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ISLAM POSTMODERNE








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mercredi 18 février 2015

Postmoderne Renaissance 6

Daech ou la fin de la tradition judéo-chrétienne en islam





Cette réflexion se veut à dessein à contre-courant de la doxa logique qui mine la pensée, y compris la plus éclairée, n’étant plus passionnée, sinon sous l’emprise de la passion quand elle se fait extrême. Ne tue-t-on pas par amour et dépit amoureux, parfois, comme on ne le sait que trop !

Aussi, malgré la noirceur du présent, le meilleur est bien devant nous, car l’espoir pointe toujours au creux du désespoir (dés-espoir) comme un soleil de minuit.

En quelque sorte, l’espoir est multiple pour qui sait, déconstruisant les constructions toutes faites, bien qualifier les mots et les choses, arrivant même à écouter l’inaudible, au point d’entendre l’herbe pousser, voir avec son cœur et sa pensée.

Une tradition judéo-chrétienne en islam   

Le premier des sociologues, Ibn Khaldoun, l’avait déjà signalé : les savants en islam n’étaient pas arabes dans leur écrasante majorité. Or, le Coran a été révélé en arabe !

C’est dire que ces musulmans qui ont façonné la raison musulmane et son droit, entre autres, la jurisprudence de l’islam ou fiqh, ont été moins sensibles, consciemment ou inconsciemment, au génie de cette religion qu’à leur imaginaire propre.

Comme la plupart venaient d’un horizon mental marqué par la tradition judéo-chrétienne, très prégnante à l’époque en Arabie et dans le monde en général, cela n’a pas peu influé sur leur production qui a ainsi été bien plus le reflet de leur inconscient que de l’originalité d’une foi nouvelle révolutionnant le mental arabe par sa spiritualité.

Cela s’est traduit de la part de ces jurisconsultes par la réintroduction ou la résilience dans la nouvelle foi de ce qu’elle était venue justement contrer ou réformer.

Ce n’est que trop évident en des matières telles l’apostasie ou l’homosexualité, par exemple, qui n’ont constitué des catégories islamiques que par une interprétation biaisée, forçant la lettre du texte coranique, violant son esprit sous l’influence de l’esprit du temps.

Il faut noter ici qu’assez tôt, cette tradition judéo-chrétienne s’est manifestée dans le courant intégriste musulman dont les racines sont apparues lors de la première guerre civile en islam, et qui s’est développé après la « fermeture dogmatique ».

Or, cette condamnation de la porte à l’effort d’interprétation, qui a précipité le déclin de la civilisation arabe islamique, a été décidée par les autorités abbassides. Or, la dynastie abbasside s’était appuyée pour s’emparer du pouvoir sur l’élément non arabe et elle a vu les débuts de l’impérialisme ainsi que du salafisme, le courant intégriste en islam.

Ces deux mouvements étaient d’ailleurs liés, se nourrissant l’un de l’autre.

L’intégrisme salafiste en islam   

Il ne serait pas faux de dire que l’intégrisme salafiste est une création judéo-chrétienne. Il a été, au début et au mieux, la réaction de l’islam officiel à une mainmise de l’État sur la foi pour se transformer en une mainmise de la foi sur l’esprit musulman figé depuis en ce que j’appelle une doxa biblique.

Rappelons-nous : le salafisme a pris son essor lors de la fameuse querelle sur la création du Coran, œuvre des rationalistes islamiques qui ont eu le tort de vouloir imposer leur cogitation par la force, profitant de leurs entrées au pouvoir pour user du bras séculier.

Or, par définition, l’Arabe est rétif à la moindre domination, sauf spirituelle ; Ibn Khaldoun l’a bien démontré.  Aussi, l’entreprise mu’atazilite a échoué plus pour vice de forme que de fond, ouvrant ainsi la voie royale à la doxa opposée.

Et, ne l’oublions pas, l’impérialisme frappait déjà à la porte de l’islam ! Aussi a-t-il le plus logiquement du monde usé de cette arme inespérée, instrumentalisant le salafisme à ses propres visées afin de tuer l’originalité même de la nouvelle foi. Or, celle-ci était déjà soufie !

En effet, le soufisme a longtemps tenu la dragée haute au salafisme et il a alors été de plus en plus combattu, l’obligeant à  se réfugier au plus profond des cœurs, se préservant dans les couches populaires quitte à tolérer ou à s’affubler de pratiques contraires en apparence à son esprit premier.

Daech est l’Antéislam

Comme l’antéchrist annonce la venue du Messie, Daech est l’Antéislam par excellence, augurant du retour d’un islam purifié de ses caricatures, débarrassé des faussetés qui en altèrent l’esprit, y créant nombre de tabous importés de la Bible.

L’islam de demain, une fois Daech défait — car la roche Tarpéienne reste toujours proche du Capitole — ne sera plus que soufi, seule incarnation authentique du génie d’un islam spirituel.

Henry Corbin l’avait déjà dit, suivi par bien d’autres orientalistes objectifs dont aujourd’hui  Éric Geoffroy. Selon cet éminent penseur d’un Occident ne reniant pas ses valeurs : Ibn Arabi est le prototype d’une Somme spirituelle manifestant la symbiose de l’Orient et de l’Occident en une foi spiritualiste œcuménique.

C’est à quoi j’appelle en proposant de travailler à une aire de civilisation occidentale-orientale en Méditerranée, augurée par un espace de démocratie méditerranéenne.

Pour Corbin, ce fut le départ en Orient du Maître suprême des soufis, natif d’Andalousie, qui a été cause et effet de la rupture entre les deux polarités de la spiritualité humaine, rouvrant la boite de Pandore des guerres de religion judéo-christo-musulmanes.

C’est dans ce cadre, ne nous y trompons pas, que l’on doit apprécier Daech — qui n’est que la version ultime de la résilience en islam de la tradition judéo-chrétienne — et de l’islam salafiste, surtout wahhabite, mais non seulement — qui n’est qu’un esprit daéchien pasteurisé.

L’histoire, ici aussi, ne doit pas être oubliée, notamment quant à la manière par laquelle a été créée la dynastie wahhabite en Arabie, qui a déjà été un Daech avant la lettre.  

Or, qui assure la pérennité de la dynastie saoudite bien qu’elle soutienne en sous-main l’État fantoche daéchien ?          

Publié sur Al Huffington Post 
et repris sur The Times of Israël