Il est temps enfin pour une révolution copernicienne en matière de libertés privées ! Voici le projet de loi 3  en 1 en arabe, et en français). Qui pour le défendre dans les médias et le proposer au parlement ?

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lundi 6 août 2018

Fair-pray, islam policé 9

Comment être sûr que la Tunisie est une dictature et comment en sortir !


 
Contrairement à ce qu’on prétend, la Tunisie est toujours soumise à l’ancien régime. Elle est toujours une dictature, car ce qui fait l’essence de ce régime supposé déchu, sa législation, est pour l’essentiel en vigueur. Or, une démocratie, c’est d’abord des droits et des libertés.

Un pays sans droits ni libertés

Certes, on nous dit que la constitution a consacré les droits citoyens essentiels et ses principales libertés; mais ce texte majeur est resté lettre morte sur ses aspects essentiels, tout comme sur tant d’autres, telle la mise en place de la Cour constitutionnelle qui aurait assurément aidé à mettre fin aux lois illégales qu’appliquent nos juges.

Vous avez bien lu : nos juges appliquent des lois illégales, car elles ont été rendues nulles de nullité absolue par la constitution, et les juges, en respectant la loi suprême, ne devraient pas continuer d’appliquer des lois nulles.

En voici quelques-unes toujours appliquées par des juges qui ne prononcent donc que l’injustice et non la justice au nom du peuple puisqu’ils appliquent des lois n’ayant plus cours légal du fait de la constitution.

C’est à ce florilège que l’on réalise que la Tunisie est toujours soumise à la dictature. Car on se  croirait encore sous Ben Ali.

En effet, sous Ben Ali, au nom du respect de la religion, on interdisait la vente d’alcool le vendredi et durant ramadan sans parler de sa consommation; ce qui continue à être le cas bien que la constitution consacre la liberté privée et réserve la religion à la sphère intime.

Sous la dictature, toujours au nom de la religion, on interdisait le bisou en public tout en fermant de temps en temps les yeux, tout en se montrant quelque peu laxistes sur les tenues légères. Aujourd’hui, il n'est plus question de laxisme et le bisou en public tout autant que les tenues légères, même un simple short boxer pour les hommes ou une robe ne tombant pas au-dessous des genoux pour les femmes, jugées offensantes, et même interdites dans les administrations.

Sous Ben Ali, on pratiquait déjà la test anal, mais pas d’une manière systématique, le faisant à la tête du client. Aujourd’hui, c’est une arme redoutable contre tous les jeunes soupçonnés d’homosexualité.

Sous la dictature, les homosexuels étaient déjà victimes des exactions du régime qui n’était cependant pas toujours trop regardant sur la chose du moment qu’elle se faisait discrète; or, ce n’est plus le cas, la dictature morale aujourd’hui est encore plus scélérate à pister les gays jusques chez eux, dans leur intimité.

Sous la dictature, les jeunes fumeurs de cannabis voyaient leur vie et leur avenir brisé par une mise au cachot systématique. Cela continue aujourd’hui, même si la prison n’est plus systématiquement prononcée par le juge. Mais le délit est toujours constitué pour ce joint qui n’est guère plus nocif qu’une cigarette qu’on tolère malgré ses dégâts sur la santé alors que le cannabis n’en a pas ou bien peu par rapport au tabagisme.

Sous la dictature, le sexe hors mariage entre adultes consentants était certes officiellement interdit, mais les autorités fermaient les yeux, quitte à faire du chantage pour ne pas engager des poursuites. Aujourd’hui, le sexe est totalement hors la loi sans nulle exception.

Sous la dictature, on persécutait déjà les gays ou les homos comme on dit; mais là encore de manière non systématique. Aujourd’hui, c’est fini: car on implique la religion qui est pourtant bien innocente de ce qu’on colporte à son sujet, l’islam n’ayant jamais été homophobe.

Et bien évidemment, à la veille du 13 août, cette fête de la femme qui est réduite à n’être que la fête des voeux pieux, on refusait du temps de la dictature l’égalité successorale; et on continue à le faire.

