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ISLAM POSTMODERNE








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samedi 16 mars 2013

Un espace de démocratie 7

Le droit à la démocratie, un droit à l'impertinence et au rêve
 
Droit à l'impertinence :

Le coup du peuple tunisien, notre Révolution 2.0 que tout le monde estime être un modèle, est un droit à la démocratie. C'est ce droit que le peuple s'est offert, seul, à la force de son courage et avec le sang de ses martyrs.
Aujourd'hui, les élites gouvernantes veulent substituer leur volonté à celle du peuple au prétexte d'une légitimité électorale étriquée, qui est peut-être même désormais illusoire du fait de la façon dont ces élites s'adonnent à la politique.
Que voit-on, en effet ? Pour ne citer que le dernier cas honteux, celui de ces jeunes, qui furent pourtant les munitions de la Révolution, poursuivis pénalement pour avoir osé s'adonner à de l'impertinence politique dans une chanson de rap dont c'est la nature même d'être irrévérencieux.
On bafoue ainsi la liberté d'expression au nom d'un illusoire respect de l'autorité qui ne peut venir véritablement que du respect de la dignité du peuple. Et celle-ci est dans le respect de son droit imprescriptible à la libre expression; et l'impertinence est sa marque majeure.
Ce droit à l'impertinence est un aspect fondamental du droit du peuple à la démocratie qu'on viole tout simplement en continuant à user d'un arsenal juridique ayant servi la dictature contre laquelle cette jeunesse s'est justement révoltée.
Quelle différence y a-t-il, en effet, entre un gouvernement censé être issu de la Révolution et celui de la dictature si l'on perpétue la honte du recours à des délits qui servaient à celle-ci pour asseoir son emprise sur le peuple ?
Il est impératif, si le gouvernement actuel veut sérieusement prétendre représenter la Révolution, et à défaut de l'abolir tout simplement, de geler dans l'immédiat tout l'arsenal juridique qui sert pour la répression des libertés.
Ainsi et ainsi seulement il démontrera sa foi véritable en la démocratie et dans le droit du peuple à ce régime qu'il a mérité de haute lutte. Notre gouvernement qui prétend représenter le peuple osera-t-il le faire ? Le peuple attend des actes et non des paroles même bien choisies dans une langue de bois impeccable, qu'il n'écoute plus ni n'entend de toute façon.

Doit au rêve :

Le hic est qu'on ne prive pas seulement le peuple de son droit à l'impertinence; on lui confisque aussi tout droit au rêve qui est pourtant, en politique, un ressort incomparable de communication pour le politicien et un dérivatif pour le peuple à ses problèmes au quotidien.
Nos gouvernants n'osent même pas innover dans leur action et user de symbolique, parlant à l'imaginaire de ce peuple, notamment sa jeunesse qui a la tête pleine de songes qui se retrouvent vite transformés en illusions, cette voie royale vers la désespérance et toutes sortes d'extrémismes.
On sait que l'imaginaire tunisien, au-delà de la dignité que procure un travail décent et surtout pourvoyeur des moyens de la liberté, est travaillé par une irrésistible envie de libre circulation, d'attirance vers l'ailleurs, renouant avec sa nature nomade et sa vocation phénicienne de voyageur au long cours.
Pareil rêve amène nombre de nos jeunes à chercher le coup de feu sur les champs de bataille où ils s'adonnent volontiers aux illusions de la gloire militaire, ou à risquer leur vie sur des embarcations de fortune, moins à la recherche d'un Eldorado dont ils savent l'inexistence, que pour répondre à leur nature profonde les portant au vagabondage initiatique éminemment postmoderne.  
Or, que fait notre gouvernement pour aller dans le sens de pareil rêve ? Absolument rien ! Pourtant, rien ne lui interdit de déclarer solennellement le droit acquis par le Tunisien à circuler librement et d'en faire un axe de sa politique étrangère, ne serait-ce que pour le principe, en affichage symbolique aux retombées psychologiques certaines.
Au-delà du conformisme politique, qu'est-ce qui pourrait justifier pareille inertie, sinon une volonté occulte de porter à son comble la désespérance de la jeunesse et son courroux contre l'arrogance d'un Occident qui la rejette ? Machiavéliquement compréhensible, une telle attitude n'est, en effet, que fort utile en termes idéologiques, faisant de ces jeunes les recrues toutes prêtes et fanatisées des mouvements religieux extrémistes censés répondre à leur besoin de valorisation et leur soif de dignité. 

Le J'accuse du peuple à ses élites :

