2017 : année d’abolition de l’homophobie en islam ! Que les militants maghrébins proposent ce projet de loi : en Tunisie (en arabe, en français) et/ou au Maroc (en arabe, en français) !

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ISLAM POSTMODERNE








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mercredi 4 février 2015

Postmoderne Renaissance 1

Mettre à l’épreuve la supposée évolution d’Ennahdha





En visite officielle en Algérie, M. Caïd Essebsi a tenu à rassurer les fidèles militants de sa majorité en revenant sur le partenariat historique engagé avec le parti islamiste.

Il a ainsi assuré que le parti Ennahdha a évolué, s'étant éloigné  de sa ligne rigoriste intégriste, notant  que désormais, ce parti assure être tunisien et ne relever que de l'islam tunisien.

Or, un tel discours n'est pas nouveau chez Ennahdha; il a même rythmé son action politique à partir du moment où il est sorti de la clandestinité. C'est assurément le mérite de l'implication de ce parti dans la vie publique, et surtout au pouvoir

Ainsi, le passage aux commandes a amené Ennahdha à mettre pas mal d'eau dans son… vin en abandonnant une partie de son dogmatisme sur certaines questions. Toutefois, cela fut toujours sous la contrainte; et c'est ce qu'il faut continuer de faire; car l'histoire nous apprend que seuls la contrainte et le raisonnement juste ont raison de tout essentialisme.

Il ne faut donc pas, au prétexte d'aider à cette évolution, suivre le rythme d'Ennahdha; c'est à elle de suivre la cadence de la réforme impérative de l'islam qui doit être en plus soutenue. Il faut mettre à l’épreuve la supposée évolution d’Ennahdha !

Comme en cyclisme, le champion doit rouler à son propre rythme et à celui qui  ne veut pas perdre la course de savoir se mettre dans sa roue et même de faire l'effort  de rouler, sinon il est irrémédiablement largué.

Or, Ennahdha a aujourd'hui la chance d'être dans le peloton de tête et il n'est pas le seul à faire l'effort nécessaire de rouler; il bénéficie de l’effort des autres, et s’il rechigne à y participer, il a toujours pour lui le bénéfice de l'effet d'aspiration en réussissant à coller au peloton.

Toutefois, il faut que le peloton ne se mette pas à rouler la cadence des retardataires, mais à la sienne propre, celle qui mène à la victoire. Cela veut dire que les réformes portées par le parti du président doivent être au plus vite mise en application au risque de heurter son nouvel allié qui doit s'y adapter. Il y va de son intérêt sur le long terme, celui-là même qui est à l’origine de son entrée dans le gouvernement.

Par conséquent, sur le plan interne, on doit incontinent mettre en application la promesse électorale de dépénalisation des drogues douces en y ajoutant l'abrogation des lois scélérates criminalisant l'homophobie et l'apostasie. On testera alors sur des sujets sensibles la réelle volonté du parti islamiste, surtout qu’il a été déjà démontré qu’il n'est aucune interdiction en islam en la matière contrairement à ce que l’on croit (cf., sur les questions de l’apostasie et l’homosexualité, mes deux essais en arabe et en français parus chez Afrique à Casablanca et disponibles en Tunisie et sur Amazon et présentés ici).

En bonus, au nom d'une saine pratique du commerce, on doit également s’empresser de lever une pratique illégale consistant à ne pas vendre d'alcool le vendredi. En effet, outre la loi, elle viole doublement notre religion en contrecarrant le libre commerce et en faisant du vendredi l’équivalent d'un sabbat juif.

De plus, elle permettra de rectifier l'erreur consistant à croire que l'islam interdit l'alcool, alors qu'il n'emporte tout au plus que l'interdiction de l'ivresse comme démontré dans cet article : L'islam n'interdit pasl'alcool, plutôt l'ivresse !  

Publié sur Al Huffington Post