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I-SLAM : ISLAM POSTMODERNE








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mercredi 18 février 2026

Pour l'i-slam, foi postmoderne de Nouvelles Lumières 4

Notre caricature du ramadan selon Jung ou le flou identitaire et sa métamorphose




Selon les pays d’islam, ramadan commence cette année soit, fort logiquement, au lendemain du jour effectif de la Nouvelle Lune qui a eu lieu le 17 courant à 12h 01 heure universelle, soit un jour ou plus après ce qu’indique la seule vraie vision oculaire qu’est celle de l’observation astronomique. Et revoilà notre caricature du mois du jeûne avec la permanence des sempiternelles chicanes et désunions idéologiques quant à la plus juste interprétation du dogme et la plus correcte application de la foi !
Désormais, une telle aberrante caricature est devenue une marque de fabrique d’un certain islam bien plus dogmatique et idéologique que spirituel humaniste, étant en contradiction absolue avec l’essence même de cette foi se voulant scientifique, la violant même en y transformant le mois de la piété et de la solidarité par excellence, authentique et effective, en occasion privilégiée pour des manifestations d’hypocrisie flagrante à force d’ostentation et de calculs idéologiques dogmatiques, sinon purement politiciens.   
Un tel aberrant folklore, chaque année revenant au début du mois sacré, est surtout lié à la loufoque pratique de la vision oculaire qui est bien moins enfantine ou puérile qu’insane, se concrétisant par des dates farfelues pour le début du jeûne, décidée moins par de véritables raisons sérieuses en relation avec le dogme que selon des caprices de décideurs ayant droit au chapitre politico-moral ! 
Ce qui se traduit, en aggravant la violation faite tant à l’esprit qu’à la lettre de l’islam authentiquement lu et interprété selon ses visées humanistes, par nombre d’innovations quasiment hérétiques, comme notamment l’imposition, directe ou indirecte, de l’obligation du jeûne public ou l’interdiction du commerce et de la consommation privée de spiritueux durant tout le mois ! S’y ajoutent l’ostentation dans diverses fausses manifestations de piété publique alors que le jeûne sincère se veut par essence fort humble, caché aux yeux, la piété véritable étant discrète sinon secrète en islam, se défiant de la moindre publicité, étant motivée par la vénération d’Allah seul, non point de plaire à certaines de ses créatures ou faire entonner l’ego propre du jeûneur par de stridentes trompettes d’une vaine renommée.
De fait, il ne s’agit en la matière - annuellement actualisé - que d’un flou identitaire assumé, qui relève d’une confusion axiologique si prégnante tant dans la culture arabe musulmane que dans le monde à la dérive en terrible crise des valeurs universelles. Ce qui motive une habitude acquise de participation - consciente ou inconsciente – à ce que j’ai nommé « jeu du je » si prisé, et ce dans le cadre de ma parabole du moucharabieh, deux de mes concepts théorisés en archétypes culturels. 
Cela nous renvoie aux travaux de Carl-Gustav Jung, particulièrement en termes d’aspects pertinents de l'inconscient collectif dont il est le théoricien. En effet, un tel flou est issu d'un archétype sous-jacent au Moi de la conscience arabo-musulmane, plongeant loin dans l'inconscient collectif arabe et musulman venant s'y accoler, redéfinissant avec le temps les aspects essentiels du premier. Ainsi est-ce un archétype de nature double, une sorte de Janus identitaire renvoyant à l'inconscient tantôt arabe tantôt islamique, créant ainsi une dysharmonie native avec laquelle le Moi, à la longue, s'est accommodé en une identité arabe musulmane hybride marquée par une fêlure originelle restée inconsciente à force de refus du travail de conscientisation. 
À l’origine, il s’agit d’une valeur arabe, en islam épiphanisée, y étant sublimée, ce qui en a masqué les traits originels par d’autres, plutôt originaux, se voulant d’identique nature. Ce qui autorise une plasticité caractérielle et morale que permet, d'un côté, l'attachement ontologique libertaire chez l'Arabe et, de l'autre, la valorisation de la valeur morale du tact chez le musulman.
Rappelons que l’archétype chez Jung est une structure universelle de l’inconscient collectif, modèle dérivant d’une sorte d’archéologie psychosociologie qui, de tradition en tradition, ne cesse d’influer sur les comportements sociaux, leurs compréhensions tant primitives que plus récentes. 
Se déclinant en aspects psychologiques et comportementaux, l’archétype du premier type, celui de la psyché - et qui seul nous intéresse ici- structure l’esprit humain au travers de ce que Jung nomme : Persona (soit le masque social), Ombre (part obscure en chaque personnalité faite d’instincts et de désirs refoulés), Anima, chez l’homme, et Animus, chez la femme (la part sentimentale opposée au sexe de la personne), et Soi qui est le symbole de l’unité à réaliser de l’être par le travail sur l’inconscient et son harmonie avec la conscience en s'appliquant à réunifier en soi les différentes composantes de la psyché pour aboutir à l’équilibre parfait entre le conscient et l’inconscient. Ce qui se réussit grâce à la démarche éminemment conseillée et utile pour avoir une personnalité équilibrée, et que Jung nomme individuation
