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dimanche 7 janvier 2024

Dictature mentale 9

Pourquoi la Tunisie boycotte ses élections ?



Après le fiasco des élections législatives, en voilà un autre avec les plus récentes élections locales ! Même si le taux de participation reste généralement bas aux consultations régionales et locales dans le monde entier, réaliser un record similaire d'abstention au précédent déjà unique est de quoi confirmer ce qu'on en avait dit déjà, à savoir que ce ne sont pas les élections qui font une démocratie. 

Pourtant, c'est ce qu'on s'évertue à répéter, ne faisant que singer la doctrine formaliste occidentale dont on s'enorgueillit pourtant de se distinguer, en refusant la présence d'observateurs étrangers à ces élections, par exemple. Or, en Occident, au moins, les lois sont généralement soit justes soit susceptibles d'êtres abolies ou amendées si leur injustice est démontrée et s'avère impérative sous la pression populaire. Ce n'est pas le cas en Tunisie où l'on continue à gouverner le pays avec l'arsenal répressif de la dictature alors qu'on prétend en avoir fini avec ce régime honni et, encore mieux, agir à restaurer la souveraineté populaire. Quelle souveraineté a donc un peuple soufrant quotidiennement des mêmes lois scélérates qui empoisonnaient sa vie sous la dictature. N'est-ce pas son arsenal juridique répressif qui a permis à l'ancien régime dictatorial de durer?   

Si les Tunisiens boycottent massivement les élections, outre la défiance de plus en plus grande à l'égard de leurs responsables, c'est qu'ils refusent aussi de participer à un jeu vicieux voulant les présenter comme relevant d'une démocratie illusoire. Trop de problèmes du quotidien, en plus des lois scélérates précitées, s'ajoutent à leur refus de jouer le rôle de dindons de la farce. Or, le fait de stigmatiser les électeurs avec une encre inutile, juste bonne pour enrichir ceux qui en font commerce, y ressemble bien ! N'est-ce pas déjà se soumettre au diktat de l'Étranger en continuant d'exiger une telle flétrissure alors que juridiquement elle n'a nulle existence obligatoire, et surtout n'ayant point d'utilité pour la supposée raison invariablement invoquée de la sécurité du vote.

N'est-il pas temps de se dire que, si le peuple est souverain véritablement, si l'on est sincère dans le refus de l'hégémonie occidentale, l'on se doit de le manifester par des actes concrets faisant sens en parlant au peuple. Par exemple, de demander officiellement en son nom la levée du visa qui fait régulièrement mourir jeunes et moins jeunes en Méditerranée dans leur désespérée volonté à s'expatrier ! Car, nous l'avons amplement démontré maintes fois, une telle demande ne saurait être refusée par l'Union européenne - si toutefois l'on ose la faire - étant fondée en droit et en morale. De plus, elle est de nature, en cas de refus, à saper le fondement même de la stratégie européenne reposant sur la complicité des pays du Sud (grassement monnayée, ne faut-il pas l'oublier !) pour que puisse s'exécrer leur politique absurde de fermeture de frontières. Or, avec mon appel au visa biométrique de circulation, cette politique - devenue criminogène -sera continuée tout en étant rationalisée et assainie, n'étant plus source de drames et de crimes, comme c'est le cas aujourd'hui. 

Imaginons donc que le citoyen est invité à voter pour que ses élus engagent une telle démarche incluse dans une initiative parlementaire à prendre s'imposant aux gouvernants, la boycottera-t-il ? Jamais ! C'est qu'au final, si les Tunisiens boycottent leurs élections, c'est qu'elles ne sont pas vraiment les leurs, mais celles les élections des dirigeants du pays, voulues par eux et eux, au service de la vision des uns et les intérêts des autres. 

Aussi, pour  que le pays, l'ensemble des citoyens, participent aux élections, il importe qu'elles soient véritablement à leur service ; Ce qu'elles ne sont pas encore. Certes, un pas important a été fait en cette direction avec le choix du scrutin uninominal ; mai cela reste insuffisant. Il faudra sans conteste le maintenir dans le cadre de futures élections sur programmes précis, avec des initiatives répondant par le menu aux vraies attentes populaires, telle celle ci-dessus. 

Mieux encore et au préalable, il nous faut des élections se tenant dans un cadre juridique et judiciaire assaini sur le plan des droits et libertés citoyens, soit après une refonte approfondie d'envergure des lois en vigueur, cette survivance de l'esprit de la dictature, cryptique doxa des gouvernants de la Tunisie jusqu'ici. C'est qu'ils croient davantage à l'autorité, quitte à aller jusqu'à l'abus, au nom de l'ordre public compris en premier comme l'ordre des gouvernants. Ce qui est assimilé au prestige de l'État alors que son vrai prestigue est celui de son peuple au pays et dans le monde 

Ce n'est ni nouveau ni facile à réformer, mais mérite de s'y atteler, le chemin ne pouvant qu'être long, sinon périlleux pour quiconque est animé de bonnes intentions. Or, nous tenons le chef de l'État actuel pour en faire partie. Toutefois, nous savons, ainsi qu'il le sait pertinemment, que la volonté de bien faire ou de faire le bien aboutit parfois au contraire du résultat espéré ; le proverbe du XVIIIe, attribué à Bernard de Clairvaux (réformateur de la vie religieuse catholique du XIIe s) par saint François de Sales (théologien savoyard du XVIIe [oeuvres complètes, t 3, p. 89]) ne dit-il pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions ?