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vendredi 15 novembre 2013

Tunisie, un pays zawali 5

L'illusion CPR
ou
lettres d'adieu au CPr



Aujourd'hui, après une année d'observation méthodique et d'initiatives aussi motivées que répétées pour renouer avec l'esprit historique d'un parti qui se voulait fondamentalement humaniste, je dois à la vérité de dire que le CPR est une illusion. L'intuition du militant Moncef Marzouki de militer pour un islam politique apaisé dans une nouvelle République en Tunisie n'a pas résisté aux exigences, fausses et vraies, du pouvoir.
Le CPr actuel est juste un corps sans vie. Or, comme je crois à l'éternité de l'âme, je n'entends pas rester au sein d'un corps délaissé par son âme, et qui semble même se muer en zombie manipulé par un envoûteur machiavélique.
L'esprit d'origine du CPR vit désormais hors de sa momie actuelle; et c'est cet esprit que je continuerai à servir. Car je ne crois pas à la politique de la haine et de l'exclusion, mes valeurs sont l'humanisme et l'oecuménisme.
Je milite pour une politique compréhensive qui fait la culture des sentiments et du meilleur en l'homme pour un ordre amoureux en Tunisie Nouvelle République. Et cet amour est celui du peuple nonobstant ses différences toutes tendances confondues.
Voilà l'esprit d'origine du vrai CPR perdu chez l'actuel CPr !  

Ci-après donc mes ultimes lettres sur une illusion nommée CPR.

1 / Lettre aux adhérents

Fidèle aux valeurs d'origine, je reste; mais hors du CPr !

Chers amis,

Il y a une année, presque jour pour jour, j'adhérais au CPR. Et je tenais à vous dire que je ne renouvellerai pas mon adhésion à ce qui n'est plus que le CPr.
En cela, je reste en parfaite harmonie avec ce que j'ai toujours dit et fait.
En effet, dès le premier jour, j'ai affiché mes idées, discutant même de certains sujets tabous, référant à mes convictions et mes articles affichés et publics.
Je ne venais pas au CPR masqué comme certains ou avec des intentions ou ambitions personnelles comme tant d'autres : mon adhésion était sur les valeurs censées être celle du parti. C'était ma seule motivation dès le départ et jusqu'à la fin, quoi que puissent dire les mauvaises langues qui ne manquent jamais et dont médire est une façon chez eux de se valoriser ou occulter leur médiocrité en termes de valeurs humanistes.
Depuis, je n'ai eu de cesse, au risque des inimitiés inévitables des dogmatiques et des profiteurs, de militer pour ces valeurs au sein même du parti où je ne manquais aucune occasion pour rappeler que je me situais dans le sillage de ce que je nommais canal historique, et que je relevais de ses valeurs d'origine.
Au bout d'une année de militantisme vrai pour l'esprit qui était celui du CPR — cet humanisme qui lui a valu la confiance de nombre d'électeurs —, je suis obligé de constater que le CPR d'origine n'est plus.
J'ai longtemps refusé de prendre sa léthargie pour une mort et gardé espoir que le corps inanimé revive. Mais ce corps est sans vie, à peine une momie donnant l'illusion de la vie.
Force m'est de constater, aujourd'hui, qu'il n'y a qu'un CPr, un parti coulé dans le moule de la fausse république héritée de la dictature et qui ne fait plus rien pour la refonder comme le voulait et le disait son créateur.
Le CPr actuel s'est progressivement vidé de ses militants sincères qui croyaient aux principes historiques d'un parti se voulant au-dessus du conformisme ambiant, préférant le coeur des Tunisiens aux privilèges du pouvoir et agissant en vue de changer la Tunisie pour le meilleur et non en violant tout ce qui fait son essence.
Au prétexte qu'il entendait aider le parti islamiste majoritaire à évoluer vers un islam démocratique et humaniste, il a conclu une alliance qui est devenue un carcan, le vidant de son âme, lui dictant sa politique.
Je sais qu'il demeure encore quelques irréductibles — comme je le suis resté jusqu'au bout — qui continuent de croire possible le retour du CPR, le vrai. Mais, ils finiront par déchanter quand ils réaliseront que le CPr actuel a aliéné sérieusement sa liberté de décision politique au point de perdre tout espoir de renaître à la vie libre et libertaire de ses débuts. Ce que prouve sa politique ces derniers temps, et notamment durant la crise actuelle où il aurait pu privilégier — ainsi que le lui impose sa devise même — l'intérêt suprême de la patrie sur celui du pouvoir.   
Bien évidemment, les valeurs que portait le CPR avant d'être ainsi défiguré restent plus que jamais valables et d'actualité; il y a juste ce fait incontestable qu'elles ne peuvent plus renaître dans le CPr actuel. Celui-ci finira d'ailleurs par rallier la maison mère de sa présente équipe dirigeante, qui fait du tort à la fois à l'islam et à la Tunisie.
Certains anciens du CPR ont pensé redonner la vie en créant d'autres partis, mais ils ont emporté avec eux un dogmatisme et un manichéisme appris au sein du CPr et ils ne donnent qu'une représentation pâle, sinon caricaturale, de son humanisme et oecuménisme d'origine.
Pour ma part, je reste fidèle à ces valeurs que je qualifie d'islam postmoderne; aussi, je continuerai mon combat pour elles hors du CPr et hors de tous les partis de la scène politique actuelle qui restent en deçà de ce que demande la situation et  commande le peuple.
Dans cette ultime lettre, je présente mes amitiés aux militants humanistes authentiques qui sont encore dans le parti et mes compliments aux autres pour avoir réussi à transformer ce qui était une véritable promesse pour la Tunisie démocratique en un parti godillot de l'islam caricaturé et caricatural de Nahdha.
L'histoire témoignera de qui a raison, servant la Tunisie éternelle et son peuple vaillant, et qui a tort, se servant d'une fausse Tunisie prétendue conservatrice aux dépens d'un peuple intelligent, voulu ignare.
Adieu, les amis; le vrai CPR n'est plus; ce ne fut qu'une illusion, hélas ! Mais ses valeurs originelles restent bel et bien dans les coeurs.

