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jeudi 11 septembre 2014

Une éthique politique 8

Plaidoyer des Nations Unies pour la dépénalisation de la drogue


C'est un nouveau pavé qui vient d'être lancé dans la mare de ceux qui  tiennent chez nous et ailleurs à la pérennisation de la législation répressive actuelle en matière de drogues.
Le réquisitoire sévère émane cette fois-ci des Nations Unies dont la Commission globale sur la politique des drogues a publié mardi 9 septembre un rapport accablant dénonçant les mesures cruelles en vigueur de par le monde en la matière. 
Et c'est le cas de notre législation tant décriée, mais qui reste en l'état; même les engagements pris par le gouvernement récemment n'ont pas été suivis d'effet et la législation scélérate datant de la dictature continue de faire des victimes.  
Intitulé «Prendre le contrôle : Sur la voie de politiques efficaces en matière de drogues», le rapport fait des recommandations pertinentes pour remplacer les mesures ciblant les consommateurs souvent bien innocents et dont on fait des criminels. Ainsi, un simple joint chez nous entraîne la prison où la fréquentation rapprochée de criminels avérés finit par éduquer à la criminalité.
Le rapport commence par relever ce qui est devenu une loi sociologique classique, à savoir que la répression aveugle la plus sévère ne saurait éradiquer un phénomène social si elle en néglige les vrais ressorts. Or, en matière de drogue, le ressort principal reste la filière des revendeurs, jamais les consommateurs. Aussi relève-t-il l'augmentation continue du chiffre des consommateurs dans le monde, passant à 243 millions en 2012 alors qu'il n'était que de 203 millions en 2008. 
Il insiste surtout sur la nécessité de distinguer entre l'usage et  la vente de la drogue, le premier ne devant pas être criminalisé à l'encontre de la seconde, surtout quand elle est le fait de filières et de bandes organisées.
Il s'agit donc d'un appel à humaniser l'idéologie dominante en matière de lutte contre la drogue, «seule manière de réduire à la fois la mortalité, la morbidité et les souffrances liées à la drogue et la violence, ainsi que la criminalité, la corruption et les profits illicites favorisés par les politiques prohibitionnistes inopérantes».
C'est le marché qui doit être surveillé et réglementé, assure le rapport, l'État veillant surtout à  «ôter du pouvoir au crime organisé» tout en s'employant avec les associations concernées à «atténuer les dommages sociaux et sanitaires» causés par ce fléau.
Il est salutaire de lire dans ce rapport, alors que la réflexion est encore en cours en Tunisie, qu'un marché légal des drogues peut donner de meilleurs résultats sociaux et sanitaires qu'une législation axée sur la répression.  Celle-ci a fait la preuve de son inefficacité et même sa dangerosité, puisqu'elle fait des victimes de la drogue, souvent des jeunes gens non violents et innocents,  des criminels récidivistes et révoltés contre la société.
Souhaitons que ce rapport fasse enfin bouger les choses dans notre pays où la politique est — ainsi que le spécifie le rapport — contre-productive, contribuant à remplir largement les prisons de mineurs dont la seule faute aura été souvent de fumer un malheureux joint. Or, de tels mineurs dont l'avenir est ainsi détruit bêtement sont de plus en plus nombreux en Tunisie et dans le monde.
Il serait souhaitable que nos experts qui réfléchissent sur la question s'inspirent de ce rapport, notamment quand il préconise en modèle indépassable une règlementation de libéralisation de l'usage sur prescription médicale et délivrance par un pharmacien autorisé et une vente sous licence. 
Car, assure le rapport, c'est bien la seule manière efficace de nature à permettre à l’État, si sa volonté est sérieuse, de finir par prendre le contrôle du marché. Ainsi mettra-t-il en échec efficacement les menées des trafiquants tout en adoptant des politiques sociales et sanitaires sensées et qui évitent de pénaliser encore plus les victimes que sont les consommateurs de la drogue, surtout occasionnels.
Télécharger le rapport en français
Publié sur Leaders