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I-SLAM : ISLAM POSTMODERNE








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vendredi 19 août 2016

Agiacteur d'idées 1

Commerce de la religion et marchandisation de la vie



Tout porte à croire que le vent politique est en train de tourner en Tunisie. On sait qu'il n'est pas plus facile en politique que de changer de partenaire. Surtout pour choisir le plus éthique tout en étant le plus sûr garant des intérêts basiques ! C'est ce que les plus lucides à Ennahdha sont en train de vérifier auprès de son soutien stratégique américain, de moins en moins satisfait de sa jonglerie politicienne périmée. 

Depuis Max Weber, on n'a plus à le démontrer, et le christianisme protestant jusqu'à nos jours le vérifiant amplement : la religion rigoriste est la meilleure alliée du capitalisme dans sa déclinaison la plus sauvage. 

Nous le constatons journellement en Tunisie avec le soutien américain apporté au parti islamiste et aux réticences de ce parti aux efforts tentés par la présidence pour sauver la patrie. 

Car ce qui menace la Tunisie, plus que tout, est le commerce  éhonté de la religion pratiqué par Ennahdha et la marchandisation de notre vie que veulent imposer les lobbies d'argent nationaux qui ne sont rien sans le soutien des capitalistes internationaux alliés aux marchands de l'islam rigoriste.

Le gouvernement d'union nationale

C'est à cela que se réduit, en gros, la bataille de la composition du gouvernement d'union nationale qui doit être, non pas une union de forces partisanes, mais d'objectifs réalisables immédiatement. 

Ceux qui sont le plus en mesure d'être concrétisés rapidement, tout en créant la révolution mentale qui urge, sont ceux qui se situent sur le plan législatif : l'abolition immédiate des lois de la honte datant de la colonisation et de la dictature et perpétuant un islam sclérosé. À commencer par l'égalité successorale. Et l'engagement, sans plus tarder, dans une diplomatie innovante, au diapason de sa brillante tradition.  

C'est ce à quoi se refusent de larges pans du parti islamiste qui n'ont en vue que leurs intérêts terrestres et le commerce islamique de bas de gamme qui n'est plus une caricature de cette foi libérale, risquant gros une transformation en association de malfaiteurs! Aussi, s'ils veulent continuer de faire le commerce que l'islam encourage, ils sont tenus de cesser de pratiquer le dol et la fourberie des mauvais commerçants, le Coran les dénonçant assez au demeurant.


Il existe bien un marketing noble et digne, usant des techniques et des méthodes réellement basées sur la connaissance des besoins du citoyen tunisien, — qui n'est plus alors réduit à n'être qu'un consommateur, — ainsi que des structures du pays — guère plus cantonné à la destinée d'un souk. C'est en veillant que le tout soit utilisé non pour développer les ventes de produits importés et les services créés artificiellement, mais en concrétisant les libertés et les droits qui font cruellement défaut au pays. Ainsi profiterait-on — mais selon les règles de l'art et éthiquement — de ce qu'on appelle marketing viral, cette technique usant du message auprès d'un groupe restreint pour le propager massivement auprès du plus grand nombre. 

Le programme d'objectifs d'union nationale doit donc porter sur un package de mesures législatives d'ordre interne et international emportant coupure avec l'ordre actuel obsolète et révolutionnant les mentalités. 

Sur le plan interne, à titre d'exemple, cela va de la libéralisation du commerce d'alcool (nullement interdit en islam où seul l'ivresse l'est), à celle du sexe entre adultes consentants (quelle que soit leur orientation), la dépénalisation du cannabis (moins nocif que la cigarette et qui ruine l'avenir de nos jeunes innocents). Sur le plan international, cela implique nécessairement et pour le moins un moratoire de la dette (à défaut de son effacement), la liberté de mouvement des Tunisiens sous visa biométrique de circulation et la normalisation des rapports avec Israël.

En effet, il est bien temps, en matière de politique comme de religion (qui est l'essence de la politique aujourd'hui), de sortir de la religiosité actuelle dominant la vie du pays en violation de l'islam et de la constitution du pays où la notion d'État civil est cardinale. 

Pour cela, il faut stopper les marchands de soupe islamique sur leur propre terrain en démontrant que l'islam est une spiritualité, un mets de luxe nécessitant que nos restaurateurs, qui font leur cuisine politique du commerce de la religion, soient de vrais fins cordons bleus.

Si la Tunisie doit relever de la galaxie libérale, autant que cela soit un libertarisme, et pas ce libéralisme sauvage actuel au seul service des salafistes religieux comme profanes ; un libéralisme raisonné, libéral, non seulement en termes économiques, mais d'abord politiques, à commencer par le domaine des moeurs.

L'exemple du burkini 

Or, si on fait bien aujourd'hui du marketing viral, on ne le fait que pour tromper et faire écouler des produits variés ; en l'occurrence, un islam frelaté. C'est ce qui se produit avec cette hérésie du burkini, apothéose du marchandisage de l'islam intégriste. Car si un burkini est envisageable en tant que concept religieux, il ne peut l'être qu'en tant que produit biblique, nullement islamique ! 

Aussi, à quoi serti-il de faire semblant de lutte contre une telle opération commerciale dénaturant l'islam tout en allant dans son sens ? La sincérité de l'intention commande de chercher moins à interdire ce qui n'a  rien d'islamique, et qui n'a, comme résultat concret, que de donner plus de force aux commerçants de la religion, situant le sujet sur le terrain de la liberté. 

Être à la foi éthique et véridique consiste à se placer sur le terrain des intégristes et d'user de leurs propres armes tout en les retournant contre eux. Cela implique donc non pas d'appeler à interdire le burkini ni le voile intégral, mais bien au contraire d'appeler à sa contrepartie obligée, une liberté liée : le droit au nu intégral. 

