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vendredi 6 juin 2014

Cult(e)ure de l'i-slam 8

L'apostasie est licite en islam, en voici la preuve (2/2)




Nous poursuivons nos développements prouvant que l'apostasie est licite en islam commencés dans la première partie de ce diptyque.

VI. Droit actuel de l'apostasie en islam

Nous revenons maintenant pour détailler ce qui a précédé afin de démontrer le statut actuel de l'apostasie dans notre religion, an rappelant que son sens authentique diffère selon la source citée. Ainsi, s'il est dans le Coran l'habituel abandon, officiel et volontaire de la foi, et ce à titre individuel, il devient dans la tradition et chez les jurisconsultes la variation de la religion au niveau de mouvements de masses incluant des retombées militaires, des bouleversements politiques. Par conséquent, en cas de besoin, nous unissons le mot apostasie au sens véritable, qui est la variation, afin d'être le plus clair possible.     
VI.1. L'apostasie dans le Coran :
Il a été indiqué auparavant que l'islam garantit la liberté de croire, y compris celle de la conversion à l'islam. S'agissant du fait d'apostasier, il est traité par les versets que nous présentons ci-après:
— Verset 217 de la sourate La vache : "Ceux qui, parmi vous, s'écartent de leur religion et qui meurent incrédules : voilà ceux dont les actions seront vaines en ce monde et dans la vie future; voilà ceux qui seront les hôtes du Feu; ils y demeureront immortels."
— Verset 54 de la sourate La Table servie : "O vous qui croyez ! Quiconque d'entre vous rejette sa religion... Dieu fera bientôt venir des hommes; il les aimera, et eux aussi l'aimeront."
— Sourate Mohamed, verset 25 : "Ceux qui sont revenus sur leurs pas après que la Direction s'est clairement manifestée à eux ont été abusés par le Démon qui leur a donné quelque répit."
— Verset 106 de la sourate Les Abeilles : "Celui qui renie Dieu après avoir cru, — non pas celui qui subit une contrainte et dont le cœur reste paisible dans la foi — celui qui, délibérément, ouvre son cœur à l'incrédulité : la colère de Dieu est sur lui et un terrible châtiment l'atteindra."
— Versets 86/87 de la sourate La Famille de 'Imran : "Comment Dieu dirigerait-il ceux qui sont devenus incrédules après avoir été croyants; après avoir été témoins de la véracité du Prophète et des preuves irréfutables qui leur sont parvenues ? — Dieu ne dirige pas le peuple injuste — Quelle sera leur récompense ? La malédiction de Dieu, celle des anges et de tous les hommes réunis tombera certainement sur eux."
— Verset 115 de la sourate Les Femmes : "Quant à celui qui se sépare du Prophète après avoir clairement connu la vraie Direction et qui suit un chemin différent de celui des croyants : nous nous détournerons de lui, comme lui-même s'est détourné; nous le jetterons dans la Géhenne : quelle détestable fin !"
— Verset 137 de la sourate Les Femmes : "Ceux qui avaient cru et qui sont ensuite devenus incrédules, puis, de nouveau, croyants, puis incrédules, et qui n'ont fait que s'entêter dans leur incrédulité : Dieu ne leur pardonnera pas; il ne les dirigera pas sur une voie droite."
Tous ces versets indiquent sans le moindre doute que la question de l'apostasie en religion est une affaire entre Dieu et sa créature; ainsi, et si Dieu la juge en termes terribles, il n'y réserve aucun châtiment terrestre, le renvoyant dans l'au-delà. Aussi, nul n'a le droit de contraindre le musulman à ce qu'il peut croire, quel que soit le moyen de contrainte, Dieu donnant en cela lui-même l'exemple. Il insiste sur la nécessité de l'appel par la persuasion, la preuve rationnelle ou par l'incitation à la récompense et la menace du châtiment dans l'au-delà. Tout cela afin que la foi soit sincère, n'étant pas le fruit de la coercition, aucune tare n'altérant sa pureté.    
Il est vrai, Dieu anathémise l'apostat parmi ses créatures et le menace de sa colère et de finir dans l'enfer, mais il ne le condamne toutefois pas à être mis à mort; c'est qu'il garde largement ouvertes les portes au repentir. En cela, l'islam démontre son insistance à veiller à exhorter à ce que la foi soit libre et le reste, rien n'empêchant l'apostasie sinon la conscience et la barrière morale personnelle. Sans quoi, la liberté humaine d'adorer Dieu est bien pervertie.