Or, c'est aussi et encore à tort au nom de l’islam qui a le plus élevé le statut de la femme, inaugurant la démarche vers l’égalité laissée à la charge des vrais musulmans, ceux qui ont en vue les  visées de l’islam quant à l’égalité et à la justice et non les propres intérêts machistes de croyants injustes.   

Rendre sa dignité au peuple

Ce ne sont là que des exemples pertinents illustrant l’abîme séparant les propos de nos élites et les faits, ce qu’elles font au concret. Pourtant, ces élites ne sont au pouvoir que grâce au soutien de l’Occident qui ne veut pas voir la réalité, ce chaos qu’il a créé en Tunisie au service exclusif de ses intérêts mercantiles, certes, ais aussi au nom de ses valeurs.

On comprend bien qu’il serve ses intérêts mercantiles, mais que cela soit dans la dignité et non en versant dans cette indignité à laquelle il soumet un peuple qui est naturellement digne!

Ce peuple est loin d’être ce qu’il croit : versant dans la religiosité de ceux avec qui il a fait alliance.

Le peuple de Tunisie est juste spiritualiste; il n’est nullement attaché aux thèses intégristes des religieux que l’Occident chérit; il  a voté pour eux juste  pour l’aura qu’ils avaient d’être des opposants au régime de la dictature, croyant naïvement à ce que leur théologie était de libération.

Au vrai, ce peuple est libertaire et jouisseur. Il est aussi paisible dans l’âme, mais n’aime pas trop qu’on abuse de sa gentillesse. Il est ainsi comme cet acacia d’Afrique qui n’accepte pas que l’on broute ses feuilles au-delà d’une certaine limite à partir de laquelle il commence à émettre un tanin rendant ses feuilles subitement empoisonnées pour qui veut continuer à les brouter.

Le Tunisien veut bien que son pays soit le meilleur élève de l’Occident libéral, mais il a le droit et la prétention d’exiger que cela soit en tout bien tout honneur, en étant traité en citoyen d’une démocratie véritable et non en sous-démocratie, donc avec les droits que le libéralisme garantit.

Car le libéralisme n’est pas que la libre circulation des marchandises, mais aussi et surtout de ceux qui sont à l’origine de telles richesses, les humains. Le libéralisme n’est pas qu’une liberté économique de tout faire et de tout laisser passer; elle est aussi dans une pareille  liberté dans la vie intime tout comme en société en matière politique.

Aussi, le Tunisien exige que l’Occident impose à ses alliés islamistes d’arrêter de jouer avec les mots d’islam médian, puisqu'il il n’existe point; l’islam étant soit intégriste soit révolutionnaire.

Le Tunisien demande donc à l’Occident d'imposer à ses alliés de se rallier aux voix amies de l’Occident qui veulent que la Tunisie adhère aux droits humains le plus vite, et ce au nom non seulement de sa constitution, mais aussi de sa religion. En effet, l’islam pur n’a jamais été ni homophobe ni opposé à la réalisation de l’égalité successorale. L’islam correctement lu n’a jamais été; non plus, contre la liberté de consommer l’alcool ou même le cannabis, ainsi que de s’adonner au sexe entre majeurs consentants. Tout cela est bien dans l’islam originel que bafouent les islamistes alliés de l’Occident qu’il faut raisonner.

Que cela soit donc fait à l’occasion de ce 23 août, fête de la femme en Tunisie. Un projet de loi réalisant sans plus tarder l’égalité successorale couplée à l’abolition de l’homophobie, négation du différent absolu, a été proposé par la société civile. Que l’Occident exige de ses alliés islamistes et supposés modernistes de le retenir; car il ne sert à rien de continuer à louvoyer et de semer les graines de la discorder dans le pays. Cela desservira tout autant le vivre ensemble dans le pays que les intérêts du libéralisme qui ne peut y marcher sur un seul pied, celui de l’économie. Il a besoin, en effet, pour durer, que la liberté en matière de vie privée soit assurée.

Il se dit que le président de la République, dans le cadre d’une énième manoeuvre politicienne, proposera au parlement le code avancé par la Colibe, la commission qu’il a constituée le 13 août 2017, pour satisfaire la juste revendication d’égalité successorale. Or, cela ne servira qu’à renvoyer aux calendes grecques cette cause.

