Il ne s'agit ici que de bribes d'information utiles sur des aspects de l'identité personnelle relativement tant à soi-même qu'aux déterminants familiaux et sociaux. En effet, l'individuation, selon Jung, est ce processus psychologique de développement permettant à l'individu de réaliser son unité humaine autonome et indivisible parvenant à réussir le passage du petit "soi" qu'il est au grand "Soi" unique, impliquant la découverte de nombre d'éléments essentiels dans son inconscient, notamment ses zones d'ombre, les maîtrisant en les conscientisant pour l'assomption de sa singularité, se différenciant des archétypes familiaux et sociaux, s'érigeant souvent en blocages du développement de la personnalité. Rappelons juste ces deux vérités selon C.G. Jung : « Nous sommes nés à un moment donné, en un lieu donné, et nous avons, comme les crus célèbres, les qualités de l’an et de la saison qui nous ont vus naître. L’astrologie n’en prétend pas davantage... Ce qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver de l'extérieur comme un destin. «
Porte d'entrée privilégiée à son soi intime, l’astrologie est aussi, au-delà de la psychologie individuelle, une fenêtre ouverte sur le milieu dans lequel se meut l'individu, tout autant celui de la famille et la société que de la génération. Et c'est la loi des cycles qui gère ces aspects, et qui sont lents quand ils concernent le collectif et le générationnel. C'est une sorte de signature planétaire qu'impriment aux destinées les planètes lentes, celles nommées générationnelles ou transsaturniennes, planètes invisibles à l'œil nu, que sont Uranus, Neptune et Pluton. Leur lent mouvement semblant relever de l'inertie, il donne une tonalité commune en termes psychologiques aux natifs d'une même période, forgeant mentalité, idéaux et ressorts identitaires, soit la manière de vivre de la génération concernée. Ce à quoi il faut être attentif en plus des aspects formés par ces planètes avec Saturne dont la révolution est de trente ans environ.
S'agissant des derniers cycles planétaires, on distingue : 1928–1945, 1946–1964, 1965–1980, 1981–1996, 1997–2012 et celle de 2013 et les années suivantes. Les caractérisations les concernant sont, évidemment, influencées par les réalités occidentales. Ainsi, le premier cycle est dit être celui d'une Génération Silencieuse, dont l'enfance s'est passée durant la Grande dépression ayant secoué le monde et son adolescence lors de la Seconde Guerre mondiale. On la caractérise par une résignation affichée, l'absence de revendications bruyantes sociales ou politiques, un sens affirmé du devoir et une éthique rigoureuse au travail. Ces particularités sociologiques correspondaient à la présence d'Uranus en Bélier, Taureau et Gémeaux (soit, schématiquement, l’innovation technologique au service du concret, puis l'ouverture à la communication de masse), Neptune en Vierge et Balance (idéaux de rigueur, de service et d’utilité sociale, évoluant vers une recherche d’équilibre relationnel) et Pluton en Cancer et Lion (transformation des structures familiales et émergence progressive du culte de l’individu et du pouvoir personnel). Côté aspects planétaires de tension, on avait un carré décroissant Uranus/Pluton durant les années 1930, ce qui indiquait la grosse confrontation des valeurs individuelles et familiales et l'accent mis sur le pouvoir personnel. Mais, en aspects harmoniques, on avait, entre 1940 et 1945 des trigones et sextiles entre Uranus et Neptune ce qui favorisait l'adaptation aux difficultés et leur conciliation avec les rêves articulées à de bonnes méthodes. D'où donc la caractéristique majeure très conservatrice de cette génération en apparence tout en étant, intérieurement, assez idéaliste pour être prête à s'ouvrir à ses ambitions et se préparer à une autre vie, une modernité bien articulée sur le cadre moral et familial existant.
Pour la génération Baby-Boomers (1946–1964), l'époque correspondait à une explosion démographique suite à la prospérité d’après-guerre et l'expansion économique généralisée marquée par une libération des mœurs, la liberté personnelle et même un certain idéalisme devenant les valeurs les plus prisées, cardinales même. Astralement, Uranus se trouvait en Cancer, Lion et Vierge (désir d'émancipation des carcans familiaux et affirmation de soi avec tension à l'originalité créatrice mais besoin aussi de méthode, de rationalité et d'efficacité), Neptune transitait la Balance et le Scorpion (recherche d’harmonie relationnelle, mais sens à fleur de peau, et priorité aux désirs dont l'accès aux vérités cachées débouchant sur la libération sexuelle) et enfin Pluton était en Lion et en Vierge (révolution de l'ego manifestée par le phénomène du rock'n'roll) dans une ère de renforcement généralisé de l'impératif de vision analytique et critique. Ainsi, avec le Carré Uranus/Neptune du début des années 50, la contestation et revendication sur fond d'idéaux exacerbés et une la propension à l'insouciance, la spiritualité, le mouvement hippie, la révolution culturelle des années 1960. Après l'entrée de Pluton en Vierge, l'influence contraire a suivi de rationalisation des idéaux conventionnellement, surtout au monde professionnel.