Et ce qui confirme, d'ailleurs, cette orientation et la résume éloquemment est la parole suivante de Dieu : "Appelle les hommes dans le chemin de ton Seigneur, par la Sagesse et une belle exhortation; discute avec eux de la meilleure manière."[1]
Dans les versets cités, le terme apostasie est assez expressément cité, sans aucune mention de prescription de châtiment prévu pour l'apostat ou un tourment encouru ici-bas; Dieu se contentant d'y faire référence au supplice de la vie future et à son châtiment et sa colère. Il en va de même dans des versets où l'apostasie est juste mentionnée par le sens, comme le suivant :
— Sourate La Lumière, verset 55 : "Dieu a promis à ceux d'entre vous qui croient et qui accomplissent des œuvres bonnes d'en faire ses lieutenants sur la terre, comme il le fit pour ceux qui vécurent avant eux. Il leur a promis aussi d'établir fermement leur religion qu'il lui a plus de leur donner et de changer, ensuite, leur inquiétude en sécurité. Ils m'adoreront et ils ne m'associeront rien. Ceux qui, après cela, seront incrédules : voilà les pervers."
Il est évident que ce verset va dans le même sens que ceux précédemment cités, en ce sens qu'il n'est que la manifestation de la part de Dieu de la liberté humaine à croire et sa confirmation; l'homme ayant toute latitude de se convertir à l'islam comme il est libre de l'abandonner que cela soit au moment de la conversion ou après en apostasiant sa foi musulmane. Il n'est du droit de personne— le prophète lui-même en ayant été empêché — de s'opposer à la liberté personnelle de quitter une religion, sauf s'il s'agit d'une entreprise politique au sens que nous avons spécifié, qui est la variation dans la religion en tant qu'ordre étatique. C'était l'apostasie ainsi que connue dans l'histoire arabe islamique, c'est-à-dire une action rêvant à défier l'État et ses institutions, une contestation de sa constitution et de ses autorités légitimes.[2]      
Cela n'est certainement pas pour étonner d'une foi qui est véritablement le sceau des religions; sinon comment l'islam pourrait-il être véritablement l'achèvement des révélations s'il interdit cette liberté humaine d'entrer dans la foi et d'en sortir en toute liberté et parfaite sécurité ?
VI. 2. L'apostasie / variation dans la tradition prophétique :
Il n'y a point moyen de douter que le châtiment de l'apostasie, dans son sens de variation en religion, soit indubitable dans la tradition avérée du prophète. Il est particulièrement établi sur la base des deux dires suivants :
— "Quiconque varie dans sa religion est à mettre à mort"[3]
— "Il n'est point possible d'attenter à la vie de quiconque professant que Dieu est unique et que je suis le prophète de Dieu que dans l'un des trois cas : l'adultère marié, l'homicide et celui qui quitte sa religion, désertant le groupe."[4]
Cette sentence établie en matière d'apostasie a été rendue par le prophète de sa vie et ses Compagnons y sont conformés. Toutefois, le sens donné à l'apostasie ici n'est pas celui que nous avons relevé dans le Coran, car il est dans la Sunna au sens de la variation, impliquant une altération intentionnelle de la religion et une déviance de ses principes ainsi que la violation ouvertement voulue de la paix civile.
C'est que l'apostat dans les propos de l'envoyé de l'islam est bien celui qui modifie sa religion; il n'est donc pas cet individu visé par le Coran, qui change de croyance pour des raisons personnelles et des convictions ne regardant personne d'autre que lui. Ce dont parle la tradition prophétique, c'est plutôt du groupe en insurrection contre l'État islamique, refusant l'obéissance à ses commandements comme le paiement de l'aumône légale, et puis s'attaquant à l'autorité publique en cherchant à la renverser.     
Cela est à rapprocher avec l'attitude qu'on pourrait avoir aujourd'hui face à une désobéissance civile, refus de paiement des impôts et perturbation de l'ordre public. L'apostasie dans la Sunna est synonyme de la haute trahison qui impose la peine capitale; aussi la sentence est-elle la mort pour l'apostat, tout comme c'est le cas jusqu'à nos jours pour qui trahit son pays, y compris dans les États démocratiques, sauf si la peine de mort y a été abolie.[5]      
L'apostasie dans la tradition prophétique emporte donc le sens de la variation, l'adaptation et la métamorphise, ce qui impliquait la déviance par rapport à l'État que fonde cette religion qu'on modifie, le complot contre sa sûreté et la guerre livrée aux autorités qui en ont la charge.
Tout au contraire, la conception de l'apostasie dans le Coran, ainsi que nous l'avons vu, est ce sens n'impliquant que le changement personnel de foi par une pure conviction intime, un avis particulier et un jugement subjectif concernant la religion. Pour cela, il n'est de châtiment que dans l'au-delà, ainsi que le noble Coran l'a expressément précisé.        
VI. 3. L'apostasie / variation dans la jurisprudence :
En application de la tradition avérée du prophète, les docteurs de la loi ont été unanimes sur la nécessité de la mise à mort de l'apostat, au sens de celui qui varie sa religion et l'altère. En cela, il est l'équivalent de nos jours de l'auteur d'un coup militaire qui renverse l'ordre établi ou du responsable de la haute trahison pour son peuple.
