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mardi 23 décembre 2014

Bécopolitique, inclusivité politique 1

Caïd Essebsi à Carthage : la révolution par le haut



L’entrée à Carthage de M. caïd Essebsi est loin d'être un retour en arrière ou des retrouvailles mythiques avec un ancien régime mort et enterré. En effet, l'ordre ancien relève d'un paradigme saturé et il est en phase de remplacement par le paradigme nouveau qu'impose notre époque postmoderne.

Aussi, le nouveau président ne peut que relancer la révolution tunisienne une fois débarrassée de la logomachie faussement progressiste qui était véritablement un retour en arrière,  car rompant avec les acquis de la société tunisienne.

La situation de la Tunisie profonde observée sociologiquement en son inconscient collectif commande d’approfondir les réformes tous azimuts. Outre les aspects purement politiques, comme la décentralisation et la pacification du pays, voici une palette d’actions nécessaires dont on ne parle pas.

Un ordre amoureux ou la « bécopolitique »

Mon expérience d'accompagnement de l'Alzheimer m’a amené à forger le néologisme de « bécothérapie », proposant cette méthode alternative à la prise en charge chimique ayant prouvé sa nocivité.*

Forgé à partir du terme familier « bisou », elle est basée sur la thèse la plus crédible approche de la soi-disant maladie d'Alzheimer privilégiant une approche humaniste, une culture des sentiments.

Or, il existe aussi un Alzheimer politique qui nécessite un traitement similaire : une thérapie du bécot. Elle ne peut prendre place que dans le cadre d'une pratique politique relevant d'un ordre juridique amoureux et non plus juste répressif en matière des droits et des libertés, privilégiant donc les solutions d'humanité.  
 
Les horreurs agitant le monde et menaçant la paix et le mode de vie paisible en Tunisie, imposent paradoxalement qu’on anticipe le nouveau paradigme en gestation fait de communions émotionnelles et d’une célébration des affects.

Une inclusivité sociale

On parle de plus en plus d'inclusivité, mot dérivant de la notion d'inclusion sociale qui est le contraire d'exclusion, supposant une action constante tendant à impliquer tous les individus sans discrimination aucune, quelle qu'elle soit.

Propagée particulièrement dans les milieux luttant contre les discriminations liées au genre ou à l'orientation sexuels, la notion d'exclusivité gagne à avoir aujourd'hui une dimension réelle en Tunisie, allant bien au-delà de l'affichage en s'incarnant dans des mesures tangibles.

À cet égard, le candidat Essebsi a été perspicace en manifestant son intention de réformer la loi inique sur les stupéfiants. C'est déjà un pas dans le bon sens qu'il importe de faire le plus audacieux possible, en ne se contentant pas d'un  toilettage a minima de la loi, mais en osant aller dans le sens des recommandations de l'ONU qui conseille la dépénalisation de la consommation en vue d’une plus grande efficacité de lutte contre le trafic, seul vrai fléau en la matière.

Mais la loi sur les stupéfiants n'est pas la seule loi scélérate de l'ancien régime à abolir; elle fait partie d'un ensemble de textes qui violent les droits humains et qui sont également, sinon à abolir immédiatement, du moins à faire l’objet d’un moratoire à leur application, autorisant les juges dans l'interprétation des textes de s’inspirer des acquis du droit international comparé.

Pour une politique éthique

Pour y arriver, il et impératif de rompre avec la marque majeure de la politique actuelle sclérosée par un excès de formalisme, qui fait que le droit manque ses visées par excès de juridisme. Or, on ne le sait que trop bien, l'excès de justice entraîne un excès d'injustice : summum jus summa injuria.

La politique ne peut plus se faire à l'antique où l’on simule la force du lion et l’on se dissimule avec la ruse du renard. La fin du monde ancien est une faim d'un monde nouveau où le besoin est irrépressible du retour de la conscience en politique devant être d'abord et avant tout éthique, ce que je qualifie de « poléthique ».

En Tunisie, comme dans le monde, cela signifie le retour à la spiritualité afin de sortir de la dégénérescence de la religiosité. Or, la Tunisie est une terre ardente où le soufisme a des racines solides ; aussi cela serait un atout majeur pour limiter la division flagrante qu'illustrent les élections entre une côte et un nord ouvert à la modernité et l'intérieur du pays, avec le sud notamment, tenant à la tradition.

Une alchimie est donc impérative entre modernité et tradition ; et c'est le propre de la postmodernité qui est la synergie entre le technologique et l'archaïque. Aussi, la Tunisie pour réussir est appelée à renforcer sa postmodernité dont elle est déjà une expression basique.  
  
Pour une diplomatie innovante

La révolution par le haut soit s'étendre aussi au plan international, redorant le blason de la diplomatie tunisienne. Quelle meilleure façon de le faire que de revenir à la sagesse du visionnaire Bourguiba appelant à la normalisation des relations avec Israël ?

Une telle révolution s'insérera dans le cadre d'une stratégie d'ensemble, un package comme disent les diplomates, ayant pour but le rétablissement d'une paix juste et durable en Palestinepar le retour à la légalité internationale incontournable du partage de 1947.

Et comme cela ne saurait se faire nonobstant l'état actuel de la Méditerranée, la nouvelle diplomatie tunisienne ciblera la Méditerranée avec le projet de création d'un espace de démocratie méditerranéenne pour une future  aire de civilisation.

Cela se déployer en deux temps : un court, supposant la liberté de mouvement pour le citoyen mature de Tunisie en transformant le visa actuel en visa biométrique de circulation. Et un long terme postulant l'adhésion de la Tunisie et du Maroc à l'Union européenne. Rappelons ici que l'UE s'étend déjà au Maghreb, physiquement avec les présides de Ceuta et Melilla et économiquement et culturellement avec sa quasi-dépendance de l'Europe.

Ainsi continuera par le haut la rêve-olution tunisienne, prouvant n'être pas qu'une simple songerie, rejoignant l'imaginaire populaire qui rêve de dignité au diapason de son sentiment d'être d'abord et avant tout un citoyen du monde.


* cf. mon essai : Guérir l'Alzheimer. Manifeste hors poncifs. L'Hamrattan, 2012.

Publié sur Al Huffington Post