S’agissant de notre propos, c’est la valeur éminente de la parole donnée, quasi sacrée chez l’Arabe, qui structure mentalement sa sacralisation par le musulman du respect formaliste de la tradition prophétique, ou ce qu’on en rapporte, en se combinant avec la valeur de l’attitude pleine de tact dans l’administration de la meilleure image de soi - désormais musulman - en termes d’obéissance au plus digne représentant divin sur terre.    
Notre actuelle pratique caricaturale du ramadan traduit de la sorte la Persona arabe en pleine action, qui, se dévoie en se dévoilant dans le cadre de l’hypocrisie du jeu social, politique et idéologique tant national qu’international, et qui est le creuset de l'Ombre mal gérée. En effet, la Persona arabe n’est pas seule à agir, son œuvre s’accouplant à celle de l’Ombre musulmane, part sombre, condamnée même et qu’on nie ou renie, faite de désirs enfouis, d’instincts refoulés. Or, le travail inconscient des deux se corse avec l’intervention de l’Anima et de l’Animus en conflit de l’individu arabo-musulman et qui ne traduit que l’image d’un Soi en pointillé, une personnalité hybride, aux traits caractériels flous sinon estompés en leur aspects majeurs du fait de l’absence d’effort voulu et entrepris d’individuation et tentative de concilier les dimensions essentielles de la conscience et de l’inconscience.
Cela donne une personnalité qui - au mieux - se satisfait d’être ainsi assise entre deux chaises et - au pis - usant d’une telle posture pour dominer ou imposer un ordre et en profiter, développant une des caractéristiques de l’archétype de personnalité, lequel se traduit par divers comportements ayant chacun une finalité, qui est ici du type cherchant à tout contrôler par tous moyens en vue de créer un ordre impératif s’imposant au plus grand nombre. Ce qui peut n’être qu’en émulation, en concurrence ou en réaction à une tentative similaire le visant lui ou sa communauté. 
C’est que les archétypes ont une caractérisation variant selon les personnalités, en retrouvant certains diffus dans la psychologie arabe musulmane à degrés divers, tout en restant assez mal définis, même pour leurs auteurs, du fait du flou identitaire qui s’aggrave de nos jours, étant stigmatisé par les uns, nié par d’autres, et instrumentalisé dans les deux cas en une œuvre faussant l’islam, par la diabolisation ou l’excessive dédiabolisation. Ce qui transforme le flou ici défini d’un manque de netteté en une sorte de mystère valorisant le dogme qui s’y rattache, transformant ce voile d’une vérité en une auréole d’une vérité autre, opposée même, que d’aucuns voudraient nier ou dénigrer et que l’on chercherait donc, par opposition, à revendiquer et valoriser. 
Et c’est bien évident chez les jeunes générations arabes musulmanes en l’absence d’un discours de rechange, rationnel et cohérent, répondant à leurs attentes en termes de libertés et de droits, ce qui fait l’être libre et magnifie son vouloir-être, alors qu’elles ne sont élevées que dans le devoir-être qu’il soit conscient ou inconscient, direct ou indirect en environnement échappant de moins en moins aux dogmatismes des uns et des autres, à la doxa de la bien-pensance et revendiquée tant de religiosité que de sécularité, toutes deux également excluantes l’une de l’autre.  
Comme quoi, entre la caricature du dénigrement et la flatterie de l’idéalisation, il est une voie à trouver pour que le propos sur le mois du ramadan, et la religion en général, soit moins libelle ou éloge que bien plus objectivité sereine, sinon d’une thèse scientifique du moins d’une parole de vérité axée sur les faits avérés. Or, avec la confusion axiologique généralisée, nous en sommes bien loin, hélas ! 
Est-il besoin, pour finir, de rappeler que Jung valorise le rôle de toute religion dans l’inconscient, conseillant même non seulement le respect de ses dogmes mais aussi l’attachement à ses rituels, insistant sur l’importance spirituelle qu’ils revêtent dans l’inconscient et la structuration de la personnalité consciente. Ce qui est encore plus évident en notre temps marqué par un retour au sacré du fait de la désacralisation croissante et excessive de nos vies par sa matérialisation aberrante allant en s’aggravant. 
D’où la nécessaire politique éthique au sens originel de gouvernance de bon aloi - que je nomme poléthique - tant du fait religieux que spirituel plus largement, et devant muer, se libérant du dogmatisme exacerbé qui s’offre à nous en religiosité ou en son clone qu’est la religion civile.
Car la foi authentique n’est qu’une spiritualité de saine facture, ce que j’ai qualifié de fair-pray dans le cadre de mon Nouvel Esprit I-slamique (NOESI-S). En islam postmoderne d’aujourd’hui orthographié i-slam, cela est incarné par le soffisme, mon néologisme pour soufisme, soit le meilleur de l’islam en foi de droits et de libertés dans un rapport direct, libre et libéré du fidèle avec son créateur, seul maître à penser et pour agir qu’il puisse avoir afin de donner l’exemple insigne du pieux authentique.