D'ailleurs, afin de s'assurer que l'intention de l'insurrection contre l'ordre et de la trahison de la patrie est bien déclarée, les jurisconsultes ont prévu une procédure devant précéder la mise à mort. En effet, au nom d'une bonne conception de la justice et avec l'intention d'éviter tout jugement sur soupçon ou doute, ils gardent la porte ouverte à l'autocritique pour l'apostat — terme utilisé ici au sens d'insurgé contre les pouvoirs publics — en l'engageant à revenir à Dieu. Certes, d'aucuns n'ont prévu pareille procédure qu'en la laissant à la discrétion du juge, mais d'autres ont exigé un délai de réflexion de trois jours et certains ont retenu l'engagement de retour à Dieu en règle impérative devant s'imposer quitte à donner le délai qu'il faut à voir aboutir l'espoir d'un repentir.  
Il est bien évident que toutes ces précautions mettent l'accent sur l'importance de la liberté en islam, car elle reste bien son fondement, même à l'occasion d'une situation éminemment grave comme la révolte contre l'ordre, l'immunité pour le musulman étant à espérer jusqu'au terme de la vie.[6]    
VII. Pour une conception islamique authentique
Ainsi donc, il n'est nulle interdiction de répudier la foi islamique tant que l'apostasie relève de l'ordre de la liberté privée de croire ainsi que la garantit la religion. Il s'agit bien ici de l'apostasie en tant que variation intellectuelle ou pacifique que le Coran a consacrée.[7]
Ce qui est légalement prohibé en islam c'est uniquement quand pareille apostasie, en tant que variation en religion, en arrive au niveau de la trahison de la patrie, la déclaration de la désobéissance civile ou l'engagement de la guerre dans le pays.
Car l'apostasie, si elle relève de la liberté d'opinion, elle est aussi une manifestation d'une libre expression; et la loi religieuse ne l'interdit que lorsqu'elle mue en cette variation qui emporte modification, métamorphose et altération de la foi en tant que fondement constitutif de l'ordre politique et social influant sur la paix civile et l'ordre public.  
Aussi doit-on distinguer entre les deux sens. Dans le premier cas, nous avons affaire à un abandon de l'islam qui n'implique aucun trouble de l'ordre public; aucune prohibition ni limitation n'y sont prévues en notre religion. En effet, on ne trouve dans le Coran que de sévères reproches dans le but de réveiller la conscience ainsi égarée; et le maximum qu'on y trouve est la promesse de grâce ou la menace de châtiment, la première pour le repentir, la seconde pour son absence. Dans le deuxième cas, il y a une insurrection contre l'islam, avec tout ce que cela comporte de violence politique et renversement de l'autorité légitime; c'est ce que la Sunna et les docteurs de la loi ont mis à l'index. 
Pour synthétiser, la première situation est l'apostasie ainsi que prévue par le coran et comme on la comprend de nos jours; elle n'est rien d'autre que de la liberté personnelle. Quant à la seconde situation, c'est la variation telle que la Tradition prophétique l'a résumée et ainsi que l'a compris la jurisprudence islamique; elle relève de l'attentat contre la liberté publique.
Résumons donc, dans ce qui suit, tout ce qui a été détaillé avec quelques ajouts afin d'épuiser la question.
VII. 1. L'apostasie du point de vue religieux :
L'apostasie est d'un côté personnelle, relevant de la liberté de croyance; elle est alors le parallèle nécessaire de la liberté de conversion à l'islam; aussi n'est-elle ni interdite ni punie sauf dans l'au-delà, si Dieu le veut et le décide. De l'autre côté, elle est collective, incarnant une dissidence civile, de la haute trahison ou un coup d'État; elle est ici ce que nous qualifions de variation. Tout à fait logiquement, elle est alors condamnée et suppose une sanction, y compris la mise à mort — si cette peine n'est pas prohibée —, la survie de la société et sa pérennité en dépendant.
Il n'est peut-être pas inutile de noter, à ce propos, l'inévitabilité de la séparation impérieuse à faire entre ce qui est politique et ce qui est religieux; ce que nécessite la dialectique de la religion et de la politique en islam. Car la foi est au-dessus de la politique du fait qu'elle a trait au rapport direct entretenu par la créature avec son Seigneur, rapport dans lequel il n'est permis à personne d'interférer. Pour autant, cela ne veut point dire que la politique doit être soumise à la religion, car il n'est nul rapport entre les deux. De plus, la politique concerne les humains et se concentre sur ce qui convient à leur vie terrestre; or, la vie humaine évolue et change, ne demeurant point figée en un état invariant.   
Certes, il va de soi que la politique se doit, en ses principes, de s'inspirer de la religion, mais elle ne se lie pas en cela obligatoirement au texte religieux; elle doit revenir à l'esprit de la loi religieuse et à ses desseins, qui seuls représentent l'éternité des directives de la foi.
L'apostasie en tant que renonciation volontaire à la foi, d'après son sens linguistique établi, n'est ainsi pas interdite en islam; tout au contraire, elle est parfaitement possible, comme l'est la conversion à l'islam;[8] le tout se faisant dans un climat de libre arbitre plénier, que n'infirme pas la menace divine de malheur et de perte dans l'au-delà. De fait, pareille menace relève de l'exhortation de Dieu afin que sa créature examine avec minutie ce que la foi a d'agrément en vue de l'effort inlassable de nature à ouvrir la conscience à tout ce qu'elle ignore de sa sagesse, y étant aveugle.
