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lundi 9 février 2015

Libre Méditerranée 5

Tunisie Nouvelle République, Apple de la politique ?



  
On parle bien à tort de seconde République tunisienne alors qu'il n'y avait pas eu de véritable République avant, sauf durant les premières années après l'indépendance, avant que le régime de Bourguiba ne vire en autocratie, assez vite transformée en monarchie républicaine par la suite.

Aussi, si l'intention de nos décideurs est effectivement de vouloir ériger dans le pays un véritable État de droit, on devrait plutôt parler de Nouvelle République ; sinon, la seconde République ne serait qu’une continuation des travers de la première, une fausse République !

Un nouvel ordre des choses

Notre classe politique doit de plus prendre conscience que la Tunisie est parfaitement en mesure d'écrire l'histoire de la pratique, et même du fait politique en général. Pour cela, il lui faut oser quitter les sentiers battus que les tenants de l'ordre d'un monde périmé veulent lui faire reproduire.

Il s’agit des chefs de ce qui n’est désormais que l’ancien monde et qui y tiennent malgré tout, refusant que la Tunisie entrevoie pratique chez elle un nouveau cours politique en phase avec l'ordre des choses mondial dont les contours se précisent.

Il est clair que le paradigme de la modernité classique est saturé; une postmodernité est en train de se mettre en place avec ses exigences dont, entre autres, une plus grande place à donner à l'éthique, la spiritualité, l'humanisme et la solidarité. C'est ce que je résume par le néologisme de mondianité. L'une de ses manifestations les plus concrètes est la libre circulation humaine, les frontières interétatiques actuelles relevant du monde fini.

En effet, en un univers devenu un immeuble planétaire où tout circule à la vitesse de la lumière, on ne peut plus accepter une telle liberté pour les marchandises tout en la déniant à leurs créateurs, les humains.


Les nouvelles autorités qui reçoivent ce vendredi Madame Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, seraient bien inspirées de lui rappeler de telles vérités tombant sous le sens. 

Un cours nouveau en Méditerranée

En la matière, la Tunisie dispose d'une communauté expatriée concentrée pour l'essentiel en Europe où elle demeure réduite en nombre et en problèmes, étant également mature et pleine de talents et de promesses.

Or, le nombre de clandestins en son sein limité forcément autorise de servir d’échantillonnage grandeur nature afin d’entrevoir la nouvelle forme de circulation en matière de politique migratoire qui s'impose à l'Europe et au monde.

Celle-ci consiste à essayer le mécanisme du visa biométrique de circulation, respectueux des réquisits sécuritaires et du droit de l’Homme à circuler, et ce comme solution intermédiaire de pratique de la libre circulation avant l'ouverture totale des frontières, une inéluctabilité à court ou à moyen terme.
           
L'Union freine cependant des quatre fers pour ne pas devoir changer sa politique migratoire inepte, bien que devenue criminogène. Aussi, appelant à une espace de démocratie méditerranéenne qui sera un espace de libre circulation entre démocraties — et la Tunisie en est une désormais —, la diplomatie tunisienne se doit de montrer à l’Europe le chemin de l'innovation qui sera dans l'intérêt de notre mer commune.

Espace de démocratie méditerranéenne

Faut-il, pour ce faire, que les responsables tunisiens soient déjà assez conscients de leur capacité à innover et de l'originalité d'une telle capacité relevant de ce génie tunisien appelé tunisianité.

Ils pourraient le faire en songeant à l'exemple d'Apple qui a apporté un esprit nouveau en informatique et qui, malgré de très durs coups reçus, a réussi à résister aux géants du monde PC en leur taillant des croupières avec son génial Macintosh.

Ce fut en 1976 que la saga Apple a commencé dans le garage de deux génies, dont le regretté Steve Jobs. Et c'est en 1984 qu'apparut le Macintosh pour que la liste d'innovations ne s'arrête plus, malgré la grave crise des années 90, comme l'iMac, l'iPod ou l'iPhone.

Ainsi le géant de Cupertino a-t-il contribué à démocratiser la micro-informatique, populariser une interface graphique révolutionnaire et à rendre l'informatique à la portée de tous, un véritable jeu d'enfant. Aussi, jusqu'à aujourd'hui, le Mac continue d’innover, obligeant l'univers PC, mené toujours par le géant du logiciel Microsoft, à s'adapter en le copiant.

Que la Tunisie soit donc comparable à Apple en politique, n'hésitant plus à innover, révolutionnant la pratique politicienne pour le bonheur du monde. Qu'elle commence à le faire en renouant avec la politique visionnaire de Bourguiba pour le Moyen-Orient en ne tardant plus à établir de relations avec Israël sur la base du retour a partage de 1947. Qu'elle propose aussi son pendant occidental à une telle politique méditerranéenne, un nouveau cours à donner à ses rapports avec l'Europe à l’occasion des négociations pour un prétendu partenariat de la mobilité.

Celui proposé par l'Union européenne est à rejeter, car ne faisant que bétonner l'actuelle immobilité ; il n’est donc que temps d'entrevoir une véritable mobilité avec l'instauration du visa biométrique de circulation dans le cadre d'une initiative tunisienne originale que serait l'appel à l'espace de démocratie méditerranéenne.


La Tunisie le ferait-elle lors de la visite de Madame Mogherini ? Alors, la Nouvelle République serait en mesure d’être l’Apple de la politique !

Publié sur Al Huffington Post
Le site a fermé, le lien fonctionnel était :
http://www.huffpostmaghreb.com/farhat-othman/tunisie-nouvelle-republiq_b_6664620.html