L'un de ces jeunes a usé dernièrement des allumettes qu'il ne pouvait plus vendre pour partir en fumée. Son âme (car, en islam, on croit au contact entre les âmes, vivantes comme mortes) est venue me parler au nom du peuple et de sa jeunesse qui offre son corps aux flammes ou qui brûle au feu du rêve d'une vie digne.
S'adressant, m'a-t-elle dit, aux politiques de notre temps, nationaux et internationaux, elle accuse. Voici ce que je l'ai entendu dire dans son impertinence d'outre-tombe où elle peut s'y adonner en toute liberté :
« J'accuse nos politiques de rester sourds aux cris de détresse de la jeunesse, n'osant rien de concret susceptible de répondre sérieusement à ses légitimes revendications, ne serait-ce que sur le plan symbolique par une mesure majeure parlant à leur imaginaire, satisfaisant leur soif de dignité, comme d'exiger en leur nom leur droit inaliénable à circuler librement dans le monde. Certes, cela ne résout pas leur misère, mais l'atténue au moins en donnant consistance à leurs rêves de liberté et de dignité.
« J'accuse les politiques européens et américains d'être autistes, plus soucieux de la plus-value marchande des biens que de la valeur suprême qu'est l'être humain. Je les accuse d'ouvrir les frontières devant les marchandises et de les fermer devant les hommes dont le mouvement libre et sans entraves est le premier droit inaliénable. Je les accuse d'être les complices objectifs des marchands de la mort qui osent, eux, traiter les humains en marchandises, les faisant passer les frontières au péril de leur vie dans un confort moindre que celui prévu pour les biens.
« J'accuse les politiques, nationaux et internationaux, de dogmatisme idéologique quand ils affichent une farouche opposition à tout intégrisme religieux rendu responsable de tout alors qu'il ne fait que s'alimenter de pareille politique d'aveuglement, y puisant ses munitions humaines, les jeunes perdus, dépossédés de tout. Je les accuse de pyromanie dans leur théâtre d'ombres de faux pompiers.   
« J'accuse les politiques nationales et européennes actuelles de verser objectivement dans le terrorisme en encourageant indirectement les jeunes, privés même de ce qui fait la spécificité humaine, le droit de rêver, à se sacrifier par désespoir aux chants des sirènes haineuses et liberticides.
« Et je t'accuse aussi toi à qui je m'adresse, comme j'accuse toutes les bonnes consciences, de ne pas faire assez pour réveiller ce monde assoupi, qui marche sur la tête, menant l'humanité entière à une plus grande catastrophe, ne convenant qu'aux commerçants cyniques des armes et de la mort. »

Un espace de démocratie méditerranéenne et/ou francophone :

À cette voix de l'au-delà, dont les intonations sont même perceptibles en notre in-delà pour qui a l'ouïe fine, j'ai répondu que je me présente volontiers devant le tribunal de la conscience humaine, invitant à m'y suivre tous ceux qui le voulaient, pour rendre compte de nos actions contrariant vainement le sens de l'histoire, ne faisant que le ralentir, violentant le simple bon sens, se satisfaisant d'une bonne conscience frelatée, rejetée même par les simples d'esprit.
Il n'est que temps, dis-je, de donner une assise matérielle au rêve et d'en finir avec les clairs-obscurs, même pas artistiques, de la politique actuelle, sa langue de bois et son immoralité.
Hier, un juste, Stéphane Hessel, est parti après avoir appelé en vain les politiques à s'indigner de l'indignité de leur pratique politique. Faut-il que tous les rares justes ne soient pas entendus ou à peine après leur mort ? Or, il est question du trépas de tout un monde, car l'ordre de l'ancien monde est déjà périmé, et le futur est encore en gestation dans la confusion accompagnant les changements d'importance.
Que mon cri du cœur aide à renforcer les lumières de notre conscience, à diminuer quelque peu ses ombres, néfastes à terme pour tout le monde, y compris et surtout pour ceux qui en profitent aujourd'hui et qui ont tout à perdre ! Car pour les autres, ils ont déjà tout perdu et n'ont plus rien à perdre, sauf leur condition de devoir souffrir à demeure. Qu'on y songe et que se réveille enfin notre sens moral assoupi dans les catacombes de la République des âmes mortes !
Et j'ai promis à ma voix d'outre-tombe d'œuvrer inlassablement pour un espace de démocratie méditerranéenne et/ou francophone, un espace qui consacre la libre circulation, sous couvert d'un visa biométrique de circulation, comme un acquis évident de démocratisation et une exigence pour la réussite de la modernisation politique, aucune démocratie ne pouvant naître et durer dans une réserve en notre monde globalisé.
Ayant déjà appelé pour un espace de démocratie méditerranéenne, j'y ajoute aujourd'hui la dimension francophone pour insister sur le rôle majeur que la France peut et doit jouer en vue de la mise en forme de ce projet auprès des instances européennes, la francophone étant une composante essentielle de la politique étrangère de l'Hexagone.
Il s'agirait alors d'un nouveau challenge à relever pour la communauté de la francophonie qui, outre le français en partage, aura alors à promouvoir la démocratie en partage. Car qui peut aujourd'hui en France, outre le fait de parler français, se désintéresser de vivre en démocratie?
Une vraie démocratie peut être érigée en Tunisie, mais elle est en péril. Seule une proximité plus grande de l'Europe, allant jusqu'à l'intégration en son espace, est de nature à assurer à la Tunisie la réussite de sa démocratie. Et, comme préalable, car le peuple ne peut trop attendre, la liberté de circulation telle que décrite ci-dessus pour la jeunesse tunisienne est le meilleur rempart contre sa dérive actuelle vers les extrêmes.
Si l'Europe ne se décide pas à ouvrir les yeux sur les réalités en Tunisie et les graves dangers dont est gros l'avenir, la France doit oser jouer le rôle de locomotive qui lui incombe en tant que chef de file de la francophonie. Ainsi soutiendra-t-elle sérieusement les locuteurs du français en Tunisie, dont le nombre se réduit comme peau de chagrin, dans leurs efforts pour faire de leur pays un modèle de République démocratique.
Ainsi l'islam politique ne sera, en Tunisie Nouvelle République, qu'à la manière des partis chrétiens d'Occident, une démocratie i-slamique (que j'écris volontiers ainsi, pour éviter toute confusion) communiant dans le pluralisme et assumant, dans leur entièreté, sans la moindre restriction, les droits universels de l'Homme et les valeurs démocratiques internationales.