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mercredi 9 juillet 2014

Printemps islamique 8

Muslim Pride ou Fierté de l'Islam Soufi



Ce que l'Orient tourmenté nous offre en spectacle n'est que soubresauts de la fin d'une vision fausse de l'islam. Et comme toute fin, les soubresauts ultimes donnent une illusion de vie. Car la vraie vie est ailleurs, et il s'agit d'une vision vraie de l'islam.

Au Maghreb, une terre ardente où les saints soufis sont nombreux, nous avons un islam pur qu'on a perdu de vie sous la caricature de l'islam officiel. Celle-ci est aujourd'hui à son degré paroxystique dans l'islam de carnaval d'Orient. C'est dans l'Occident de l'Orient que l'heure soufie a sonné, celle du retour aux origines.

Réhabiliter le soufisme

Rappelons que l'un des plus grands soufis est Al-Ghazali qui compte parmi les plus grands philosophes de tous les temps, toutes cultures confondues. C'était l'Algazal du Moyen Âge qui a inspiré à Descartes la majorité des plus importants aspects de sa Méthode qu'on nous vend aujourd'hui comme pur produit occidental quand elle était de source orientale, soufie plus particulièrement.

Chez les soufis, la sagesse ésotérique, al-ma'rifa, est une introduction graduelle de la conscience intime, le Moi profond ou Sirr, aux catégories de la pensée raisonnante, soit une présence du subconscient dans le conscient en tant que domaine de réflexion.

Al-Ghazali parlait déjà de cet étranger qui réside dans le coeur de l'Homme avant que la psychanalyse et surtout la psychologie des profondeurs ne le rejoignent dans sa juste intuition scientifique moderne avant la lettre. J'use du terme rétromoderne pour qualifier cela dans mon jargon, proposant le néologisme de la rétromoderniét de l'islam qui fut essentiellement soufie.

Dans la foi islamique pure qu'est l'islam soufi, la psychologie transcendantale était en avance sur la science moderne, mettant l'accent sur la nécessité de se connaître soi-même, cette obligation éminente de dépasser le petit moi empirique, positiviste, pour aller au tréfonds où l'âme a une chance de rencontrer son créateur.

 Science pure de l'islam

Est-il besoin de rappeler à quel point les maîtres soufis avaient pratiqué les méthodes thérapeutiques les plus perfectionnées et les plus encensées de nos jours?

Avicenne évoquait dans son Canon le divan qu'utilisaient les médecins de l'islam pour faire parler leurs malades et les délivrer de leurs troubles psychiques.

On oublie que nombre de médecins arabes étaient dans le même temps des savants et des philosophes, en plus d'être soufis. Et ils étaient à la pointe du progrès, usant par exemple de la musicothérapie dont la science vient à peine de confirmer les vertus thérapeutiques.

La suggestion qu'on n'a distinguée de l'hystérie que tardivement était utilisée depuis longtemps en médecine soufie pour traiter les névroses. Dans le même temps, en Occident moyenâgeux, on assimilait les malades mentaux aux possédés, leur faisant subir les pires sévices au lieu de les guérir.

Les ouvrages soufis sont riches en enseignements parapsychologiques que les sciences psychiques et les neurosciences modernes réhabilitent désormais.

Un i-slam postmoderne

Aussi, au moment où l'islam officiel atteint l'abîme dans la compromission avec les ennemis du pur islam, qu'ils soient déclarés, étrangers ou cinquième colonne et intimes, il ne peut que se régénérer, déchirant enfin le hideux masque de fer qu'on a appliqué sur ses splendeurs. 

Ce masque est celui de l'islam conformiste, faussement légaliste d'un sunnisme prétendument modéré, comme on le voit au Maghreb, où il est essentiellement nourri de tradition judéo-chrétienne contraire à l'esprit islamique originel. Il est aussi radical, comme en donne l'image l'intégrisme salafi et aussi chiite.

La parade est dans l'islam soufi, cet islam spirituel, humaniste dans son oecuménisme, pluraliste dans sa raison sensible. Il est l'islam de notre époque, une foi postmoderne que les soufis avaient incarnée lors de la modernité par anticipation de l'islam, sa rétromodernité.

Comme notre durée est spiralesque, c'est le temps qui revient, nous faisant passer de l'islam rétromoderne à l'i-slam postmoderne après le creux de la caricature d'islam officiel ou officieux. Cet islam pur est bien évidemment soufi.

Publié sur Contrepoints