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mercredi 7 octobre 2026

Bécopoléthique, une bécothéparie politique 2

 Tombeau du 7 octobre 2023



Le 7 octobre 2023, au petit matin, l'enfer se serait ouvert à la frontière sud d'Israël, à partir de l'enclave de Gaza. Il est établi aujourd'hui que l'on n'ignorait rien de cette dramaturgie encore en cours, mais que du côté israélien, la plus forte partie engagée, gouvernée par une coalition extrémiste, on aurait minutieusement agi à en aggraver les retombées pour en tirer profit, qui serait à terme, l'extermination de ce qui reste du peuple palestinien sur cette terre à annexer et à transformer en juteux terrain à plus de profits. On ne s'en est pas caché, au reste, non plus que sur les ambitions similaires sur l'autre partie supposée encore palestinienne, la Cisjordanie. On s'y serait même préparé de la plus scientifique des manières afin que le génocide en cours puisse se faire sans accroc en s'étant assuré le soutien de l'essentiel de l'Occident et la complicité active sinon objective des États arabes voisins, du moins ceux qui comptent sur l'échiquier mondial des finances.         

7 octobre 2023 outre-tombe

Ainsi la Hasbara israélienne, cette stratégie hyper sophistiquée de communication et de propagande, appuyée par les lobbies juifs en Occident, et les milieux arabes les moins démocrates - qui sont légions dans les dictatures arabes, a-t-elle réussi à imposer la rhétorique  mensongère d'un État juif menacé et devant se défendre, alors qu'il est le super puissant colonisateur de terres ne lui appartenant pas et qu'il se devait d'évacuer selon le droit international qu'il ose rejeter.  C'est un peu, à l'envers, la geste de David contre Goliath, ce dernier étant devenu le héros finissant par terrasser le pauvre David avec sa médiocre arme pour défendre son droit méconnu et l'injustice endurée depuis près d'un siècle, depuis qu'un mouvement nationaliste et dogmatique, usurpant la religion juive, est venu occuper sa terre pour prétendre y ériger une démocratie qui n'est, en vérité, qu'une ethnocratie.        

Ainsi, le 7 octobre n'aura été pour ses exécuteurs palestiniens qu'une énième revendication avortée de son légitime droit à recouvrer ses droits ; car il aura été retourné par ses profiteurs, les extrémistes israéliens en action d'agression par le mouvement de lutte armée nationale palestinienne Hamas gouvernant l'enclave de Gaza. Or, il n'était arrivé au pouvoir, au détriment de son concurrent gouvernant en Cisjordanie, qu'avec le soutien financier actif du gouvernement israélien pour mieux diviser les Palestiniens et enterre l'issue prévue par le droit international des deux États également souverains prévus par les résolutions des Nations Unies.

Une nouvelle version, martiale et belliqueuse, surtout sans foi ni loi, de la parabole de l'arroseur arrosé. Mais ce ne serait que le début, car sa fin pourrait bien s'inverser. C'est ce qu'enseignerait une vision moins centrée sur le réel rabougri aux contingences actuelles, mais s'étendant au-delà des considérations immédiates, plongeant aux creux des apparences, y compris celles tenant aux origines et aux cause véritables du 7 octobre qui ne datent ni de l'émergence du Hamas ni de l'arrivée des suprémacistes juifs au pouvoir.   

Requiem du sionisme 

C'est bien au début de la tragédie de Palestine que remonte le 7 octobre et qui était alors, à l'envers, l'ouvre de juifs avec des organisations terroristes ne s'en prenant pas qu'aux palestiniens, mais aussi à bien d'autres, dont des émissaires accrédités internationalement, mandatés pour une paix entre Arabes et juifs. Or ceux-ci vivaient bien en paix en Palestine, musulmans, chrétiens et juifs baignant dans un vivre-ensemble paisible que n'est venu perturber que l'émergence du mouvent colonisateur sioniste qui est venu s'octroyer une terre qu'il osa déclarer sans peuple pour y installer le prétendu peuple élu de Dieu et qui le lui aurait destinée.    

C'est ainsi, avec la complicité du mandataire anglais que le sionisme, instrumentalisant le judaïsme, réussit à occuper une terre ne lui appartenant pas au nom d'une justice à lui rendre après le génocide dont il avait souffert en Europe. Or, au lieu d'avoir cette réparation des auteurs occidentaux de son holocauste, il l'exigea d'un peuple innocent de la moindre avanie à l'égard des juifs, les ayant même accueillis du temps de leur persécutions par les chrétiens, leurs ennemis au départ.

On était à l'orée d'un nouvel ordre international dominé par l'Occident chrétien qui a tôt, ainsi que son ennemi juif d'hier, d'oublier le passé pour s'improviser un ennemi commun, le musulman. Ainsi, foin de la rhétorique du peuple déicide, soit le peuple juif ayant livré le Christ à la mort, qui a pourtant duré des siècles et occasionné nombre d'atroces drames ! Ce qui compte est l'émergence au cœur même de l'Orient arabe d'une supposée démocratie, qui serait l'avant-poste occidental en terrain estimé ennemi à jamais. 

Supposé être une démocratie au milieu des dictatures arabes environnantes, l'État sioniste n'a jamais été, pourtant, qu'une démocratie de façade, s'érigeant en une ethnocratie, tout y étant contrôlé par et au service de la minorité ethnique juive dont il fallait renforcer régulièrement le nombre par des venues régulières d'immigrés appelés à coloniser des terres dont les habitants et les vrais propriétaires étaient expulsés ou réduits à des réfugiés. Depuis quand donc une démocratie est réduite à la primauté d'une ethnie grâce à une simple façade d'État de droits où même les juifs arabes ne sont, au mieux, que des citoyens  de seconde zone et où le reste des habitants, pourtant les premiers habitants historiques du pays, ne peut se prévaloir d'aucun droit. Un peu ce qui arriva aux Amériques au peuple indien.