Le meilleur abrégé de la question de la croyance en islam, magnifiant l'autonomie sans limites de la conscience qui la caractérise, est assurément la sourate Les Incrédules. Elle est à considérer en une déclaration officielle de la liberté de croire en islam, le libre arbitre y étant l'assise même de cette foi : "À vous votre religion; à moi, ma Religion".[9]
En conclusion, et pour davantage de considération réflexive, voici encore quelques versets confirmant la liberté de croyance en islam.[10]
Le Seigneur dit :
— Sourate La Vache, verset 256 : "Pas de contrainte en religion ! La voie droite se distingue de l'erreur."
— Sourate Jonas, verset 99 : "Si ton Seigneur l'avait voulu, tous les habitants de la terre auraient cru."
— Sourate La Délibération, verset 48 : " S'ils se détournent, sache que nous ne t'avons pas envoyé vers eux pour les observer; tu es seulement chargé de transmettre le message prophétique."
— Sourate La Caverne, verset 29 : "Dis : La vérité émane de votre Seigneur. Que celui qui le veut croie donc et que celui qui le veut soit incrédule."
— Sourate Celle qui enveloppe, versets 21 à 26 : "Fais entendre le rappel ! Tu n'es que celui qui fait entendre le Rappel et tu n'es pas chargé de les surveiller. Quant à celui qui se sera détourné et qui était incrédule : Dieu le châtiera du châtiment le plus grand. Oui, le retour se fera vers nous et c'est à nous qu'il appartiendra ensuite de faire le compte de toutes leurs actions."
— Sourate L'Homme, verset 3 : "Nous l'avons dirigé sur le chemin droit, qu'il soit reconnaissant, ou qu'il soit ingrat."
VII.2. L'apostasie du point de vue politique :
Il a été établi que l'apostasie, ainsi que les Arabes l'ont connue, est la variation en religion avec une tentative de renversement de l'ordre institué; aussi est-elle en quelque sorte une "apostasie" politique, nullement religieuse.
Ceci est confirmé par le lien que les jurisconsultes ont établi entre l'apostat et le brigand, bandit de grand chemin ou homme de guerre, assimilant ce dernier à l'apostat. La raison en était que le brigand de grand chemin faisait exactement ce qu'on reprochait au croyant coupable d'apostasie : l'agression de la tranquillité publique, le trouble à l'ordre social et la destruction de l'État islamique et de ses institutions.[11]
Il est bien clair que la pratique de l'opposition en islam est d'une complication extrême, constituant une difficulté problématique, la confusion y étant inhérente, inévitable même, entre ce qui relève du religieux et ce qui est pure politique. D'aucuns s'embrouillant, versent dans l'amalgame, sinon les excès, du fait de la nature hybride de l'islam.[12] Ils ne comprennent pas que cette spécificité de vraie foi religieuse et de cité humaine idéale suppose un pacte de vie paisible, spirituelle et aussi matérielle, impliquant échanges et transigeances, négociations et transactions. Aussi fallait-il le signaler pour limiter quelque peu les fâcheuses conséquences de la propension à pareille obscurité et force ambiguïté.   
Le rappel est donc impératif au fait que l'islam en tant que foi demeure la religion de la liberté absolue. Ainsi on l'a vu à la tête des mouvements de libération, appuyant les aspirations des peuples à la libération du joug de tout colonialisme. Et cela est vérifiable même quand la religion est instrumentalisée politiquement, quand l'État en use pour ses propres intérêts, cherchant par exemple à calquer sa politique sur ses enseignements. En effet, l'islam ne garde pas moins intacte — ne serait-ce que sur le plan du principe — sa caractéristique de théologie de la liberté qui le fonde, du fait de la relation directe qu'il instaure entre Dieu et ses créatures. En islam, ni l'État ni ses représentants ne peuvent prétendre incarner l'absolue référence religieuse et se parer aux couleurs de la religion; la seule référence pour le musulman demeurant le Livre de Dieu et la Tradition avérée de son prophète.[13]   
Par conséquent, la politique n'a pas de place en religion qui reste l'affaire de Dieu et de sa créature dans un rapport exclusif, sans intermédiaire; alors que la politique relève, bien évidemment, des occupations des humains entre eux-mêmes. Certes, ces derniers ont bien le droit de s'inspirer de l'Écriture sainte et de la Tradition et l'exemple éminent de l'Envoyé de Dieu. Ce faisant, ils peuvent soit se conformer à leur lettre si elle correspond à l'intérêt général, soit revenir à ce que commandent les vues et les desseins de la loi divine qu'impose l'état de la société dans ses mutations incessantes, ou encore l'orientation de l'opinion majoritaire de ladite société.
