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mardi 8 octobre 2013

De rétromodernité à postmodernité 1

Sincère lettre critique, mais amicale et militante, à Moncef Marzouki




Je m'en excuse à l'avance; mais en politique, il n'est nulle place à l'ego, au sentimentalisme; et comme c'est au militant avéré et mondialement connu que je m'adresse avant tout, alors foin de solennités ! 
De plus, j'ose parler (peut-être pour la dernière fois) à un homme si respecté, admiré pour son combat d'antan, sachant se montrer attaché aux nobles valeurs qui nous réunissent, au-delà de toutes nos différences, et je lui ouvre mon coeur; or, c'est bien connu, celui-ci a sa propre raison que la raison ne peut avoir.
C'est de choses graves que je veux parler ici; allons donc à l'essentiel en rappelant (ce qui n'est pas le cas au CPr actuel où l'on verse allègrement dans le culte de la personnalité) qu'en politique, la critique est cet art qui ne saurait jamais relever du blasphème, fondant même la démocratie qui ne se peut exister sans le droit inaliénable à l'impertinence.
Monsieur Marzouki, on vous dit accepter l'esprit critique, mais vous administrez assez souvent la preuve du contraire.
Vous assurez être ouvert à tous, prêt à recevoir toute demande d'audience émanant du plus humble citoyen; pourtant, vous n'avez pas répondu à la mienne, bien qu'ancienne et renouvelée.
Vous dites défendre les valeurs des droits de l'Homme, votre raison de vivre; or, elles sont au plus mal en Tunisie.
Vous avez créé un parti censé agir pour une nouvelle République, et il est en train de bétonner une nouvelle dictature en appuyant aveuglément une pratique du pouvoir aussi autoritaire que celle de la dictature déchue, s'étant coulée dans le moule de ses lois liberticides, en usant et en abusant.
Vous avez rêvé réaliser la nécessaire symbiose intelligente entre un islam tolérant et ouvert sur l'altérité, une religion révolutionnaire qui soit ainsi démocratique et de son temps; le constat du respect des réquisits démocratiques et des valeurs inaliénables des droits de l'Homme est bien sombre sous votre présidence.
Pourtant, vous aviez tout pour réussir : une intuition politique juste et un passé avéré de militant. Et c'est pour cette raison qu'après moult hésitations, j'ai osé sauter le pas en adhérant au CPR au vu de ses valeurs originelles et originales, en cette année 2013.
Que s'est-il passé donc pour que ce beau rêve soit ainsi terni et que le parti qui était en mesure de fonder une vraie nouvelle République en Tunisie soit réduit à jouer le supplétif d'un parti dogmatique appuyant à fond sa stratégie d'abus du pouvoir à ses fins partisanes alors que même la minorité éclairée de ce même parti se montre encore plus critique que vous sur les choix erronés et pernicieux de sa majorité, menaçant même de quitter le parti.
Oui, vous avez fait le pari d'une alliance à haut risque, caressant l'espoir de faire évoluer le grand partenaire islamiste à vos vues; mais vous vous êtes trouvé incarnant la parabole de l'arroseur arrosé.
Oui, vous vous plaignez in petto  — rapporte-t-on — de n'avoir pas assez de troupes pour incarner vos vues les plus révolutionnaires; mais c'est faute d'avoir su garder les militants sincères, laissant l'aile la plus inféodée à Nahdha dominer le parti et le vider de ses valeurs d'origine. Puis, de nos jours surtout, la qualité ne vaut-elle pas la quantité, et l’unité n’est-elle pas facilement millier et billion? 
Oui, vous n'avez plus l'arme efficace au diapason de votre ambition, étant réduit à un  général sans armée; c'est ce qui m'a autorisé à vous comparer au quatrième calife bien guidé de l'islam, éminent personnage de son histoire qui aurait pu lui éviter les errements des Omeyyades s'il avait su faire prévaloir ses revendications légitimistes, ses vues salutaires du pouvoir.
Aujourd'hui, vous êtes bien au palais de Carthage; mais les valeurs qui vous ont inspiré — et j'imagine vous inspirent encore — n'y ont nulle présence. En Tunisie, c'est le retour en marche forcée vers une nouvelle dictature; est-ce la République dont vous avez rêvé? Votre parti n'agit-il pas activement (sans le savoir ou sans le vouloir peut-être) pour une nouvelle dictature? N'est-il pas devenu à son corps défendant un CPr, tellement il dévie de son inspiration d'origine,  dérivant vers la reconduction de l'esprit même de l'ancien régime sous des couleurs nahdhaouies? N'est-il pas temps que le militant que nous avons admiré, dont la réputation est mondiale et la pensée est saluée partout dans le monde insuffle de nouveau la vie dans son parti qui semble être sur le point de venir colmater les brèches que créera l'éclatement inévitable du parti Nahdha actuel?
Au CPR, le parti d'origine, il est toujours une sorte de canal historique, une base attachée aux valeurs initiales qui ont été dans l'intuition fondatrice de son créateur, le militant Marzouki! Ce CPR-là rêve toujours de la refondation de la République en Tunisie. Il cherche toujours à y instaurer une véritable démocratie respectueuse de tous et de toutes, dans une célébration sans restrictions des valeurs de la démocratie et des droits de l'Homme. Et la base est prête à reprendre le combat pour faire triompher cet esprit de conquête démocratique.
Pour cela, il suffit au fondateur du CPR de rappeler l'enracinement dynamique du vrai CPR, un Congrès où c'est le Peuple réel qui est seul détenteur du pouvoir et de la légitimité, dans une nouvelle République basée sur une démocratie directe, sociale et solidaire.
Il vous appartient, M. le militant des droits de l'Homme de faire en sorte que le CPr actuel (ce congrès taillé pour une république aux normes déchues) redevienne le CPR historique tel que vous l'avez voulu, un Congrès véritable du Peuple seul souverain pour une République nouvelle, pluraliste réellement et populaire.
C'est d'un devoir que je m'acquitte; à la fois de militant politique que d'un citoyen à sa patrie attaché. 
C'est aussi d'un devoir d'amitié et d'admiration envers votre combat passé que le présent confus ne cesse d'altérer.
Et je le sais parfaitement; cela ne plaira pas à beaucoup de monde dans votre parti actuel où l'on pratique volontiers la langue de bois, ayant oublié l'impératif majeur pour tout acteur honnête en politique consistant à être un juste; de cette justesse — bien plus que justice — de voix et de voie. Or, je ne fais qu'essayer de l'être.
Avec enfin mes sincères excuses à  Monsieur le Président de la République si mes paroles militantes ont malgré tout l'heur de lui déplaire, bien que partant du fond du coeur pour normalement aller droit au coeur. Du moins, c'est ce qui devrait passer quand les intentions sont sincères. Les miennes le sont, comme elles l'ont toujours été.
Et que vive notre chère patrie, en une démocratie directe, une Nouvelle République telle que rêvée jadis par le Congrès du Peuple pour la République (CPR) !