2017 : année d’abolition de l’homophobie en islam ! Que les militants maghrébins proposent ce projet de loi : en Tunisie (en arabe, en français) et/ou au Maroc (en arabe, en français) !

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jeudi 16 avril 2015

Une transfiguration poléthique 1

Qu'attendre pour tenir la promesse présidentielle de dépénalisation du cannabis ?




On ne le sait que trop : les politiciens qui pratiquent la politique à l'antique, celle qui simule et dissimule, ne tiennent jamais parole. Aussi leurs promesses électorales ne sont que du vent, juste bonnes pour ceux qui y croient.

Nous avons une parfaite illustration d'une telle pratique politicienne chez le chef de file des islamistes qui pratique à merveille la langue de bois, parlant de démocratie et d'humanisme comme on débite des sornettes, juste pour endormir son auditoire et tromper les humanistes.

M. Le président s'adonnerait-il pareillement à ce jeu de mauvais saltimbanque? Oublie-t-il ce qu'il a promis ? Méprise-t-il le vote des nombreux jeunes qui s'est porté sur lui à cause de sa promesse de dépénaliser les drogues douces ?

Une loi injuste à abolir

Car la loi actuelle en matière de stupéfiants est injuste. On l'a assez démontré. Elle ne fait que ruiner la vie de jeunes innocents dont le seul tort est de fumer, parfois sans lendemain, un joint et de se retrouver ainsi en prison. Or, on sait que nos prisons sont devenues une fabrique de délinquants. Pourquoi une telle injustice quand on prétend incarner une Tunisie des valeurs, respectueuses des libertés et des droits de l'Homme ?

Monsieur Essebsi sait pourtant que notre loi sur les stupéfiants est unanimement dénoncée par les militants humanistes, n'ayant aucune utilité pour lutter contre le fléau que représente le commerce de la drogue. 

Un tel fléau est le fait de contrebandiers que la loi ne touche pas, se limitant à réprimer sévèrement les consommateurs. 

Or, il est prouvé maintenant que la consommation des drogues douces, le cannabis en l'occurrence, est bien moins nocive pour la santé que d'autres produits licites comme les cigarettes. De plus, c'est moins la consommation qui pose problème que le commerce et les réseaux maffieux qui s'y adonnent. 

C'est donc en dépénalisant la consommation et en se limitant à lutter contre de tels réseaux qu'on luttera efficacement contre la toxicomanie. De plus, on donnera le top départ pour réformer l'arsenal juridique de la dictature qu'on a trop tardé à réformer. Qu'attend un président se réclamant de la démocratie et des droits de l'Homme?

Un arsenal juridique de la dictature à réformer 

La réforme juridique est urgente, car on ne saurait réformer la société, la toiletter de ses travers sans avoir au préalable réformé un arsenal juridique répressif. 

C'est comme si on voulait bâtir sur des fondations viciées à la base; rien ne tiendra. Or, nos lois sont injustes et favorisent les excès en tout genre.

Outre la dépénalisation de la drogue, il urge d'abolir l'homophobie, par exemple, et toutes les lois attentatoires à la vie privée et à la totale liberté des moeurs. Celles supposées inspirées par l'islam ne doivent pas être oubliées, car elles reposent sur une fausse interprétation des préceptes de notre foi qui est parfaitement humaniste et totalement égalitaire. 

Ainsi, pour l'inégalité successorale actuelle, elle viole l'esprit de l'islam qui est venu honorer la femme, l'élever au même niveau que l'homme. Il s'agissait d'un processus qui doit être achevé, Dieu ayant donné l'exemple aux hommes. Aussi, il est inévitable qu'en Tunisie, comme pour l'interdiction de la polygamie, on décrète enfin l'égalité successorale entre les sexes.

Poursuivre l'oeuvre de Bourguiba, dites-vous ?

Est-ce que M. Caïd Essebsi y est prêt? Ne cède-t-il pas trop à son partenaire islamiste du gouvernement qui ne cesse de louvoyer ? Ce faisant, il court le risque de paraître faire la politique comme M. Ghannouchi, une pratique sans aucune éthique et confirmer ce qu'on dit d'eux, à savoir qu'ils ne sont que des alter-ego de la jonglerie politique.

Et qu'on ne nous répond pas que ces questions ne sont pas urgentes, car elles le sont, étant les freins qui bloquent notre inconscient et font notre imaginaire rétif à la moindre évolution démocratique qui suppose l'acceptation d'autrui et la parfaite égalité entre tous les citoyens.

Nous attendons votre réaction, M. le président ! Nous attendons surtout que vous osiez transfigurer le politique en Tunisie ! Il serait bien temps ! 

En cela, vous ne ferez assurément que poursuivre l'oeuvre de Bourguiba dont vous prétendez vous réclamer. N'est-ce pas pour cela qu'on vous a élu ?

Publié sur Al Huffington Post