Or, en ce domaine politique, il n'est nulle apostasie interdite et nulle interférence possible dans la conscience humaine, sauf si elle se révèle être un réel renversement de l'ensemble de la condition juridique et politique instituée. C'est qu'il en va alors comme lorsqu'on varie d'un régime républicain en un régime monarchique ou dictatorial à la suite d'un pronunciamiento.
Au demeurant, l'histoire islamique regorge d'exemples d'exploitation de la religion à ses propres fins par l'autorité politique; cela n'a pas manqué d'impliquer les savants, ne serait-ce que juste pour leur contestation de l'ordre établi.[14] Hajjaj Ibn Youssef, assez prompt à user du soupçon d'apostasie en politique, a été l'illustration la plus éloquente en la matière. Il est allé jusqu'à accuser de variation en religion l'un des plus grands adeptes des Compagnons du prophète, Saïd Ibn Joubayr, juste pour avoir contesté l'autorité du calife Abd ElMalek Ibn Marouane.      
VII.3. L'apostasie du point de vue culturel 
Les sociétés humaines sont fondées sur la diversité; or le pilier d'une vie commune paisible, le vivre-ensemble, est représenté par les libertés, particulièrement la liberté de la croyance, du choix, de la pensée, de la conscience et des convictions personnelles.  
Et l'islam a sans nul doute pris assez tôt l'initiative de confirmer pareille profession de foi dans les libertés en un temps qui ne les connaissait pas assez, puisqu'elles n'ont investi le système juridique le plus évolué de l'humanité que plus tard. Aussi est-il singulièrement saugrenu de prétendre cette religion arriérée, particulièrement en ce domaine, avec des interprétations erronées qui ne font que la léser, en défigurer le bel esprit.
Assurément, par méconnaissance des implications de ce que donne l'exégèse en conformité soit avec la lettre du texte soit avec son esprit, il en est qui allèguent ce qui ne relève point de l'islam, se comportant tout juste à l'instar de ce que l'histoire nous a donné en exemple. Il s'agit de ces politiciens, mais aussi jurisconsultes et savants religieux aux ordres de la cour, qui ne servaient en rien l'islam, étant au service exclusif de leurs propres intérêts, interprétant une religion éminemment tolérante selon leurs caprices ou ceux des maîtres de leur fortune.[15]  
L'apostasie, en son acception sensée qui est la liberté de quitter une foi embrassée en toute indépendance, est absolument conforme à la direction culturelle de la civilisation des humains. Celle-ci est en progrès incessant dans l'exigence constante de latitude humaine plénière en tout ce qui relève des choses de la foi et de la conscience, de la pensée et de la conviction.  
C'est ce qu'a compris l'islam dès l'origine puisqu'il est, comme nous l'avons précisé, une religion de civilisation; ainsi affirme-t-il fréquemment qu'il n'est aucune contrainte en islam. Or, est-il raisonnable d'accepter pareille liberté pour la conversion à la foi pour la refuser quand on souhaite l'abjurer ? Nous ne ferions alors que contrevenir, non seulement à cette foi et à ses visées, mais aussi et surtout à ses directives expresses exprimées en des textes dont la lettre même ne laisse nulle place au moindre doute.  
Heureusement, les musulmans commencent de s'éveiller à une telle vérité ! En effet, il en est qui s'opposent enfin au courant rigoriste continuant de penser que l'apostasie fait l'objet d'une prescription en islam emportant prohibition légale dans ses sens divers. On voit désormais certains docteurs de la loi et chercheurs en civilisation islamique soutenir que la règle dans l'islam est la liberté de la croyance, et ce tant au moment de la conversion que de l'apostasie éventuellement, en application de versets clairs et précis du Coran. 
Parmi eux figurent des docteurs ès sciences religieuses, tels le marocain Ahmed Raissouni, auteur de نظرية المقاصد عند الإمام الشاطبي,[16] et Taha Jabir AlAlwani, président du Conseil jurisprudentiel et de l'université de Cordoba aux États-Unis d'Amérique, ou encore le professeur Gamal Al-Banna, frère cadet de Hassan Al-Banna, fondateur de la célèbre confrérie des Frères musulmans.[17]
Il y a aussi ceux qui se définissent comme étant du juste milieu, dont le plus important courant est celui représenté par docteur Youssef AlQaradhawi[18]. Pour lui, l'apostasie est de deux types : licite, qui est l'abandon de la religion à la condition que cela soit de manière paisible et passive; et illicite, qui nécessite le châtiment, ce type supposant un abandon de la foi accompagné d'une menace pour la communauté musulmane.
Une telle position se voulant équilibrée n'est pas évidente en ses principes, notamment en ce qui concerne la précision de la nature de la peine encourue par le groupe apostat attentant à la sécurité communautaire. 
De plus, la condition exigée d'un abandon paisible de la foi impliquant l'absence de provocation est susceptible de créer quelques problèmes, puisque cela suppose que l'apostasie soit discrète, faite en cachette, à la dérobée, ce qui ne convient pas aux spécificités de notre monde contemporain.
