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mercredi 20 janvier 2016

Diplomatie poléthique 3

Quelle politique étrangère pour la Tunisie ?




La Tunisie a enfin un vrai diplomate, talentueux qui plus est, pour diriger sa politique étrangère. C'est tant mieux après les errements de ces dernières années. C'est que la diplomatie est au plus bas et elle a besoin de sortir de sa léthargie.

Or, outre le talent, il faudra au nouveau ministre le nécessaire courage d'aller à l'encontre du dogmatisme mortifère dans lequel baigne la politique non seulement en Tunisie, mais aussi dans le monde. Ce dont ne manque pas M. Jhinaoui, assurément.

Passons en revue ce qu'il aura à affronter en termes de bienpensance afin de faire de la politique étrangère tunisienne une diplomatie innovante, quasiment enchanteresse, renouant avec son passé prestigieux. Il s'agit des tabous qui défigurent la diplomatie tunisienne.

Ce ne sont que des linéaments d'une nouvelle future politique étrangère pour la Tunisie (1) que le talent propre du diplomate chevronné enfin à la tête de la diplomatie tunisienne saura assurément enrichir d'une adresse avérée afin de renouer avec l'âge d'or de la diplomatie tunisienne en mesure d'aider celle d'Occident à se débarrasser de son dogmatisme intégriste actuel. (2)

Tabou de la normalisation des relations avec Israël

Le premier de ces tabous est bien évidemment celui qui rappelle ce boulet qu'on veut faire traîner au nouveau ministre, la question de la normalisation avec Israël du fait d'un épisode de sa carrière dont il n'est nullement responsable, ayant été affecté à un poste et en agent discipliné de l'État devant s'y plier.

Cette question a été d'ailleurs évoquée lors de sa nomination et, comme d'habitude, nos politiques ont joué à l'autruche, éludant la question de la nécessité de la normalisation des rapports de la Tunisie avec Israël. (3)

Jusqu'à quand va-t-on continuer à ignorer cet État qui tire force de notre méconnaissance de sa réalité pour ignorer les doits légitimes des Palestiniens à un État, jumeau monozygote de l'État d'Israël ? C'est en reconnaissant Israël sur la base de la légalité internationale, celle du retour au partage de 1947, qu'on l'amènera à reconnaître son double, car son acte de sa naissance est dans le même temps celui de l'État de Palestine.

C'est donc en refusant d'établir des rapports normaux avec Israël qu'on dessert les droits légitimes des Palestiniens, et non le contraire; car ne pas reconnaître Israël lui donne l'argument massue pour ne pas reconnaître l'État de Palestine.

Doit-on continuer à faire commerce de la cause de Palestine pour de basses raisons de politique intérieure dont l'intérêt n'est pas si évident, la majorité des Tunisiens ne voyant pas d'inconvénient à la normalisation ? N'est-il pas temps de mettre en application la vision juste de Bourguiba en cette affaire en vue d'aider à une paix qui soit juste, car réactivant la légalité internationale ?

Tabou de la libre circulation des Tunisiens

Le second tabou auquel M. Jhinaoui aura à s'attaquer est celui du droit des Tunisiens à la libre circulation comme manifestation concrète de leur maturité politique et acquis majeur de leur révolution.

Le monde a changé et il n'est plus sérieux de continuer à accepter l'ineptie des frontières comme parade à l'immigration clandestine; car c'est leur fermeture qui la crée, justement. Sans parler des drames qu'elle occasionne, ayant fait de notre mer commune un charnier.

Il n'est plus possible pour la diplomatie tunisienne d'accepter d'être complice de ce que la maire de Lampedusa a qualifié d'holocauste moderne. La politique criminogène de l'Union européenne doit être revue en étant axée sur l'outil sûr et respectueux des réquisits sécuritaires qu'est le visa biométrique de circulation. 

Tabou de l'adhésion de la Tunisie à l'Union européenne

Un projet de mémorandum (4) à adresser à l'Union européenne a déjà été proposé à nos diplomates pour une  nouvelle donne en Méditerranée; que M. Jhinaoui invite ses services à en tenir compte.

Il appelle au recours au visa biométrique de circulation contre les drames de la politique migratoire afin d'initier un espace méditerranéen de démocratie (5) dont la Tunisie sera le premier jalon.

Cet espace devrait ouvrir la voie à l'adhésion de la Tunisie, et du Maroc pour le moins, à l'Union européenne qui est déjà présente au Maghreb, non seulement du fait de la structure des rapports économiques et financiers euro-maghrébins, mais aussi par les présides de Ceuta et Melilla, partie intégrante de l'Europe, faisant ipso facto du Maroc, et forcément de la Tunisie également, une partie de l'Europe ainsi que l'a relevé Hegel au demeurant. 

Une telle option doit entrer dans le cadre d'une action pour une aire de civilisation en Méditerranée (6) relevant du package impliquant, en première manifestation, la libre circulation et la reconnaissance de l'État d'Israël. 

C'est une fatalité et il sera de l'honneur de notre diplomatie de le rappeler et d'y agir en renouant avec le génie de son fondateur, Habib Bourguiba ! (7)

Tabou de l'effacement de la dette de l'ancien régime

De telles perspectives bénéfiques pour la paix en Méditerranée et dans le monde sont fonction  du degré du courage politique chez à la fois nos diplomates et ceux d'Occident.

Ces derniers ont de plus le devoir de veiller sérieusement à la réussite du long processus de démocratisation dans le pays qui ne pourrait advenir que si la Tunisie bénéficie d'une sorte de New deal de leur part consistant en l’effacement de la dette scélérate de l'ancien régime et de celles contractées après la révolution afin d'assurer son décollage.

N'est-ce pas par le plan Marshall que l'Europe, au sortir de la seconde hécatombe mondiale, a retrouvé la santé ? La Tunisie ne pourra retrouver la sienne que par un engagement honnête de la part de l'Occident en faveur de son entrée dans le concert des nations évoluées. Or, assurément, ne manifestera cela que l'effacement de la dette de l'ancien régime, pour le moins! (8) 

NOTES

(1)

(2)

(3)

(4)

(5)

(6)

(7)

(8)


Publié sur Al Huffington Post