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dimanche 21 septembre 2014

De la patrie à la matrie 4

Tartarins de Carthage



Tartarin ici n'a rien à voir avec le terme qui a valu à celui qui en usa comme insulte d'avoir eu maille à partir avec la justice; il ne désigne même pas cette espèce de singe vivant en Asie; il fait juste référence au célèbre personnage d'Alphonse Daudet qui d'ailleurs l'appela au début Barbarin.

Personnage comique inspiré de la réalité, le terme est devenu aussi synonyme de fanfaron et de vantard. C'est en cela qu'il est accolé à Carthage, ce site où la vantardise et la fanfaronnade n'a jamais manqué, avant comme maintenant. Depuis la ruée à laquelle on assiste avec le dépôt de candidature à l’élection présidentielle, il est même le site fanfaron par excellence, lieu des fiertés de toutes les réussites, de tous les exploits.

Car on sait bien que le président de la République a un rôle bien minime dans le régime instauré par la nouvelle Constitution et que c’est le prestige de la fonction et l’honneur  bien factice d’occuper le palais de Carthage qui  motivent la plupart des prétendants. Certes, on pourrait aussi évoquer la dotation financière pour certaines candidatures, mais ce serait leur manquer de respect. Aussi négligera-t-on cet argument que d’aucuns pensent être une  motivation principale dans la carrière politique et qu’il importe, afin d'y introduire la vertu qui lui manque, d’agir en vue d’enlever à l’exercice politique le moindre attrait financier, tout privilège matériel.

Au moment où l’on assiste actuellement au début des aventures prodigieuses de nos tartarins de Carthage, on oublie l’essentiel qui est représenté par les élections législatives, car c’est l’assemblée du peuple qui a la réalité du pouvoir. 
Ainsi,  tandis que la plupart des partis s’enthousiasment pour leur tartarin,  un seul parmi eux garde les pieds sur terre et la tête sur les épaules en se tenant hors de cette tartarinade. C’est le parti islamiste qui sait que le pouvoir ne lui échappera pas tant qu’il restera concentré sur son objectif : comment gagner les législatives?

Aussi, il soigne toutes les ficelles pour les gagner, n’omettant aucun détail, y compris d'avoir ses pré te-noms pour la présidentielle, tandis que ses opposants font leur donquichottisme. Rappelons à ce propos que Don Quichotte le Provençal fut aussi l'un des titres de Tartarin ou Barbarin de Tarascon.

L’avenir nous apprendra à quel point aura été payante l’attitude judicieuse actuelle du parti islamiste et à quel point sont burlesques et futiles nos héros naïfs sur leur chemin vers Carthage. 

Pourtant, certains parmi eux et non des moindres s’étaient juré de barrer la route du pouvoir à leur ennemi Ennahdha, jurant « d’avoir sa peau » comme le firent les Tarasconnais indignés par le personnage de Taratarin, se refusant de s’y reconnaître. Ainsi entendit-on des cris « À mort ! » lors du passage à Nîmes d’Alphonse Daudet juste après la sortie des aventures de son Tartarin et de ses acolytes. 

C’est le même cri qu’on et entend du côté de certains partis de quelques-uns de nos tartarins de Carthage à l’égard du parti islamiste. Celui-ci reste de marbre, gardant son sang-froid, continuant à tisser sa toile pour phagocyter le résultat  de la seule élection qui compte, les législatives oubliées par nos tartarins dans leurs rêves fous de Carthage.

Certes, il n’y a pas que du burlesque du côté de nos tartarins; il y en a aussi qui ont de nombreuses qualités. Certaines personnalités sont même purement et simplement ce qu’on appelle un chef d’oeuvre d’humanité et de compétence; c’est ainsi d’ailleurs que l’ami de Daudet, Flaubert, jugea son Tartarin : « C'est purement et simplement un chef-d’oeuvre. Je lâche le mot et je le maintiens »

On peut volontiers reprendre le jugement de Flaubert à l’égard de ces éminentes personnalités parmi nos tartarins. On ne craint pas moins, cependant, que leur aventure ne soit aussi funeste que l’expédition du marquis de Rays en Nouvelle Irlande, celui qui inspira Daudet son personnage dans ce qui ne s’appelait encore que Port-Tarascon. Ce petit roman, ancêtre de celui qu’on connaît, narre en effet les déboires des pionniers d’une aventure d’établissement de colonie en  Nouvelle-Guinée, se terminant par la ruine et la mort de Tartarin.

Souhaitons que port-Carthage n’ait pas la même issue pour nos héros les plus méritants et qu’ils y arrivent à bon port. Ils auront alors démontré qu’ils n’étaient pas eux des tartarins, mais juste des Carthaginois redonnant vie à leur ville détruite par la mégalomanie du pouvoir. 

Du personnage burlesque, ils auront alors fait l’antonyme de la terreur, symbolisant une nouvelle Carthage populaire, capitale du pays de la douceur de vivre retrouvée. Et ce ne sera plus une tartarinade !  

Publié sur Huff Post Maghreb