Après tout ce que nous avons déjà précisé, il n'est aucune preuve, d'après nous, pour qui prétend que l'islam interdit la liberté de l'abandonner en toute autonomie, ni à la dérobée ni en cachette, car le musulman avéré est un être parfaitement libre qui ne se soumet qu'à son créateur.
La contrainte dans la foi islamique est un mensonge; ce n'est qu'un prétexte propice à l'hypocrisie. Il n'est nul islam possible et véritable sous la contrainte, la foi n'étant point ce cachot où est emprisonné le fidèle, de sorte qu'il ne lui soit plus moyen de le quitter. On ne peut avoir en islam une foi contrainte, sinon ce n'est point l'islam, et nullement on n'a affaire ainsi à un musulman !
L'apostasie n'est pas prohibée tant qu'elle se situe sur le plan de la conscience personnelle, le libre consentement étant le socle du dogme en islam,[19] puisqu'il y est à la base de tout. La tradition suivante du prophète ne dit rien d'autre : "J'agrée Dieu en seigneur, l'islam en foi et Mohamed en prophète et envoyé divin."[20]      
Si nous empêchons quiconque venant à l'islam de le quitter, nous le condamnons à être retenu contre sa volonté dans une geôle religieuse. Aussi, s'il reste bien dans la foi, c'est moins parce qu'il est de la noble religion que du fait qu'il s'y trouve retenu, n'ayant loisir de la quitter que pour la tombe. Or, la religion du prophète Mohamed est bien loin de pareille coercition; elle qui est plutôt une foi d'humanité, d'altruisme et de compassion; une foi en un Dieu a la miséricorde infinie pour quiconque est pur d'intention, et ce jusqu'à son tout dernier souffle !
C'est ainsi et ainsi seulement que l'islam assume authentiquement sa définition de sceau des Écritures; et c'est ainsi que l'islam est foi d'Abraham. D'abord et avant tout, cette croyance est la religion d'un Dieu tout amour et la célébration de son unicité. Et la manifestation d'un tel credo n'est pas nécessairement l'occasion d'affecter des rites, un moyen bien commode pour l'ostentation que l'islam désapprouve fortement. 
Assurément, les rites sont nécessaires en vue d'affermir une foi et la consolider tout en constituant un constant rappel à l'esprit religieux. Pour autant, ils ne se substituent pas à la fois plénière en imposant au croyant de se cantonner à un culte précis qui ne relèverait que d'une culture propre à une partie de l'humanité, amenant à renier la culture humaine dans sa globalité, son universalité.  
Or, par essence, l'islam est ouvert aux diverses cultures humaines et à la variété des modalités de la foi en Dieu du moment que l'intention est pure de magnifier son unicité. Cela est confirmé par la reconnaissance des religions monothéistes qui ont précédé l'islam dans le cadre d'une foi unitaire en Dieu. Ce faisant, l'islam a sans conteste élevé très haut son aspect culturel et de civilisation humaine par rapport à sa dimension purement cultuelle et rituelle d'une partie de l'humanité.
Pour terminer, il est utile de s'interroger sur ce qui a été rapporté sur l'envoyé de Dieu concernant l'impossibilité de coexistence de deux religions dans la péninsule arabique, et qui amena le second Calife Majeur d'en éloigner tous ceux qui n'étaient pas musulmans parmi les gens des Écritures (ou gens du Livre, ainsi qu'il est dit communément).
Tout d'abord, qu'il nous soit permis de noter que cela relevait de la synchronie de l'aspect civil et politique de l'islam avec les contingences de l'époque, ses spécificités et ses exigences, y compris les principes politiques qui sont restés prégnants dans le monde jusqu'à un temps récent. On l'a ainsi vérifié en Andalousie, à la chute de Séville, lorsque les chrétiens expulsèrent de leur péninsule tous ceux qui n'étaient pas de leur foi.
Il est bien évident que cet aspect est révolu, puisqu'il ne fait nullement partie des pierres d'assise de la religion, étant forcément de ce qui est appelé à s'annihiler comme l'exigent justement les principes mêmes de notre foi, ces pivots qui font son éternité. Et nous n'avons pas besoin ici d'apporter un complément de précision ou de preuve eu égard à l'évidence de la question, sinon on manquerait à au moins l'une des bases fondamentales de l'islam, à savoir son universalité.        
En second lieu, nous nous devons d'expliciter que l'état de l'islam à la mort de l'envoyé de Dieu n'avait pas encore atteint un degré suffisant de puissance et d'enracinement pour lui permettre de mettre en œuvre tous ses enseignements révolutionnaires et ses principes d'avant-garde, dont justement cet œcuménisme, d'autant plus qu'ils étaient nouveaux, qu'on n'en n'avait pas encore l'expérience.
Il fallait donc, tout à fait naturellement, que l'islam commence par se préserver en son propre être selon les exigences du temps et du lieu afin d'être en mesure par la suite d'appliquer ses préceptes radicalement novateurs; et en la circonstance, il n'y avait rien de plus sage à faire. Par conséquent, il serait malvenu de critiquer aujourd'hui l'islam pour une initiative conforme à la morale du temps, sauf à le juger selon l'éthique contemporaine et nos conceptions actuelles. Il va sans dire que cela relèverait alors de l'ordre de la projection mentale à partir des réalités du présent; ce qui est blâmable, et ni la logique ni l'objectivité historique ne le permettent.