En effet, le code de la Colibe, combien même il se présente progressiste, est une sorte d’usine à gaz qui nécessitera du temps si jamais elle doit être votée. Aussi, il vaut mieux proposer déjà un texte simple, concentré sur deux aspects sensibles qui bloquent les mentalités les plus rétives à la démocratie et à l’humanisme, quitte à oser, par la suite, les autres droits évoqués par le code de la Colibe. D’autant plus qu’il existe, au niveau du ministère de la Justice, des projets de réforme du droit pénal.

Aussi, ce qui compte aujourd’hui, c’est de réaliser la bascule dans l’humanisme sans plus tarder, et qui ne peut plus supporter de retard. Que l’Occident donc, dont on sait le poids et l’influence auprès des autorités tunisiennes, surtout auprès de ses obligés, les religieux d’Ennahdha, agisse pour que la Tunisie soit enfin libérée des deux tares majeures qui empêchent sa métamorphose démocratique : l’égalité successorale et l’abolition de l’homophobie.

Et que cela soit fait en ce 13 août avec l’annonce du président de la République qu’il proposera le projet de loi ci-après au vote, au plus vite, de l’Assemblée des représentants du peuple, et ce au nom de l’intérêt bien compris de l’état tunisien dont il est le garant.

Projet de loi pour l'égalité successorale et
la liberté sexuelle
Au nom des impératifs de la Constitution tunisienne du 27 janvier 2014 et à sa référence aux valeurs de l'islam et aussi de l'humanisme universel, notamment la référence majeure des droits humains, dont la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948 et l'ensemble des conventions internationales garantissant les droits humains ratifiées par la République Tunisienne,

L'Assemblée des Représentants du Peuple a adopté la présente loi pour l'égalité successorale ainsi que l'égalité et la liberté sexuelle abolissant l'homophobie. 

      

En premier lieu,

JUSTICE PAR L'ÉGALITÉ SUCCESSORALE ENTRE LES SEXES



 Eu égard à la consécration constitutionnelle de la parfaite égalité des citoyens,

 Tenant compte du rôle éminent de la femme dans la société tunisienne et son droit d'égale de l'homme, 

 Et par référence aux visées de l'islam qui a honoré la femme et élevé son statut dans une démarche progressive et progressiste en conformité avec le sens de l'histoire et les valeurs humanistes universelles, 

  

En second lieu,

ÉGALITÉ DANS LA LIBERTÉ SEXUELLE PAR L'ABOLITION DE L'HOMOPHOBIE



Attendu que l’homophobie est contraire aux droits de l'Homme et au vivre-ensemble paisible, à la base de la démocratie,

Attendu que l’orientation sexuelle relève de la vie privée que respectent et l’État de droit tunisien et l’islam,

Attendu que l’article 230 du Code pénal viole la religion musulmane qui n’est pas homophobe étant respectueuse de la vie privée de ses fidèles qu’elle protège ;



 L'Assemblée des Représentants du peuple décide :



Article premier : 

 Pendant une durée de dix ans à partir de l'entrée en vigueur de la présente loi est suspendue dans le livre neuf du Code du Statut personnel intitulé "De la succession" la règle de l'attribution à l'héritier masculin d'une part double de celle revenant aux femmes.

 Durant cette période et sauf refus avéré de la femme concernée, il lui sera attribué une part égale à celle revenant à l'héritier de sexe masculin.  

 Au bout de dix années d'application de la présente loi, elle sera confirmée et rendue définitive ou abrogée selon une évaluation réalisée sur la décennie de son application.

 Celle-ci sera examinée par l'Assemblée des Représentants du Peuple avant la fin de la décennie d'application de la présente loi pour sa confirmation définitive ou son abrogation. 



Article second : 

La vie privée étant respectée et protégée en Tunisie, l’article 230 est aboli.



Article troisième : 

 La présente loi entre en vigueur dès sa publication au Journal Officiel de la République Tunisienne et annule tout ce qui est contraire à son texte et son esprit dans la législation en application dans le pays. 
 
Publié sur Huff Post