2017 : année d’abolition de l’homophobie en islam ! Que les militants maghrébins proposent ce projet de loi : en Tunisie (en arabe, en français) et/ou au Maroc (en arabe, en français) !

Mon manifeste d'amour au peuple 2/3
 




Mon manifeste d'amour au peuple 3/3


ISLAM POSTMODERNE








Accès direct à l'ensemble des articles منفذ مباشر إلى مجموع المقالات
(Voir ci-bas انظر بالأسفل)

mercredi 7 janvier 2015

I-slam, rêve-olution mentale 5

Affaire du film Exodus au Maroc : Stop à la confusion des valeurs !




Enfin, le film Exodus a été autorisé au Maroc; on n'attendait pas moins d'un pays se voulant, et devant de part sa récente constitution, respectueux des libertés, dont celle de l'expression et de la création artistiques sans entraves.
Hélas, cette autorisation finale traduit moins le triomphe de la raison et des principes démocratiques au royaume qu'elle n'exprime la confusion des valeurs qui y règne à propos de l'islam.
Une censure déguisée, mais non d’inspiration islamique
En effet, il faut le savoir, l'autorisation n'a été accordée qu'après que les distributeurs du film aient accepté de passer sous les fourches caudines  marocaines. Ainsi ont-ils accepté ­— et ils n'auraient pas dû le faire — de couper  la sonorisation des séquences faisant polémique.
 De quoi s'agit-il ? Une mesure de censure, quoique légère (car il s'agit bien de censure) qui serait justifiée par «l'estime et le respect» pour «les sentiments des citoyens et du public marocains».
La commission de censure, car c'est bien sa fonction, s'en défend en prétextant avoir appliquer la loi, respectant les textes en vigueur. De quels textes s'agit-il? Ceux portant sur le respect des sentiments religieux, nous précise-t-elle. 
Or, justement quelle offense à la religion comporte le film? Est-ce que la scène d'un enfant disant être (« je suis », dit-il dans le film) est offensante à l'islam? On nous explique que cette parole (qui a été donc rendue inaudible pour cause de censure) signifie dans la tradition hébraïque que l'enfant est Dieu.
Mais s'agit-il d'islam ou de religion juive ? Agit-on au nom des juifs ? Or, ils n'ont rien dit ! Ne sont-ils pas aussi monothéistes que les musulmans ? Qui est donc le mieux placé pour défendre sa religion : les juifs ou les musulmans?
Puis, l'islam n'est-il pas le sceau des  révélations? En tant que tel, il reconnaît bien toutes les religions telles qu'elles sont respectées par leurs fidèles. Aussi, les représentants de l'islam officiel ne doivent-ils pas respecter cette religion et ne pas lui étendre leur conception restrictive de la foi monothéiste du moment qu'on parle du judaïsme et non de l'islam?  
D'ailleurs, l'islam reconnaît que Jésus est la parole de Dieu incarnée; n'est-ce pas une acceptation du dogme de la Bible de l'incarnation non pas de Dieu en tant que tel, mais de sa parole?
Une censure ne traduisant que le conservatisme des autorités
Ainsi, encore une fois, des autorités conservatrices revendiquent un mythique conservatisme de la société pour justifier les siennes. En effet, il est plus qu'évident qu'un tel conservatisme n'est que le fait et des élites marocaines et d'une minorité activiste, manipulée par quelques doctrinaires d'un islam officiel. Car ce dernier est bien minoritaire et est loin de représenter, et à plus forte raison d'incarner, l'islam populaire qui est bien plus libéral, sinon libertaire.
Dans la tradition islamique de laquelle relève l'islam populaire au Maroc et ailleurs,  on ne compte plus le nombre de fois où l'Esprit saint de Jibril se matérialise, venant rencontrer le prophète. Doit-on alors censurer notre littérature religieuse dont les classiques sont bien plus libres sur les questions de dogme que ne le sont devenus les musulmans aujourd'hui ?
Les autorités de l'islam officiel nagent en pleine confusion des valeurs, et leur pantalonnade à l'occasion de la sortie du film Exodus devrait amener les plus sérieux et les plus honnêtes parmi elles musulmans à réaliser qu'ainsi on fait le plus de tort à l'islam tout en prétextant le défendre.
Plus que jamais, alors que l'islam atteint les abîmes de l'abomination avec Daech, il est du devoir de tout fidèle musulman honnête de défendre son islam en sortant du néfaste dogmatisme  à l'origine d'une telle confusion meurtrière.
Car l'islam est foncièrement démocratique; ce sont des esprits étroits qui en font une foi rétrograde à la faveur d'un embrouillement des valeurs faisant des faussetés une vérité. Or, il nourrit les extrémismes, produisant toutes les horreurs que nous voyons.
On peut le dire sans se tromper : la confusion des valeurs faisant d'un film comme Exodus une insulte à l'islam conditionne insidieusement l'esprit des jeunes, finissant par les faire rallier Daech. C'est elle aussi qui serait derrière le terrible attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo s'il s'avère que les terroristes étaient musulmans ou supposés tels.

Nombre d'islamistes sont devenus fous ! Que les plus sages se réveillent pour oser les faire sortir de la confusion mentale qui les fait détruire leur foi en ce qu'elle a de plus précieux, sa tolérance et son esprit libertaire. Ces caractéristiques ont marqué l'islam des origines et sont encore honorées par l'islam populaire imprégné de soufisme, cette manifestation quintessenciée de l'islam spirituel et humaniste.

Publié sur Al Huffington Post