FIN

NOTES :


[1] Verset 125 de la sourate Les Abeilles.
[2] En confirmation, lisons ce que dit Ibn Al Qayim AlJawziya dans إعلام الموقعين (3\339) : "Or, la mise à mort est voulue comme la peine pour le plus grave des crimes tel l'homicide volontaire; aussi la peine est-elle de la même nature; ou comme le crime perpétré contre la foi en y attentant par la calomnie et l'offense ou par la variation et l'altération. Ce crime-ci mérite encore plus la mort afin de mettre fin à l'agression du coupable, car son maintien parmi les croyants est gros d'un risque de déviance pour eux, et nul bien ni intérêt ne sont à espérer de sa survie. Toutefois, il n'y a pas de mal pour les fidèles musulmans à pareil maintien au milieu d'eux s'il s'abstient de son méfait, tient sa langue et arrête ses menées subversives, veillant à se soumettre tout en étant réduit à l'état d'impuissance dans l'acceptation des prescriptions de Dieu et de son Envoyé, et en payant le tribut de capitation. Car la vie ici-bas est une péréquation et un viatique pour un temps." 
[3] صحيح البخاري بشرح فتح الباري op. cit. Il est à noter que d'aucuns ont contesté la véracité de ce hadith au prétexte de la présence de Ikrima, client d'ibn Abbès, dans la chaîne des transmetteurs; et il est classé comme de faible réputation. Ils ajoutent que le dire contredit ce qui a été attesté du prophète interdisant de mettre à mort l'apostat. Pour nous ici, le plus important est que la tradition est citée par Boukhari et Mouslim, et cela nous suffit pour croire en sa véracité. De plus, il faut savoir qu'il est des traditionalistes qui considèrent Ikrima parfaitement digne de confiance, la validité de sa transmission n'ayant été relativisée par personne; et ils notent qu'elle n'a pas été uniquement de lui, puisque Malek Ibn Zayd In Aslem l'a aussi fait avec une transmission digne de foi, ainsi que Tabrani par l'intermédiaire d'abi Hourayra (même si le nombre de ceux qui mettent en doute ses transmissions n'est pas négligeable). Malgré cela, nous trouvons des spécialistes qui affirment que le hadith contredit le coran, notamment le verset "Pas de contrainte en religion !" tant en termes de rationalité que de loi divine. De ce dernier point de vue, ils soutiennent que cette tradition compte parmi les "unitaires" et que les châtiments ne sont pas prescrits par de tels dires qui ne sont pas une référence en matière de croyances. Ils remarquent aussi que les principes jurisprudentiels ainsi que codifiés par Chafaï attestent que seul le Coran abroge le Coran et seule la Sunna abroge la Sunna. Et d'ajouter en assurant que, même chez les adeptes de l'abrogation du Coran par la Sunna, il est exigé que la tradition concernée soit répétée, un dit prophétique unitaire n'abrogeant jamais le Coran. Si nous pensons que pareil avis n'est pas loin d'être dans le vrai, nous estimons qu'il n'est pas important pour notre propos ici.         
[4] صحيح مسلم بشرح النووي, op. cit.
[5] Nous avons d'ailleurs démontré dans nombre d'articles que l'islam ne s'oppose nullement à l'abolition de la peine de mort, car en islam seul Dieu est habilité à reprendre la vie qu'il donne.
[6] Lisons, à ce propos, ce qu'assure l'imam Ibn Taymia : "L'opinion de l'extrême majorité des docteurs de la loi est que l'apostat est invité à revenir à Dieu; il en est ainsi chez Malek et Ahmed, prévoyant un délai de trois jours. S'agissant de la question de savoir si cela est de droit ou reste à la discrétion des autorités, deux versions ont été rapportées, la plus célèbre étant que l'engagement au repentir est obligatoire; et c'est l'opinion de Ishaq Ibn Rahawayh. Il en va de même pour le rite de Chafaï quant à la question de savoir si l'immunité est obligatoire ou discrétionnaire, relevant de deux récits différents. D'après l'un deux, l'engagement au repentir est conditionné par le retour immédiat à Dieu faute de quoi la mise à mort ne saurait être différée; et c'est l'avis d'Ibn Al Moundhir et AlMazani. Selon l'autre récit, l'engagement au repentir est comparable à ce que prévoient les rites de Malek et Ahmed. On rapporte, par ailleurs, de Zohri et d'Ibn AlKassimun un autre récit prévoyant un triple engagement au retour à Dieu. Le rite d'Abi Hanifa est pour qu'il soit également invité à l'immunité; mais à défaut de repentir, il est exécuté. De fait, ce qui est le plus connu de ce rite est que la recherche du repentir est souhaitée... Et on lit chez Thaouri : L'exécution de l'apostat est suspendue tant qu'on peut espérer sa pénitence; c'est aussi le sens de l'avis de Nakhaî", cf. الصارم المسلول علي شاتم الرسول op. cit., p. 321.
