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jeudi 28 août 2014

Postmoderne Méditerranée 1

Ceuta et Melilla, argument massue d'adhésion à l'Europe du Maroc et du Maghreb



La récente mésaventure du roi du Maroc se faisant arraisonner au large de Ceuta pour entrée illégale dans les eaux territoriales européennes — qui sont dans le même temps celles du Maroc — jette un éclairage particulier sur cette aberration historique qu'est le statut de Ceuta et Melilla. Elle rappelle aussi la vérité que l'on ne veut pas admettre  de l'extension de l'Europe au Maghreb. 
Or, le continent européen ayant déjà son prolongement territorial au Maghreb à travers ces présides, il ne peut refuser en retour une demande maghrébine d'adhésion à l'Europe, du Maroc pour le moins, déjà informellement effective. 

Ceuta et Melilla, une survivance du passé colonial

Les présides de Ceuta et Melilla représentent les séquelles du passé colonial européen au Maghreb. Aujourd'hui, ces territoires incrustés dans le royaume marocain sont farouchement défendus comme étant une partie intégrante du territoire national espagnol, une extension de l'Europe sur le territoire du Maroc.
La ville de Ceuta, un port situé sur une presqu'île rocheuse, était une occupation portugaise depuis 1415 annexée par l'Espagne en 1580. Quant à Melilla, cette ville port en zone orientale du Rif est espagnole depuis 1496. 
D'où cette histoire d'eaux territoriales européennes prenant le pas sur les eaux marocaines qui, en bonne logique, devraient englober les premières et non le contraire. L'incident diplomatique dont le roi a été victime — tout en confirmant cette aberration — rappelle l'imbrication inévitable des pays maghrébins dans l'espace européen.
Ainsi, ce ne sont pas seulement Ceuta et Melilla qui pérennisent le passé, colonial en l'occurrence; les rapports économiques, sociaux et culturels peuvent aussi être appelés en démonstration du sort inséparable du Maghreb de l'Europe et inversement. 

Le Maghreb, une extension européenne en Afrique

Le présent comme l'avenir du Maghreb ne peut être dissocié de celui de la Méditerranée qui est indissociable des intérêts de l'Europe. Cette affirmation est plus que jamais vraie; elle  l'est sur le plan géostratégique tout aussi qu'économiquement, culturellement et socialement. 
Déjà Hegel le reconnaissait, et il représente au mieux l'esprit occidental épris de l'exigence de la raison, de la rigueur et de la rationalité du concret. Dans La Raison dans l’Histoire, il écrit : « L’Afrique est, pour ainsi dire, composée de trois continents qui sont totalement séparés l’un de l’autre et n’ont aucune communication réciproque. L’un se trouve au sud du désert du Sahara : c’est l’Afrique proprement dite (…) ».
Il y précise même : « L’Afrique septentrionale donne sur la méditerranée et s’étend, vers l’ouest, jusqu’à l’Atlantique (…) C’est un territoire qui s’étend jusqu’à l’Egypte (…) il y a des vallées fertiles qui en font l’une des plus belles et des plus riches contrées du monde (…) On peut dire que toute cette zone n’appartient pas à l’Afrique, mais à l’Espagne [c'est-à-dire à l’Occident] ».
Voilà ce qui va non seulement dans le sens des prétentions européennes sur Ceuta et Melilla, mais fonde tout autant la prétention en retour de l'adhésion du Maroc (et du Maghreb, forcément) à l'Europe, pour peu que ses dirigeants actuels osent le demander en arrêtant de céder au dogmatisme et au conformisme stériles qui nous gouvernent.  

