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mercredi 10 décembre 2014

Pour un humanisme intégral 1

Cette obsession du pouvoir faisant de Marzouki un nouveau Ben Ali





On savait le pouvoir une idée fixe chez Moncef Marzouki; mais à voir à quel point atteignent ses ravages, on ne peut que la qualifier de véritable obsession dans son sens psychologique de trouble mental caractérisé par une crainte infondée qui s'impose à l'esprit et accapare la conscience.
Il en va ainsi chez lui de cette obsession maladive de retour de l'ancien régime, un mythe qui n'existe que dans sa tête. À croire que le palais de Carthage est devenu pour nos dirigeants une fabrique de névroses ! Le pouvoir ne vicie-t-il pas tout quand il n'est pas tempéré par une conscience en éveil ?
On a parlé de syndrome de Carthage, et il est en train de se vérifier avec Moncef Marzouki qui ne veut plus en quitter le palais.
Les délices de Carthage

Il est temps d'actualiser l’expression « délices de Capoue » utilisée pour une autre figure tunisienne, mais qui a su quitter l'histoire par la grande porte. On parlerait désormais de délices de Carthage pour signifier ce terrible pouvoir d'anesthésie que les ors et les privilèges du palais exercent sur la pensée de ses occupants, notamment en matière d'éthique démocratique, de valeurs de libertés.

Tout s'y passe comme avec Hannibal qui, dans l'attente de renforts qui ne viendront pas des siens, se laisse aller à la facilité par manque de moyens au lieu de se préparer à la difficulté d'une lutte inévitable.
Ainsi, malgré toutes ses qualités, Bourguiba n'a pas été en mesure de sublimer son ego surdimensionné afin d'être autre chose qu'un autocrate éclairé. Ben Ali, son successeur n'a gardé de son illustre prédécesseur que l'autocratisme sans la moindre illumination. Et l'actuel occupant de Carthage, s'il n'est pas autocrate, n'en ayant plus les moyens du fait du Coup du peuple, est un illuminé, aux songes faits de mensonges et de slogans creux, sans une once de vérité.
C’est le constat d'un connaisseur de l'homme et de son entourage, non un jugement partisan; et par anticipation, c’est le jugement de l'histoire sur Moncef Marzouki faisant tout pour en sortir par la plus petite porte.
Une victoire à tout prix
Ainsi, le président provisoire agit-il à la manière du dictateur déchu, ne voulant plus quitter Carthage. Tous les arguments sont bons, y compris d'invoquer les morts, agitant le fantôme de l'ancien régime, ce revenant ne hantant que sa tête, ne faisant pas peur aux Tunisiens qui savent, dans leur sagesse populaire, que la dictature est enterrée en leur pays célébrant désormais le pluralisme.

Cela ne convient pas à M. Marzouki qui a fait de la lutte contre l'ancien régime un fonds de commerce qu'il importe de garder, sinon c'est la fin de sa carrière politique au moment où il est arrivé à son zénith. Celui-ci n'est-il pas aussi proche du nadir que la roche Tarpéienne du Capitole ?
C'est ce que laisse entendre son slogan de campagne où il n'envisage point la défaite, pourtant au coeur de l’esprit démocratique, car balisant la victoire glorieuse, tout succès démocratique devant être marqué du sceau de l'éphémère afin que le jeu de l'alternance ait lieu.
En rappelant qu’un tel slogan a été utilisé par un dictateur africain de triste mémoire, on ne peut s'empêcher de relever ce qu'il cache dans l’imaginaire en volonté de refus d'un résultat négatif dont il écrit ainsi le scénario, mettant en place le décor.
Cela semble avoir motivé son action devant le tribunal administratif; c'est aussi le sens de ses déclarations récentes sur le risque de fraude, seul de nature à empêcher sa victoire.
Par anticipation, il se met dans la posture de la victime lésée par des forces du mal, diabolisant le camp adverse comme ne peut ni ne doit faire le démocrate authentique.
La fraude est  inévitable aux élections
En vérité, ainsi qu'il le fait avec les valeurs avancées pour cacher un essentialisme moral, un intégrisme immoral, M. Marzouki joue la partition des résultats truqués afin de justifier sa contestation ultérieure d'un résultat que tout indique qu'il sera à son détriment.

Il aura alors tout loisir de singer tant d’autres dictateurs, contestant les résultats, s'accrochant à son poste, voulant y demeurer comme n'a ni su ni pu le faire Ben Ali.
Agissant ainsi, le nouveau dictateur imite le héros juif Samson se tuant en  détruisant tout; le proverbe populaire raille bien celui qui empêche tout jeu à défaut de jouer. Avec une débilité telle, l’avortement de notre expérience démocratique est assuré.
Pourtant, tout démocrate sait, y compris dans les démocraties anciennes, que la fraude ne peut disparaître, la nature humaine étant imparfaite, portée au trucage. L'honneur de la démocratie est d'en limiter les effets, faisant en sorte que cela ne modifie pas le sens du vote et la volonté des électeurs.
Ayant déjà pointé les irrégularités de l'opération électorale, dénonçant ce que j'ai qualifié de comédie, je ne peux être soupçonné de subjectivisme. Cela m’autorise à dire qu'il n'est pas permis au militant des valeurs, s’il n’est pas le guignol d'une démocratie de simulacre, de rejeter le résultat d'un scrutin défavorable en s'appuyant sur des imperfections limitées, sans effet sur l’essence de l’acte électoral.
Du devoir éthique du démocrate
Un authentique démocrate fait preuve d'humilité, acceptant à l'avance le résultat négatif. Ce n'est pas le cas de M. Marzouki se réservant l’illégitime droit de contestation d'un résultat en sa défaveur au risque de faire basculer notre pays dans l'horreur s'impatientant à ses frontières.

En notre Tunisie au seuil d'une démocratie fragile, le devoir éthique du candidat prétendant être démocrate est de s'engager d’accepter à l'avance le résultat d'une élection honnête malgré ses imperfections, ainsi saluée par la communauté internationale, les observateurs nationaux.
Un tel devoir incombe particulièrement à celui qui use d’arguments manichéens et de moyens illégitimes embrigadant ses fans transformés en fanatiques. L'ISIE doit imposer un tel engagement avant le vote, car sinon il risque d'ouvrir, avec le résultat attendu contraire aux prétentions du candidat concerné, une véritable  boîte de Pandore.      

Publié sur Leaders sous le titre :
Marzouki et l'obsession du pouvoir