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mercredi 14 mai 2014

Transfiguration du politique 7

Pour un moratoire à l'application des lois de la dictature et leur réforme urgente




Dans son bilan des cent jours de son gouvernement, M. Joma a reconnu que la loi sur les stupéfiants n'était plus en harmonie avec l'évolution de la société et que son gouvernement était en train de la revoir.
C'est bien beau, mais c'est insuffisant; car il aura fallu un énième scandale pour que l'on reconnaisse enfin la nécessité de revoir cette loi scélérate.  En faudrait-il d'autres afin que les autres lois liberticides héritées de l'ancien régime soient enfin remises en cause?
Nécessaire réforme juridique d'urgence
Aujourd'hui, désormais, il n'est que trop évident que  le gouvernement, s'il est véritablement de compétences ainsi qu'il se présente, doive anticiper au plus une réforme nécessaire et urgente de l'arsenal juridique hérité de la dictature.
Celui-ci  est encore en vigueur, mais il ne peut plus régir la vie de la société tunisienne sauf à courir de gros risques, car les problèmes s'entassent et l'on ne tardera pas à devoir agir dans la précipitation et sous le poids des événements qui seront assurément de plus en plus contraignants.
Et c'est d'autant plus impératif qu'il ne s'agira que de mettre en œuvre les acquis de la constitution en matière de droits et de libertés arrachés de haute lutte par la société civile.
Afin d'éclairer la lanterne du gouvernement, indiquons-lui, ci-après, quelques-uns des textes normatifs nécessitant qu'il prenne les devants en commençant par décider un moratoire à leur application avant d'engager leur réforme en profondeur. En effet, celle-ci est inévitable et autant la faire en devançant les exigences sociales que de devoir s'y plier dans les moins bonnes conditions.
Compendium de réformes d'urgence   
Nous nous limiterons ici à celles des lois en matière des mœurs qui ont le plus de prise sur les mentalités et dont la réforme est de nature à faire subir aux consciences endormies sur des conditionnements surannés l'éveil nécessaire salutaire au diapason de l'évolution de notre société.
Outre la législation sur les stupéfiants enfin à l'ordre du jour, il est des textes qui ne peuvent plus être ignorés, devant rapidement faire l'objet d'une radicale et rapide remise en cause avec la suspension immédiate de leur application. C'est ainsi d'ailleurs que l'on respectera l'esprit de la nouvelle constitution tout en s'appliquant à mettre en application ses dispositions encore lettre morte.
Celles évoquées ici sont parmi les plus symboliques et dont la réforme agira assurément en profondeur sur les ressorts intimes de l'inconscient collectif, ayant même l'effet d'électrochoc pour certains et qui peut s'avérer inévitable afin de les faire évoluer vers le nécessaire vivre-ensemble  démocratique.

            1/ Expurger le droit positif de toute limitation directe ou indirecte liée à la foi, comme l'exigence de conversion à l'islam pour le mariage des Tunisiennes ou l'exclusion  de l'héritage pour cause d'apostasie. En effet, il faut admettre enfin que la religion, supposée inspirer pareilles pratiques d'exclusion, n'y est pour rien, car l'islam n'interdit nullement l'apostasie. Et cela a été suffisamment démontré, textes religieux à l'appui, par nombre de savants de l'islam dignes de foi.
            2/ Abolir les textes législatifs réprimant les rapports homosexuels qui sont aussi supposés à tort s'inspirer de l'islam alors qu'il n'en est rien, notre religion correctement interprétée et appliquée n'interdisant nullement l'homosexualité. À ce sujet aussi, les preuves sont désormais suffisantes et éloquentes sur le total libéralisme en la matière de notre foi qui était bien en avance sur son temps en admettant l'homosexualité comme une forme normale du sexe.
            3/ Reconnaître le droit à la vie privée et la liberté totale des mœurs par l'annulation de toutes les dispositions attentatoires à la sacralité de la vie privée au nom d'une morale mal comprise. Car si les bonnes mœurs doivent être protégées, c'est dans le cadre de l'enceinte publique, relativement aux actes et paroles se faisant sou le regard et en présence d'autrui afin de protéger sa liberté. En aucune façon — et notre religion est claire à ce sujet — on n'est fondé de défendre la morale en  violant l'intimité des gens puisque notre religion a érigé la vie privée en enceinte sacrée inviolable.
            4/ Oser reconnaître la nécessité d'interpréter la loi religieuse qui inspire notre droit positif selon ses visées en instaurant enfin une égalité parfaite entre les sexes, y compris en termes de parts successorales. En effet, l'islam a instauré une dynamique de promotion de la femme qui est appelée à une telle issue; aussi, c'est violenter l'esprit de la religion et ses visées que de la limiter aux seuls acquis arrachés en faveur des femmes à la tradition machiste de la société arabe. Car, aujourd'hui, respecter l'esprit de cette religion et ses visées c'est être pour l'égalité parfaite entre l'homme et la femme. C'est d'ailleurs pour cela que l'islam insiste sur l'obligation d'user de la raison et magnifie son rôle, ce qui en a fait une religion rationaliste, à vocation universaliste.

Ce sont là quelques mesures d'urgence que le gouvernement serait bien inspiré de prendre au plus vite dans le cadre d'une réforme plus globale dont il se doit de ne plus tarder d'ouvrir le chantier au nom du respect de notre constitution. Et qu'il ait bien à l'esprit que pareilles mesures relèvent des matières essentielles de la loi fondamentale et doivent donc passer avant toute autre disposition constitutionnelle nécessitant un respect purement formel, car elles ne sont pas de simple et pure forme comme la date d'organisation d'élections, mais elles portent sur l'essence même de la constitution.

Tribune publiée sur Al Huffington Post