Vision hégélienne de la Méditerranée 

L'économie et la géostratégie l'imposent donc pour tout esprit qui se targuerait de n'être que focalisé sur les dures réalités, ne se laissant pas aller à ce qu'il taxerait de vaine rêverie. Celle-ci, aujourd'hui, est de prétendre encore que le Maghreb ne fait pas partie de l'Europe qui est déjà au Maghreb politiquement, économiquement et même sociologiquement et culturellement.
En philosophe de l'histoire, Hegel avait-il tracé ce que devraient être, en Méditerranée pour le moins, les lignes de force de la diplomatie européenne de demain, et ce en affrontant avec objectivité « la chose même, c.-à-d. la connaissance effectivement réelle de ce qui est en vérité. » 
Cela doit amener à comprendre la réalité particulière des migrations en Méditerranée dans son avenir et sa finitude, en la saisissant sous l'aspect holiste, celui de totalité, qui est le sien, cet universel concret, et comme une manifestation de ce qui se passe ailleurs, dans les zones de conflits, tel surtout le Moyen-Orient.
Un absolu s'impose aujourd'hui à l'Europe en tant que pendant contemporain de sa destinée passée de puissance coloniale à laquelle elle ne saurait continuer de chercher à y échapper. Ce sera une réalisation progressive et dramatique de soi, y compris en acceptant son aspect déchirant sur le plan de la politique intérieure. Pour paraphraser le grand philosophe, cela implique l'engagement européen dans l'être-autre et l'aliénation, ce qui serait en apparence la négation de la différence actuelle sur laquelle est basée l'Europe s'accrochant à une illusoire contrainte géographique, et le mouvement inévitable de surmonter son aliénation actuelle l'amenant à rejet une partie d'elle-même tout en s'y attachant.
Ce n'est rien de moins qu'une dialectique sous forme d'un ensemble de lois du développement de la pensée et de la réalité tout autant qu'une logique du mouvement fatal de l'histoire. Un saut qualitatif s'impose dans l'appréhension de ce qu'on appelait migrations, venant briser la continuité d'une progression quantitative, où les contradictions sont surmontées et dépassées, comme en passant du concept saturé de migration à celui prometteur d'expatriation. 
Cela implique en priorité la liberté absolue de la mobilité humaine en préalable à une fusion institutionnelle ultérieure. Or, l'instrument adéquat existe et j'en avais déjà parlé abondamment celui du visa biométrique de circulation). Rappelons ici que l'Europe n'excluait que cette dernière hypothèse à la veille de la révolution en Tunisie. C'est dire à quel point nos rapports ont régressé !  
   
Une Méditerranée postmoderne

Comme dans la pensée hégélienne, il est donc fatal que nous allions au-delà de l'utopie en Méditerranée pour sortir de la dystopie actuelle. Une diplomatie innovante, car postmoderne, englobant le cercle total des sciences et connaissances humaines doit permettre, selon un rythme triadique, de réaliser enfin en Méditerranée ce rêve ancien de lac de paix et celui encore plus vieux de mère commune. 
Cela ne se fera que par le passage d'un dossier migratoire posé et pensé en soi et semblant donc parfaitement logique à son objectivation hors-de-soi et pour-soi en ayant recours à une vision philosophique de l'environnement, une philosophie de la nature. Alors, on accédera enfin à une proximité effective de soi qui sera à la fois en-soi et pour-soi, ce que commande la philosophie de l'esprit et impose l'esprit de temps, le zitgeist postmoderne.  
Or, la postmodernité est une communion émotionnelle, une ère des sens débridés; aussi, la nouvelle politique migratoire méditerranéenne rendra la réalité transparente à la pensée, faisant enfin de l'histoire une oeuvre de la raison, non pas la raison raisonnante cartésienne devenue cartésiste, mais une raison sensible dans le cadre d'une connaissance ordinaire, faisant bon usage des passions et de leur intérêt particulier.
En cela, la diplomatie méditerranéenne postmoderne usera nécessairement de la « ruse de la raison » hégélienne  comme d'une « ruse de vivre » duviganudie afin d'aboutir à la réalisation de l'idée absolue en Méditerranée, prémisse d'un syllogisme pour le monde entier, de la réconciliation du sujet et de l'objet, du particulier et de l'universel, du fini et de l'infini, ce qui ne sera que l'accomplissement de la liberté qui reste la raison d'être de l'Europe. 
La devise européenne n'est-elle pas In varietate concordia ou l'unité dans la diversité ? Plus que jamais, la diversité en Méditerranée est une unité euroméditerranéenne ! Commençons par l'instaurer en abolissant les frontières d'une manière parfaitement sécurisée selon l'outil proposé.  

Publié sur Leaders