[7] L'apostasie est donc le passage d'un état à un autre sur le plan de la pensée, abandonnant la foi de l'islam pour une fidélité à une autre religion ou pour aucune autre, incluant l'athéisme. Ainsi définie, l'apostasie est admise selon la lettre et l'esprit de l'islam; et il n'est pas possible que son statut soit différent en une religion protégeant la liberté de croyance comme l'islam. Rappelons qu'il a protégé les gens du Livre à une époque qui ne donnait nul droit à la vie pour l'étranger relevant d'une religion autre que celle de sa communauté d'appartenance.  
[8] Qui est déjà, en son sens étymologique un changement; ici d'un état d'incrédulité à l'état de fidélité.
[9] Sourate Les Incrédules, verset 6. Une autre des plus sérieuses preuves de cette liberté est la constitution de Médine par laquelle le prophète reconnaît aux juifs y vivant la liberté de croyance et leur appartenance à une même communauté avec les musulmans émigrés. Cf. par exemple, السيرة النبوية لابن هشام، تحقيق محمد بيومي، مكتبة الإيمان، مصر، ط 1، 1416 هجرية\  1995 مسيحية، (2\96 .97).
[10] On ne compte pas moins de 200 versets spécifiant la liberté de croyance en islam.
[11] La peine encourue par l'apostat diffère d'un docteur de la loi à un autre selon qu'il est d'abord ou non homme de guerre, brigand de grand chemin. L'apostat qui est aussi bandit public est mis à mort à l'unanimité des légistes. Par contre, lorsque l'apostat ne verse pas dans le banditisme, il y a débat quant à savoir s'il faut d'abord l'amener à résipiscence ou si l'on doit le tuer d'office.
[12] Ainsi une fausse conception de la religion chez les dirigeants politiques, que la nature libertaire de l'Arabe a commandée (on peut se référer ici à ce qu'en disait déjà Ibn Khaldoun), a fait qu'on passe allègrement et par trop facilement de la conception positive de l'opposition comme alternative, option et choix ou au pire dilemme (et c'est celle qui prévaut en démocratie) à une conception commençant par être neutre, mettant l'accent sur le contraste et le désaccord, pour évoluer vers un sens plus subjectif de disconvenance, tapage, antinomie et divergence jusqu'à finir en un sens totalement négatif d'antagonisme, dissidence, désobéissance, affrontement et combat.
[13] Bien évidemment, il s'agit ici de l'islam sunnite, et non ce à quoi nous assistons, à titre d'exemple, en islam chiite où la religion a été instrumentalisée selon l'idéologie politique.
[14] On a recensé pas moins de cent cinquante savants victimes de l'accusation d'apostasie, et ce juste pour des raisons politiques. Citons-en l'imam Amidi, l'un des plus éminents savants du rite Chafaïte, auteur de إحكام الأحكام في أصول الأحكام، ; ou encore l'imam Balkini.
[15] Ce qui n'est pas nouveau en islam, bien répandu même depuis l'avènement de la dynastie omeyyade. Ainsi a-t-on connu nombre de savants religieux spécialisés dans l'instrumentalisation de la religion aux fins politiques. Cf., supra, la note n° 3 de la première section.
[16] Il est aussi l'auteur de الفكر المقاصدي و قواعده وفوائده et من أعلام الفكر المقاصدي.
[17] Il compte nombre d'ouvrages et d'opinions jurisprudentielles que certains des savants musulmans conservateurs considèrent contraires à ce qu'ils interprètent comme consensus du Coran et de la Tradition. Citons, entre autres : جواز إمامة المرأة الرجال  et تجريد البخاري ومسلم. Il est décédé en début de cette année 2013.
[18] Il regroupe un certain nombre de penseurs et docteurs de la loi, dont docteur Mohamed Salim AlAwa.
[19] Or, la contrainte annule les agissements, les tractations et les droits civiques terrestres; ainsi, il n'est nul mariage sous la contrainte ou sans la possibilité du divorce et le moyen d'en défaire le lien. Comment donc l'accepter pour ce qui est le plus important dans la religion et dans la vie, à savoir le credo ? 
[20] Cf. Mouslim. Voici, au reste, la totalité de la tradition en une autre version : "Selon Abi Saïd alkhodriï, que Dieu l'agrée : l'Envoyé de dieu, que le salut de Dieu soit sur lui, a dit : Ô, Aba Saïd, celui qui agrée Dieu en seigneur, l'islam en foi et Mohamed en prophète et envoyé divin ne rate point le paradis. Abou Saïd apprécia la parole et dit : Répète-la-moi, ô Envoyé de dieu ! Et il le fit. Dans une version autre, on a : (il goûtera l'ambroisie de la foi)."      

Publié sur Al Huffington Post
en deux parties (6/7 et 7/7