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mardi 18 novembre 2014

Repenser le monde 9

L'imaginaire de la révolution et de la contre-révolution tunisiennes



À la veille de l'élection présidentielle, la Tunisie profonde, celle qui compte est dans une situation d'attente : le peuple attend quelqu'un, un événement qui rassure sur l'avenir tout en assurant que le passé et bien mort.

Or, une constante anthropologique que confirme la culture arabe musulmane assume à la figure d'un papy ce rôle de thérapie collective. L'autorité des anciens ou Salaf islamique n'en n'est qu'une représentation aux couleurs religieuses. 

Et cette figure emblématique actuelle de la Tunisie est celle de M. Caïd Essebsi incarnant paradoxalement le mythe de la révolution, son imaginaire, et non plus la contre-révolution comme cela pouvait sembler à première vue.

Poursuivant ici notre analyse précédente où nous avons spécifié la permanence du mythe dans nos sociétés (cf. Caïd Essebsi président ou le fatal signe du destin), nous continuons à expliquer l'actuel et le quotidien tunisien selon l'école sociologique de l'imaginaire.

Vraies et fausses figures du passé

En Tunisie, il y avait comme une centralité souterraine qui a entraîné le geyser du Coup du peuple, qui est désormais un fleuve constitué, non plus ce cours d'eau souterrain irriguant l'inconscient tunisien, mais un fleuve majestueux qui n'est autre que son imaginaire en train de prendre forme au concret, s'épiphaniser.

Et dans la Tunisie effervescente, ce sont moins les figures du passé qui le représentent, car parlant d'avenir, que celles se référent au passé et à son retour, n'ayant nulle vision d'avenir

Ce sont des figures comme MM Marzouki, Ben Jaafar, Chebbi et compagnie qui n'ont en bouche que le passé et leur militantisme d'antique mémoire qui seraient les véritables contre-révolutionnaires, agissant en contrant le cours de l'histoire au nom d'une opposition stérile et inutile contre un retour exclu de l'ordre ancien. 

Celui-ci est mort et enterré; il n'est qu'un fantôme pour ces contre-révolutionnaires de la postmodernité qui ne sont eux-mêmes que des revenants d'une époque définitivement révolue. Sur cette terre où le carrosse de l'histoire est désormais engagé sur le rude  sentier de la Postmodernité, ils ne sont que les grains de poussière soulevé sur son passage.

Les gagnants des législatives et de la future présidentielle savent que les figures du passé doivent évoluer pour rester dans le champ de l'histoire. C'est ce qu'a compris le chef du parti islamiste et le héraut du camp opposé désormais liés pour le meilleur et pour le pire.

Le pire serait de se limiter de parler de modernisation de la vie politique, car la Modernité est ce paradigme saturé dont il nous faut nous débarrasser. Le meilleur consistera à engager sans plus tarder les réformes courageuses sur le plan interne et externe sans s'embarrasser de dogmatisme, religieux comme profane, en privilégiant la portée symbolique, l'effet sur l'imaginaire.

La figure mythique de papy

Aujourd'hui, la révolution est représentée par les figures du passé qui ont su faire l'effort d'évoluer pour accompagner le changement qui a gagné la Tunisie comme le monde. Par contre, ce sont ceux qui se réclamaient d'un militantisme vrai ou exagéré contre l'ordre ancien et qui continuent de s'en réclamer qui représentent véritablement la contre-révolution.

La révolution en Tunisie a été d'abord un changement de mentalité, le Tunisien ayant pris conscience de son être et celui-ci est d'abord une volonté de vivre voluptueusement sa vie en toute liberté. Car la tunisianité est un hédonisme et une volonté humaniste. Ces traits fondamentaux n'ont jamais disparu de l'inconcsient collectif tunisien, mais cela se vivait en douce, à régime  bas; c'était cette latence dont parle l'école de l'imaginaire qui a fini par effleurer à la surface. 

La période de latence du mythe est marquée par une distance au réel accompagnée par une grandeur relative donnée aux choses et un refoulement des tentations, un refus de ce qu'on cherche par ce qu'on donne et qui n'en est que le travestissement. 

Ce dernier consiste aujourd'hui à faire d'une figure du temps ancien celle qui consolide le temps nouveau; et elle réfère à un concept bien connu de la mythocrtitique qui est celui de la force problématique, la capacité d'une figure à inciter, à diriger une évolution jugée inévitable. 

Cela relève de la pure visée imaginaire, mais la démarche heuristique, la connaissance suit bien un plan et une visée relevant de l'imaginaire. Bachelard y a rendu sensible en précisant qu'on n'invente pas n'importe comment puisqu'on est toujours préparé par une rêverie inventive, un penchant imaginaire. N'a-t-on pas démontré que ce sont des forces problématiques qui ont amené Einstein et Niels Bohr à leurs théories ?       

Ce qu'on appelle mythanalyse permet de comprendre les ressorts d'une telle psychologie des profondeurs et d'entrevoir — sinon de voir — que le 29 novembre, BCE fêtant à Carthage son 88e anniversaire relancerait la révolution par des mesures au symbolisme marquant, puisant dans l'imaginaire.   

Ces mesures parlant à l'imaginaire

J'ai déjà longuement parlé de telles mesures; j'y reviens en rappelant celles absolument nécessaire pour que la marche vers cet horizon  de vérité soit soutenue et immédiatement profitable.

Au lendemain de son investiture, M. Caïd Essebsi déclarera la future abrogation des lois scélérates de l'ancien régime, notamment celles attentant aux libertés individuelles : mesures d'exclusion pour motifs d'orientation sexuelle (lois homophobes, ), de condition féminine (inégalités successorales) ou de pure répression (loi sur les stupéfiants, etc.); un moratoire immédiat à leur application sera édicté. 

Il annoncera aussi l'intention de la Tunisie de déposer sa candidature pour adhérer à l'Union européenne outre une demande immédiate de création d'un espace de libre mouvement en Méditerranée sous régime de visa biométrique de circulation. 

Il signifiera également l'intention de la Tunisie de s'engager sérieusement dans le règlement du problème palestinien, agissant pour un retour à la légalité internationale de 1947. Pour y arriver efficacement, l'établissement de relations diplomatiques avec Isarël sera décidé afin de sortir le Proche-Orient de l'impasse actuelle. 


Et il fera état de la détermination de la Tunisie d'agir en vue de promouvoir dans le monde un islam authentique, l'islam tunisien, tolérant, démocratique et oecuménique.   

Publié sur Al Huffington Post