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samedi 15 mars 2014

Justesse de voix et de voie 9

Sévère procès de nos gouvernants par Jabeur Mejri




Récemment libéré sous la pression de la société civile et les exhortations des amis d'Occident de notre pays, le prisonnier d'opinion Jabeur Mejri vient de se confier à deux journaux français, racontant son calvaire, livrant sa déception de son pays et disant son écœurement devant une hypocrisie gangrenant le pays.
Rappelons que Mejri a lourdement payé une erreur de jeunesse en croyant pouvoir s'exprimer librement sur un sujet sensible, usant de l'impertinence qu'autorise la démocratie, ne pensant pas qu'une caricature, même outrancière pouvait relever du blasphème, être condamnée comme un crime dans la Tunisie après la Révolution.
Celui qui sera probablement accueilli comme réfugié politique en Suède donne ainsi la plus mauvaise image, non pas de notre pays, mais de ses élites actuelles qui ont tout fait pour pervertir l'esprit d'une révolution qui a été un modèle du genre de la part du peuple.
Récupérée par des politiciens ne pensant qu'au pouvoir, on a vu ainsi une révolution qui était apolitique devenir celle de la revanche d'un islam rétrograde sur l'héritage Bourguibien. Celui-ci, s'il ne fut pas totalement positif en termes de politique, ne pouvait surtout pas être attaqué sur son œuvre en matière de religion, éclairée, en avance sur son temps et nullement manichéenne, malgré une stratégie inutilement provocatrice.
Le plus terrible dans les propos du jeune Mejri, c'est quand il dit ne plus ressentir d'appartenance à un pays qui ne réfléchit pas à ses enfants. Cela démontre à quel point nos politiques ont aggravé la coupure entre le pays légal et le pays réel, déjà grande du temps de la dictature. Que dire d'autre quand on sait que sous le magistère de deux noms supposés relever de l'idéologie des droits de l'homme, l'un à la tête de l'État et l'autre de l'Assemblée nationale, la Tunisie s'est payé le luxe de multiplier les prisonniers d'opinion avec la perpétuation, à ce jour, de l'arsenal répressif et liberticide de la dictature?
Si Mejri fait état de son isolement en prison où il a fait l'objet d'ostracisme et de rejet, il ne parle en fait que de toute la Tunisie devenue une prison pour une jeunesse vue de travers par les politiciens et qu'on essaye de forcer au silence à force de psychotropes idéologiques, langue de bois et mensonges dont la classe supposée éclairée use et abuse.
Aussi n'est-on pas surpris quand le prisonnier  politique de la Révolution affirme avoir été maltraité et torturé en vue d'aveux exigés par une justice injuste, étant encore politisée. Ainsi quand, la mort dans l'âme, il se dit fatigué, incapable de militer pour la liberté d'expression, bien que menacée plus que jamais.
C'est bien la preuve que la Tunisie est tombée bien bas sous le gouvernement d'une troïka qui devrait rendre compte de ses méfaits. Aussi, l'on s'étonne que ce qui reste de cette coalition néfaste ayant amené le pays à la banqueroute soit encore au pouvoir à travers deux de ses représentants éminents. Surtout qu'ils s'activent à préparer déjà, en une campagne électorale anticipée, un maintien au pouvoir grâce à un scrutin taillé sur mesure pour satisfaire les ambitions des grands partis et leurs alliés.
Si jamais ce qu'on mijote à petit feu arrive à se réaliser, ce serait à n'en pas douter multiplier des procès encore plus sévères des gouvernants actuels du pays que celui que vient de leur faire Jabeur Mejri.     
Publié sur Leaders