2 /  Lettre au secrétaire général du CPr

Quel est le rôle du vrai CPR, M. Imed Daimi? N'est-ce pas de passer de "c'est eux OU nous" à "c'est eux ET nous" ?


Monsieur le Secrétaire général,

Je vous ai entendu à Médenine, récemment, parler de "qui a tué qui", dénonçant les "résidus" et les "suppôts" de l'ancien régime; et je vous avoue que je n'ai pas reconnu dans de tels propos haineux l'esprit du parti auquel j'ai adhéré.
Vous avez été au-delà des principes de tolérance et d'amiable composition que votre parti se donnait pour rôle afin de raisonner les protagonistes politiques au nom de l'intérêt du peuple souverain, seul devant primer.
Certes, vous avez parlé en son nom du peuple; mais êtes-vous sûr qu'il approuve tout ce que vous avez dit?
Vous mettez tous vos adversaires dans le même sac, insistant sur le fait que le peuple tunisien refuse le projet politique de l'opposition au pouvoir; mais en êtes-vous sûr?
En tant que secrétaire général d'un parti qui privilégie et protège la diversité, vous savez pourtant que notre peuple est multiple, et s'il ne se  reconnaît certes pas nécessairement dans toute l'opposition politique actuelle, il n'approuve pas pour autant ni totalement l'équipe gouvernante.
Si les forces dans l'opposition ne sont pas toutes pour les idéaux de la révolution, elles ne sont pas pour autant contre-révolutionnaires dans leur ensemble ainsi que vous les qualifiez, anathémisant tous ceux qui ne sont pas de votre bord comme le ferait un ayatollah.
Or, s'il est un parti qui se doit justement d'éviter une pareille rhétorique, n'est-ce pas le CPR selon ses principes historiques?
Vous dénoncez la gauche opportuniste oubliant qu'elle ne l'est pas nécessairement dans sa globalité et, en tout cas, elle n'est pas la plus coupable d'opportunisme, vos partenaires au pouvoir l'étant tout autant sinon davantage.
Cette gauche ne représente-t-elle pas certaines des exigences du peuple, comme la solidarité sociale, bien mieux que vos partenaires de Nahdha et du Takattol, ces libéraux dans l'âme? Au demeurant, le CPR ne se classe-t-il pas volontiers au centre gauche de l'échiquier politique? Où est passée sa fibre populaire?
Le CPR historique n'est-il pas pour la souveraineté économique de la Tunisie et pour un modèle de développement social et distributif? N'est-il pas en cela plus proche du Front populaire que vous vouez aujourd'hui aux gémonies que vos partenaires au pouvoir?
Qui a donc compromis l'indépendance du pays avec un prêt honteux l'amenant à passer sous les fourches caudines des institutions financières internationales? N'est-ce pas le gouvernement, auquel votre parti participe, et qui impose des restructurations économiques draconiennes dont on voit les premières manifestations dans le futur budget appelé à faire encore plus souffrir les plus pauvres de nos concitoyens?
Qui use de l'arsenal liberticide de la dictature limitant encore plus les libertés au pays? N'est-ce pas le gouvernement auquel vous appartenez? Qui cherche à profiter à fond du pouvoir et placer ses supporters à tous ses rouages pour ne plus le quitter? N'est-ce pas votre grand partenaire prétendant se réclamer de l'islam et qui ne fait que le caricaturer?  
Aujourd'hui, plus que jamais, on a besoin en Tunisie d'un porte-parole du peuple qui dise la vérité et qui n'use ni de langue de bois ni de manoeuvres politiciennes.
Le CPR se devait de délaisser sa stratégie stérile de partenariat avec Nahdha et qui était en fait un alignement sur ce parti, un partage de tâches laissant la part belle au parti islamiste : à celui-ci de donner les dehors lisses et apaisants et au CPr de jouer aux boutefeux. À ce jeu double, c'est la morale qui est sacrifiée et son âme que perd le CPR. Mais a-t-il encore une âme?
Je ne le crois pas, et c'est pourquoi je vous annonce que je viens de dire aux amis adhérents que je ne renouvellerai pas mon adhésion au CPr actuel.
Je ne reste pas moins fidèle aux valeurs portées à l'origine par le parti qui se voulait humaniste et universaliste dans son combat pour les valeurs des droits de l'Homme. Mais c'est désormais en dehors de ce qui n'est plus que la pâle copie du parti historique auquel j'avais adhéré.
Et pour revenir à la question sur laquelle vous avez prétendu débattre à Médenine, je vous dirais que vous n'y avez pas donné la bonne réponse du fait que la question était mal posée. Ne fallait-il pas plutôt demander : pourquoi vouloir se tuer les uns les autres? Et comme réponse, n'auriez-vous pas pu dire, à défaut de le faire :   il nous faut passer de la règle meurtrière actuelle du "c'est eux OU nous " à la seule pour laquelle le CPR doit militer au vu de ses principes fondateurs : "c'est eux ET nous". 
C'est mon credo, et il le reste hors du parti comme il l'a été, en vain, en son sein.
Oui, vous me diriez que la situation au pays est trouble et les ennemis de la révolution sont nombreux, les nostalgiques de l'ancien régime agissant dans l'ombre pour le retour de la dictature de leur chef de file.
Cet argument aurait été crédible s'il ne justifiait nombre d'arrière-pensées. Et j'y réponds en disant que, d'une part, il ne sert à rien de remplacer une dictature par une autre; car la banalisation actuelle du mal est une nouvelle benalisation du pays sous de faux atours islamistes.
Ensuite, j'ajouterais que le peuple tunisien n'acceptera plus aucune dictature, ni laïque ni religieuse; il ne lâchera plus sa liberté obtenue de haute lutte et de ses propres mains nues sans le concours des partis dont il se passera volontiers.
Enfin, je vous inviterais vivement à moins de manichéisme, car s'il est des barbouzes et des menées maffieuses attentant à la stabilité de notre pays, cela n'est certainement pas le fait d'un seul bord.
J'avais souhaité que le CPR, fidèle à sa vocation historique, fût le parti juste de voix et de voie; il ne l'est plus hélas ! Aussi, je vous laisse à votre sentier cultivant la haine et l'exclusion, car le mien, plus en phase avec les valeurs de notre religion, est pour la culture des nobles sentiments humains. Il est un véritable humanisme universaliste.
Il est temps de se libérer des relents d'un passé d'ignominie ! Un militantisme actif pour l'apaisement dans le pays doit privilégier une justice authentique enfin mise en place, reconnaissant leurs droits à tous ceux qui ont souffert et souffrent encore d'injustice, mais n'ôtant à personne les leurs. Ainsi agira-t-on sincèrement pour une République de justice pour tous, où la politique est justesse en tout.
Les valeurs de l'islam authentique, et non tel qu'il est caricaturé par les dogmatiques de Nahdha, devraient aider à ce saut qualitatif pour le futur démocratique et révolutionnaire de la Tunisie.
C'est cette voie qui reste la mienne, loin de celle où s'est fourvoyé le CPr en oubliant ses valeurs originelles, confirmant de la sorte que l'intuition initiale de son fondateur — un militant avéré des droits de l'Homme, pourtant — ne fut qu'une illusion.