Génération X (1965–1980), celle des mouvements idéalistes, phénomène hippie et contestation de l'année 1968, des désillusions libertaires et de la fin des illusions économiques : chômage, surdéveloppement du capitalisme financier, désindustrialisation et chocs pétroliers. L'esprit fataliste s'installe, les premiers ordinateurs arrivent et la tendance à la débrouillardise. Uranus se trouvait en Vierge en Balance et Scorpion (perfectionnisme et harmonie sociale, exploration du phénomène du pouvoir et des enseignements de la psychologie des profondeurs), Neptune en Scorpion et Sagittaire (recherche du sens de la vie au travers des mystères, de la transcendance) et Pluton en Vierge et Balance (crises dans le travail et les relations humaines, apparition du Sida contrariant les libertés sexuelles acquises). Il y avait aussi une conjonction Uranus/Pluton au milieu des années 60 emportant rupture technologique et sociale. Aussi, la génération se voulait pragmatique et lucide de la fin des illusions tout en étant à la recherche de la place lui convenant, s'attelant à la transition numérique, non sans méfiance des systèmes politiques et une défiance envers les politiciens.
Génération Y (1981–1996), celle de la mondialisation, de l'avènement d'internet sur fonds de crises économiques (récession, inflation) et prise de conscience écologique se heurtant à l'absence de repères stables en politique d'où une confusion de plus en plus grande des repères et des valeurs éthiques. Elle correspond à la présence d'Uranus en Sagittaire, Capricorne et Verseau (expansion de la conscience collective, structuration des réseaux et digitalisation), celle de Neptune en Capricorne et Verseau (rêves d'un ordre social nouveau, disparition des frontières, prééminence du virtuel) et celle de Pluton en Balance Scorpion (Profondeurs psychologiques, relativisation des notions du tabou et de l'intimité, mondialisation du sida). Astrologiquement, on a une conjonction Saturne/Pluton en 1981/1982 accroissant la méfiance et la prudence en matière relationnelle et affective et une autre Uranus/Neptune en Capricorne en 1993 favorisant les idéaux dont des avènements technologiques avec la transition du minitel, aux débuts d'internet et des téléphones portables. C'est la naissance d'un monde globalisé et numérisé avec accroissement de la communication, mais quête continue de sens dans un mélange de lucidité et d'utopie pour une politique pragmatique authentique et la conscience plus solidaire face aux périls écologiques encourus (trou de la couche d'ozone).
Génération Z (1997–2012) native d'un monde hyperconnecté technologiquement avec l'explosion d’internet et le développement de la virtualité en réalité se confondant avec le réel et qui, avec l’explosion de la communication médiatique accroît la confusion des valeurs dans le monde médiatique et politique, aggravant la crise identitaire sur fond de périls climatiques imminents. Uranus transitait alors en Verseau, Poissons et Bélier (mutation accélérée de la technologie et sensibilité à l’ouverture sur l’universel et aux impératifs d’émancipation), Neptune lui transitant le Verseau et les Poissons (avancée de la spiritualité et du numérique généralisé entraînant dissolution des egos) et Pluton en Sagittaire et Capricorne (crise des croyances psychospirituelles, contestation de l’autorité, confrontation directe aux pouvoir et aux institutions, notamment bancaires). On a surtout le carré Uranus/Pluton du début des années 1910 concrétisé par les révoltes contre le monde d'antan, la contestation sociale plus évidente des systèmes de domination et aggravation de la crise de l'ordre mondial du passé. L'impératif est grand de transparence, d'authenticité identitaire et de la cohérence entre discours et réalité avec une plus grande exigence à la fois éthique et réaliste face aux illusions de la mondialisation et les dangers de la technologie aux méthodes déconnectées des anciens médias de communication (radio et télé).
Génération Alpha (depuis 2013), enfance immergée dans l’intelligence artificielle, la confusion axiologique et la disparition des repères éthiques sur la plan familial et social, d'où une anxiété existentielle dans l'attente de recomposition. En transit planétaires, Uranus en Bélier, Taureau est passé en Gémeaux depuis avril 2026 (Innovation radicale, révolution du rapport à la matière, à l’information), Neptune en Poissons et en Bélier depuis février 2026 (nouvelle spiritualité, action intuition et inspiration, réhabilitation de l’imagination et de l'imaginaire), Pluton en Capricorne et en Verseau depuis novembre 2024 (transition structurelle vers l’intelligence collective et poids des technologies avec nécessité de réforme radicale des sociétés pour parer aux risques (dérives totalitaires). Ce cycle est dédié à l'initiation de rapport sain avec la nature et la technologie, une dynamique de conception de l'humain confronté à ses créations, particulièrement l'IA, à la perspective de l'humain augmenté ou transhumanisme et à sa place dans l'univers où reprend la conquête spatiale.
Grosso modo, l'histoire humaine a été marquée, récemment, par Pluton et ses transits en Lion (1937/1938 à 1956/1958), exacerbant le culte du moi, puis en Capricorne (2008 à 2024), initiant l'effondrement de solides structures, et cela continuera avec sa présence en Verseau (depuis 2023 à 2044) avec l'accroissement de l'intelligence collective par l'immense pouvoir technologique emportant des espoirs pour le meilleur loin des périls du pire. Le passage d'une centralisation sur l'ego du monde à son ouverture aux réseaux multiples sera donc le tempo existentiel de la génération actuelle. Le défi à relever est d'en prendre conscience et en conscience, l'humanité expérimentant une forme inédite de son pouvoir sur les choses, passant de la matière, denrée en épuisement, aux flux d'énergie et d'information, matière première quasiment inépuisable. Aussi, dans l'immédiat, ce qui est à surveiller est le trigone s'installant pour une période de 2 à 3 ans entre les transits d'Uranus en Gémeaux (où la planète restera 7 ans) et de Pluton aux premiers degrés du Verseau.