Une telle hérésie a pu durer car les premiers sionistes n'osaient pas encore renier l'injustice faite à leurs prochains, Arabes musulmans et chrétiens, mais le relativisait par diverses rhétoriques mensongères. Ce que leurs descendants d'aujourd'hui ne font plus, osant mettre à bas le masque démocratique, ne cachant plus leurs véritables objectifs, l'extermination de tout non-juif sur le sol d'Israël ne se voulant une démocratie pour les seuls juifs. 

Et comme ils ne peuvent se passer de la religion, ils continuent d'en revendiquer l'appui en utilisant les lectures les plus intégristes, ce qui renforce le rejet de l'idéologie sioniste par les juifs progressistes et aussi certains cercles orthodoxes s'en tenant à la Thora qui ne prévoit de Jérusalem céleste et d'État juif qu'au ciel. Ce qui finira par précipiter cette idéologie raciste qui est à contre-courant désormais de la marche de l'histoire vers davantage d'humanisme, un humanisme intégral.      

Requiem de l'arabisme

Le 7 octobre, avec ses horreurs, n'aura pas que des retombées pour les juifs sionistes ; il en aura aussi pour les Arabes, du moins ceux qui continuent à user de la rhétorique de l'arabisme et du mythe de l'unité arabe. Ce que ne manquent pas les israéliens d'instrumentaliser pour rejeter les Palestiniens dans le supposé giron arabe dont les États entourent la seul État juif. Une véritable fausseté en trompe-l'œil. 

En effet, il n'est aucune similitude entre le peuple palestinien aspirant à la démocratie et les peuples arabes des pays d'alentour qui se contentent de leurs dictatures ; celles-ci, au reste, sont les meilleurs alliés des juifs extrémistes actuellement au pouvoir puisque leurs dirigeants  estiment qu'un État palestinien démocratique à leurs frontières et bien plus dangereux pour leur maintien au pouvoir qu'un supposé ennemi. Au reste, on l'a bien vérifié avec leur attitude de démission sinon de soutien implicite à l'action génocidaire israélienne à Gaza et ailleurs en Palestine occupée. Pourtant, des États comme l'Arabie Saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et même l'Égypte ne manquent pas de moyens pour avoir une influence décisive sur le déroulement des événements, ne serait-ce qu'en agissant auprès des principaux soutiens occidentaux d'Israël. On l'a d'ailleurs bien vu par le passé. 

Et que dire des États comme le Maroc qui se soucie bien davantage des intérêts du royaume, ou de ses gouvernants, que de ceux de la justice et de la dignité humaine en Palestine ? N'aurait-il pas pu, lui qui s'enorgueillit d'avoir une diplomatie efficace et perforante faire pression sur le déroulement de la dystopie actuelle en menaçant de geler sinon rompre la normalisation qui a atteint sa vitesse de croisière avec l'ouverture d'ambassades réciproques en plein génocide des Palestiniens ? Le comble !             

Hymne à l'humanisme intégral

Au vrai, il y aura bien un avant et un après 7 octobre. Certes, on aurait bien pu agir autrement pour éviter les multiples victimes innocentes, mais le prix bien fort payé par les tous les innocents de part et d'autre, notamment du côté palestinien, le plus meurtri outre d'être injustement brimé dans ses légitimes droits, impose une issue enfin juste et équitable, tout en tenant compte du fameux principe de réalité.

Celui-ci est pour la reconnaissance de l'entité étatique actuellement installée en Palestine et désormais incontournable ; mais cela ne saurait plus l'être sous la forme actuelle d'une fausse démocratie, ethniciste, belliciste, raciste et terroriste. Comme on a pu le voir ailleurs, en Rhodésie par exemple, l'État d'Israël doit se transformer en une démocratie binationale, où tous les habitants, Arabes musulmans et chrétiens doivent avoir les mêmes droits et devoirs que les juifs qui en sont actuellement les vrais seuls citoyens.

C'est loin d'être une utopie et, en tout cas, meilleure que l'actuelle dystopie et bien digne de la remplacer. Ce que justifie, au reste, une tradition commune judéo-islamique que l'histoire permet d'en vérifier la réalité bien mieux que la mythique tradition judéo-chrétienne. 

Un humanisme intégral s'impose pour racheter les crimes commis et soigner les consciences traumatisées, et il est le seul à y réussir dans le cadre d'une juste paix qui serait bien plus durable que celle des deux États dont on continue à parler pour se retenir de ne rien faire. 

Or, la dérive du monde est à son comble, et seule l'option de Palesraël ou Isralestine, soit un État binational qui s'érige en vraie démocratie judéo-chrétienne, est en mesure de transmuter cette dérive manichéenne en une prometteuse œuvre situationniste à l'échelle internationale. Ce qui ne saurait réussir qu'avec une transfiguration des réalités politiques actuelles en osant mettre un peu plus d'éthique en la politique, transfigurée en poléthique, en vue d'un monde qui soit d'humanité, une mondianité, limitant l'excès de désordre actuel des supposés seigneurs de ce monde et qui n'en sont que ses saigneurs. Ce dont j'ai analysé par le menu les divers contours dans mon essai iconoclaste récemment paru à Paris.