2017 : année d’abolition de l’homophobie en islam ! Que les militants maghrébins proposent ce projet de loi : en Tunisie (en arabe, en français) et/ou au Maroc (en arabe, en français) !

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vendredi 18 avril 2014

Une Tunisie soufie 4

L'homosexualité n'est pas interdite en islam



En illustration de la religion de l'État civil que nous appelons de nos vœux, nous livrons ici la lecture authentique de l'islam de la question de l'homosexualité, l'abordant hors la tradition judéo-chrétienne marquant le droit musulman.

Nous avons démontré qu'il n'est nulle interdiction de l'homosexualité en islam pur. Ce fut dans un long article sur internet, disponible sur mon blog, et récemment édité au Maroc, chez Afrique Orient, dans le cadre d'une série entendant réformer l'exégèse de notre religion.

Nous l'avons prouvé avec force arguments scientifiques et religieux, appelant à revenir à une saine interprétation de l'islam pour en saisir l'essence démocratique et humaniste, admirablement incarnée par le soufisme des origines.

Une thématique clé

Le choix d'une telle thématique n'est pas innocent; outre le fait d'oser parler d'un sujet tabou, soigneusement tu, il pointe l'archétype du rejet d'autrui, la stigmatisation de l'autre, sexuellement hérétique. Or, l'acceptation du différent est inévitable en démocratie, condition sine qua non du vivre-ensemble.

C'est aussi un sujet transcendant les courants politiques, nombre de démocrates ne cachant pas leur homophobie ou la cachant mal, tandis que certaines tendances supposées traditionalistes osent y voir la manifestation souveraine d'une vie privée relevant de la liberté tant qu'elle est dans l'intimité, hors domaine public. 

C'est surtout une des matières où l'on voit la survivance en islam de croyances étrangères ayant une forte coloration judéo-chrétienne, alors que l'islam a eu, en la matière, une attitude novatrice, en rupture avec la morale de l'époque.

Le plus aberrant est qu'au moment où les peuples d'Occident abandonnent les travers liberticides de leur tradition religieuse à la faveur de la sécularisation des mœurs et de la démocratie, on la retrouve dans une religion dont les tenants prétendent vouloir la démocratie.

Le Coran ne prohibe pas l'homosexualité

Dans le Coran, il n'est nulle prescription condamnant une telle pratique du sexe. Il n'y est question que de récits relatifs aux gens de Loth; or, un récit ne fait pas loi. Pourtant, c'est d'eux qu'on a fait matière judicative.

Soutenir que l'esprit des récits était prohibitif, c'est ne pas expliquer le recours ici à pareil esprit, mais pas dans d'autres matières où l'on exige un texte. Et on ne répond pas au motif d'absence d'une disposition explicite pour ce qu'on considère la plus grave des turpitudes.

Dans le Livre saint, ce qui fait l'objet d'interdiction, ce sont les rapports hors mariage. Et il n'est question que de rapports hétérosexuels, sauf à faire une lecture grammaticalement erronée, dénoncée par les exégètes de renom, comme Tabari.

De plus, la preuve de tels rapports pour en faire délit est stricte, exigeant une intimité avérée par le témoignage de l'intromission de témoins oculaires. Ce qui rend l'existence du délit d'adultère quasi impossible, sinon inexistant, sauf à se faire en public, le faisant relever d'autre catégorie juridique.

La Sunna ignore l'homosexualité

Il en va de même pour la Tradition du prophète qui, dans ses deux plus authentiques recueils de Boukhari et Mouslem, ne rapporte aucun dit en la matière.

Il s'en trouve certes dans d'autres recueils de moindre importance; mais on sait à quel point la tradition du prophète a fait l'objet de faux au nom de la bonne cause, la fin justifiant les moyens.

Si des témoignages sont rapportés sur le fait que le prophète aurait statué sur la question, d'autres des plus crédibles soutiennent le contraire. Ce sont eux qui donnent le vrai, le fiable, en l'absence de hadith authentifié par les deux recensions majeures.

C'est la jurisprudence qui interdit l'homosexualité

Partant de l'adultère, les jurisconsultes ont inventé la prohibition de l'homosexualité. Par syllogisme, ils en ont décrété l'interdiction tout en n'hésitant pas — comble de l'illogisme — d'en faire un délit plus grave.

Ce faisant, les légistes musulmans n'ont fait qu'introduire en islam une interdiction propre aux religions antérieures explicites dans l'interdiction de l'acte homosexuel. Ibn Khaldoun l'a bien démontré, les savants en islam étaient quasiment tous d'origine non arabe.

Or, même quand on répudie une foi, on ne reste pas moins marqué par l'atmosphère dans laquelle on a vécu; et les traits caractéristiques de l'époque étaient à la pruderie des religions précédant l'islam.

La tradition arabe est libertaire

Pour le sexe comme pour la nudité, les Arabes n'étaient pas pudibonds, de mœurs libres, sinon libertaires. Ainsi, le pèlerinage se faisait nu; et le premier de l'ère islamique a respecté cette tradition. En cela, les Arabes avaient les traits de leur esprit en harmonie avec une philosophie grecque à l'aura certaine dans leur civilisation naissante.

Cela a fait la performativité de la culture arabe en son temps d'efflorescence avant que la pudibonderie de l'Ancien et du Nouveau Testaments ne vienne altérer la vision des musulmans de leur foi. Le balancier du progrès changea alors de camp, se retrouvant dans des sociétés s'ouvrant à des mœurs libérées au moment d'une fermeture dogmatique en islam. Elle réduisit l'ancienne entièreté de l'être arabe, l'homme parfait des soufis, à un monstre asexué dans une enclosure religieuse répudiant l'esprit d'une foi venue en révolution mentale.

Nos législations sont islamiquement illégitimes

Le droit musulman actuel est donc islamiquement illégitime, d'inspiration judéo-chrétienne.  En une Tunisie se voulant démocratique sans reniement des racines islamiques, il est impératif de conformer le droit positif à la pureté de l'esprit et de la lettre de l'islam. C'est le cas de l'interdiction de l'homosexualité. Il en va de même pour l'apostasie, nullement incriminée, et pour d'autres matières, tel le mythe de la prohibition de la boisson enivrante, l'islam ne rejetant que l'ivresse. 

C'est à une refonte totale du droit des mœurs que le législateur doit s'atteler urgemment, conformant l'arsenal actuel de la dictature à la nouvelle constitution et à l'islam correctement interprété.

En terre tunisienne, hédoniste par nature, la matière sexuelle ne doit plus être taboue. Car le sexe est concomitant au progrès humain; comment l'homme serait-il maître dans l'univers s'il ne se dominait pas ? Une lecture sexuelle du progrès montre qu'il est inévitable que le sexe se libère en terre d'islam pour connaître le progrès.
 Tribune publiée sur Al Huffington post