime crapuleux.

Car c'est bien d'un crime crapuleux qu'il s'agit. Or, comment pourrait-on bâtir un vivre-ensemble démocratique sur un crime crapuleux, politique qui plus est ?

Absence de volonté de dire la vérité

Que n'a-t-on entendu et laissé entendre ! On accuse, on s'accuse et on ne fait qu'enfumer les esprits; car cela ne fera nullement avancer la cause de la justice.   Pour être rendue, celle-ci se doit d'être sereine et indépendante; or, elle n'est ni l'une ni l'autre.

Il y a trop d'intérêt en cause pour que la vérité se fasse aujourd'hui; toutefois, il y eut crime et on ne peut rien construire d'éthique ni surtout de durable sur un tel fondement.

Il faut impérativement se résoudre à faire le choix douloureux : sacrifier à la nécessité de la vérité et de la justice, tout auteur et complice d'un crime devant être châtié, ou sacrifier ce qui fait l'essence d'un État se voulant de droit : la confiance en sa justice.

C'est donc la justice et son acception de son honneur qui est le plus en cause aujourd'hui, bien plus que des politiciens qui empêchent la justice d'être indépendante.

Car une justice, même non encore indépendante, mais tenant à l'être et le voulant, doit mériter son indépendance en le démontrant dans des cas aussi délicats que cette affaire où la loi du silence joue à fond, la volonté politique de dire la vérité étant absente.

Obligation des juges de chercher la vérité

La magistrature, toutes tendances confondues, revendiquant à cor et à cri son indépendance est par conséquent tenue, pour être  crédible dans sa juste revendication, de faire montre dans cette affaire d'un esprit irréprochable de rendre justice, envers et contre tous.

Personne d'autre que les juges, assis comme debout, ne saurait dire la vérité sur les auteurs et complices de l'assassinat de Chokri Belaid. Ils sont dans l'obligation d'assumer leurs responsabilités pour sauvegarder leur honneur; sinon, ils le perdront à jamais avec cette revendication à l'indépendance qu'ils n'auront pas su honorer en ne démontrant pas la mériter, étant au service des intérêts politiques.

Que la magistrature se montre indépendante de tout esprit partisan dans cette affaire, cherchant honnêtement et disant sans détour ce qu'elle en sait, et elle aura gagné son indépendance effective de tout pouvoir surplombant voulant la contrôler!

Il est vrai, personne en Tunisie ne veut ni ne peut aujourd'hui revenir en arrière pour créer un nouveau départ; or, dire la vérité, toute la vérité sur le crapuleux assassinat de Chokri Belaid est une condition sine qua non pour un tel nouveau départ.

Tout le monde en cette affaire, cependant, grâce à une magistrature qui prouvera n'être inféodée à aucun parti, juste au service de la vérité et de la justice, peut commencer aujourd'hui à créer une nouvelle fin au drame minant les assises du nouvel État voulu démocratique.

À mesdames et Messieurs les juges de démontrer donc leur indépendance pour aider à un nouveau commencement politique en répondant enfin à la question dont la réponse consolidera les fondations de la Tunisie Nouvelle République : qui a tué Chokri Belaid ?

Publié sur Al Huffington Post