Cela est d'autant plus légitime que l'islam authentique n'interdit nullement le nu dont il ne fait même pas un péché. Voilà comment on finira par faire tomber le masque sur le visage de nos musulmans bibliques, se prétendant relever du Coran et de la Sunna! 

Le jeu malsain d'Ennahdha

C'est bien pour cacher leurs propres turpitudes mercantiles que les cercles proches d'Ennahdha parlent à tout bout de champ de celles des lobbies d'argent sale. On sait, en effet, que la corruption et l'intégrisme religieux sont des jumeaux monozygotes.  

Pour mieux s'en rendre compte en notre pays, il suffit de pister les contrebandiers et les grands corrompus agissant pratiquement au grand jour pour savoir qu'ils disposent de protections occultes derrière le paravent de la morale et de la religion. Une morale pudibonde, bien évidemment et une religion viciée, n'ayant rien d'islamique, où la vraie pudeur est que le fidèle n'a rien à cacher, Dieu voyant tout et n'ayant honte de rien, puisqu'il crée l'humain nu et le reçoit au Jugement dernier dans la tenue d'Adam !

C'est bien connu en marketing, la promotion des ventes doit tout s'autoriser, jusqu'au mensonge; et le parti Ennahdha, maître en l'art d'informer, ne saurait ignorer le travers d'une telle désinformation. Or, notre religion impose la parole de vérité, y compris contre soi. En matière de pudeur, cette parole est que le nu n'est nullement un péché en islam! Rappelons-le, donc: le premier pèlerinage de l'islam triomphant s'est tenu selon la tradition arabe de nudité totale, féminine comme masculine, autour de la Kaaba.

Car l'Arabe n'a jamais fait de la nudité un tabou ! Ni du sexe d'ailleurs. Certes, dès le second  pèlerinage, la nudité a été bannie ;  mais cela fut sous l'influence d'une interprétation biaisée de l'islam confondant nudité et impudeur, venant de l'imaginaire judéo-chrétien des interprètes de l'islam premier et qui n'étaient pas des Arabes dans leur quasi-majorité. 
  
En islam pur, non seulement la nudité ne pose pas de problème, n'étant pas impudique, mais même le sexe était autorisé durant le pèlerinage ; cela s'appelait la jouissance du pèlerinage متعة الحج qui n'a été interdite qu'après la mort du prophète et de son premier successeur par le calife Omar dont on sait le rigorisme. C'est d'ailleurs de son temps qu'on a surtout commencé à imposer un voile qui n'a rien d'islamique.

 Il faut sauver l'islam de ses marchands !

Toute religion a ses marchands ; on les appelle de marchands du Temple dans le christianisme où est célèbre la « sainte colère » de Jésus-Christ à la vue des marchands du Temple, et qu'il chassa ; ce qui ameuta les juifs contre lui, finissant par le mettre à mort.

Il nous faut faire comme Jésus, car les marchands judéo-chrétiens de l'islam font tout pour le défigurer, en altérer l'essence révolutionnaire, y réintroduire la tradition biblique de l'Ancien Testament rejetée par l'Occident à la faveur de la démocratie.

Aujourd'hui, les plus justes croyants du christianisme insistent sur la distinction à faire dans la Bible entre Ancien et Nouveau Testament. Il est même des fidèles pour oser se dire catholiques mais non chrétiens, donc loin de l'esprit protestant que nous retrouvons aux États-Unis. On le sait, d'ailleurs : les Américains sont aussi pudibonds que nos intégristes religieux qui leur rappellent leurs traditions en réactivant en islam les turpitudes de l'Ancien Testament.

Ce sont eux qui encouragent sans vergogne les crimes des rigoristes wahhabites et daéchiens ! Nos faux musulmans ne veulent rien d'autre que réintroduire dans l'islam ce que la démocratie a évacué de la Bible : la tradition judaïque. Car il n'y a rien d'islamique dans le wahhabisme ni chez Daech ; il n'y a qu'une tradition judaïque réprouvée par les plus spiritualistes des siens, y compris chez les juifs grâce à la kabbale, ce soufisme juif, devant beaucoup à la spiritualité islamique.

Il est ainsi temps, qu'en une Tunisie où le soufisme est paisible, préservant l'essence de l'islam, d'y agir pour cet islam-là ! Il est temps de dire que l'islam en Tunisie est soufi et non islamiste ! Ainsi mettrons-nous un terme aux menées de nos marchands de bonheur et d'orviétan, nos charlatans qui inspirent nombre de politiciens d'Ennahdha. 

Si marchandisation doit avoir lieu dans notre pays, autant faire en sorte qu'elle le soit selon les règles de l'art toit en étant utile et profitable au peuple ; car si le nivellement est inévitable, autant qu'il soit par le haut ! 

Aussi nous faut-il réfléchir sérieusement à combattre nos daéchiens occultes, marchands de camelote nocive, en leur opposant leurs semblables, mais ne vendant rien de nocif : des marchandes de plaisir, par exemple ! Ainsi usera-t-on des meilleures armes pour battre à plate couture le rigorisme et ses faux chevaliers à triste figure.

Et si Ennahdha n'est pas prêt à un tel aggiornamento démocratique, qu'il se retire donc du gouvernement tout en lui apportant son soutien. Il fera alors de l'opposition utile lui permettant dans le même temps de rénover ses structurés obsolètes de pensée et d'action. N'est-ce pas ce qu'avait déjà conseillé cheikh Mourou, plus lucide dans ses rangs après le grand gourou matou Ghannouchi ? Car l'ami américain ne tardera pas à changer de position à l'égard de son chouchou actuel ; que les moins lucides le sachent ! 


Publié sur Al Huffington Post