2017 : année d’abolition de l’homophobie en islam ! Que les militants maghrébins proposent ce projet de loi : en Tunisie (en arabe, en français) et/ou au Maroc (en arabe, en français) !

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dimanche 19 février 2017

Poléthique pratique 7

Ce n’est pas la peine de prison qu’il faut annuler, M. Chahed, mais la pénalisation du cannabis!



M. Youssef Chahed, chef du gouvernement, en visite, le 18 courant, au centre Amal de désintoxication de Jbal Ouest, dont il a annoncé la réouverture  après réaménagement, a évoqué la honteuse loi 52 de la dictature.

Or, il n’a fait qu’insister sur l’importance de la changer au lieu d’oser dire qu’il fallait l’abroger impérativement, étant symbolique de la nature dictatoriale du régime déchu et cette arme scélérate dont on continue d’user pour harceler les jeunes innocents.

Une pénalisation immorale et contreproductive 

Le chef du gouvernement est pourtant jeune et doit comprendre les revendications de la jeunesse de son pays d'autant plus qu'il ne manque ni d'intelligence ni d'ouverture d'esprit.

Ainsi, quel intérêt d'éviter la peine de prison pour seulement les consommateurs la première fois, se limitant à faire semblant d'aller dans le sens de la jeunesse alors qu'on continue à ne pas la comprendre ?

Car maintenir la pénalisation de cette drogue douce, c'est continuer à brimer les jeunes; c'est aussi donner licence pour le faire aux agents de l'ordre.

Certes, M. Chahed  prétexte le maintien de la pénalisation par le motif de  protéger les jeunes; or, la meilleure protection est aujourd’hui la dépénalisation du cannabis et la concentration de tous les efforts des autorités à lutter contre les trafiquants.

Par ailleurs, il a été amplement prouvé que le cannabis et intrinsèquement  moins nocif que le tabac; que ne commence-t-on par interdire le tabac qui n'a même pas les vertus thérapeutiques connues du cannabis si l'on n'ose dépénaliser ce dernier ?

Aujourd'hui, les experts du monde entier sont unanimes quant à l’absolue nécessité de dépénaliser une drogue pour laquelle la dépendance est quasiment inexistante pour une consommation épisodique, ce qui est le cas de nos jeunes.

Et ils le sont aussi sur le fait que c'est la pénalisation qui encourage le trafic tout en augmentant le danger pour les consommateurs, car les trafiquants altèrent le produit de base avec des additifs néfastes pour la santé. Aussi, autoriser le cannabis, c'est bien protéger la santé et non le contraire !

Rappelons qu'un projet d'amendement du projet gouvernemental existe;* que les démocrates s'en saisissent !

Libérer les prévenus et dédommager les victimes 

Enfin, pourquoi se limiter à demander d’accélérer le vote de la réforme sans  inviter le ministre de l'Intérieur à ordonner à la police de ne plus donner des suites judiciaires aux constats de pure consommation et de non habitués ? C'est pourtant ce qu'il importe de faire en urgence afin d'éviter de nouveaux drames inutiles comme le dernier de Siliana.

Pourquoi ne pas interdire de déférer au parquet les jeunes pris en flagrant délit d’usage du cannabis en demandant aux policiers d’essayer d’écouter ces jeunes pour vérifier s'ils méritent bien la relaxe, leur usage du cannabis ne relevant pas de la toxicomanie ?

Et pourquoi ne pas libérer déjà tous les prévenus ? Ce n'est pas parce qu'une loi n'est pas encore votée qu'on n'est pas habilité à en appliquer l'esprit par anticipation. Il ne faut pas faire du juridisme en donnant au principe de non-rétroactivité un prolongement qui interdirait tout effet anticipé dans l'attente d'un texte non formalisé, en application de son esprit avéré.   

Pour terminer, osons interpeller le chef du gouvernement d'un point de vue de pure éthique :

Monsieur Chahed, tout le monde convient que  la loi 52 sur le cannabis est une loi scélérate, ayant condensé à l'égard de la jeunesse une forme hideuse du régime de la dictature.

Pourquoi ne pas, non seulement l'abolir purement et simplement, mais aussi faire le geste moral de  dédommager les innocentes victimes d'un tel texte scélérat. Nombre de vie de nos jeunes ont été détruites par cette loi hideuse.

Or, on a vu, après la révolution, la plupart des opposants au régime déchu obtenir dédommagement pour des faits bien plus graves et pas seulement de nature strictement politique.

Pourquoi donc ne pas décider un pareil dédommagement en faveur des jeunes innocents dont la vie a été brisée pour un malheureux joint du fait de cette terrible loi de la dictature ?

C'est bien faire preuve d'éthique et de courage en politique outre que de justice à l'égard de ces jeunes qui étaient tout autant des persécutés de la dictature que les islamistes, par exemple !

Publié sur Al Huffington Post