Il est temps enfin pour une révolution copernicienne en matière de libertés privées ! Voici le projet de loi 3  en 1 en arabe et en français. Qui pour le défendre dans les médias et le proposer au parlement ?

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ISLAM POSTMODERNE








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jeudi 5 juillet 2018

Diplomatie de l’islam 9

COLIBE : Pétitionner ? Plutôt défendre un projet de loi !






Aujourd'hui, la bataille des valeurs en Tunisie se doit d'être un humanisme véritable, ni laïcité ni islamiste; c'est ce que je qualifie d'humanisme intégral. Il ne rejette pas la religion comme arme supplémentaire pour réussir la bascule au plus vite vers un pays enfin débarrassé de sa législation honnie, issue de la dictature et de la colonisation.

Humanisme intégral

Alors que les intégristes n’ont pas arrêté de s’agiter, se déchaînant contre le rapport de la COLIBE, usant à leurs habitudes de mensonges éhontés et des pires faussetés, les humanistes se sont tus ou se limitent à toiser par une superbe indifférence une telle agitation, comme le fait mon ami et camarade de classe, membre de la Commission, Slim Laghmani.(1)

Or, si les premiers ne font pas que braire, il ne s’agit surtout pas de les ignorer comme on ne se soucierait pas des ânes qu’on confondrait avec les chiens qui aboient, n’empêchant pas la caravane d’avancer. C’est que ces ânes constituent la caravane, indispensables donc pour qu’elle avance; et on ne peut la faire avancer sans avoir prêté attention à la cause qui fait braire ses ânes, renâcler à se remettre en marche, afin d'y apporter la réponse adéquate.

Car nos ânes intégristes, en proférant leurs faussetés, se réclament d’une foi qu’ils défigurent, y inventent ou se réclament de tabous qui n’y existent pas ou qui sont en contradiction avec l’esprit et la lettre de l’islam. Et on ne doit pas ignorer une telle œuvre de faussaires.

À ce discours qui fait des ravages auprès de la majorité des musulmans, il importe de faire attention et de s’opposer, le taillant même en pièces pour que la caravane avance. Et elle ne le fera que si les ânes cesser de braire et se remettent en marche après avoir rectifié leur fausse lecture de leur foi défigurée.

Aussi, l’attitude de mon ami Laghmani, philosophe du droit qui plus est, revient à desservir sa cause, celle de sa vie comme il le dit lui-même. En effet, pour la réussir, il ne suffit pas de prendre date en dénonçant le manque de volonté politique comme il le fait; car il y a aussi la volonté d’agir des intellectuels qui sont démissionnaires, étant coupés des réalités de leur peuple, servant leurs théories et non ce qu’attend le peuple.(2) Or, il est facile d'avoir une telle volonté si l'on relève de l'humanisme le plus intégral.

À mon ami Slim comme à tous les laïcs du pays, je dis et redis en toute amitié qu'ils ne peuvent ni ne doivent tomber dans le piège intégriste en se comportant aussi dogmatiquement, mais à l'envers; ils ne font, de la sorte, que se révéler des salafistes profanes. Car il est impératif de faire attention au fait que le laïcisme est le meilleur allié de l'intégrisme religieux; aussi faut-il prêter attention au discours religieux pour le rectifier. En tenir compte est nécessaire et même obligatoire étant imposé par la constitution qui réfère au respect des valeurs de l’islam.

Inconscience coupable

Une telle inconscience de la part de nos supposés modernistes marque d’ailleurs le travail de la COLIBE qui aura cherché la confrontation inutile en ignorant ce que dit l’islam sur les questions sensibles qu’elle a certes eu le courage d’évoquer et de réclamer, mais en catalogue incantatoire et non en donnant la recette pour y arriver. En cela, la Commission a agi pour sa propre gloriole, se présentant en précurseure, soucieuse du futur lointain que du présent. Pourtant, ce présent est gros de toutes les possibilités pour changer les choses sans plus tarder.

D'ailleurs, la Commission s’est contredite en commençant comme il le fallait, motivant selon une correcte interprétation de la religion, la légitimité de l’égalité successorale avant de tourner casaque pour le reste des sujets sensibles. Elle ose même une terrible reculade en  cédant sur l’impérative nécessité de dépénaliser totalement l’homophobie, acceptant de maintenir la pénalisation, proposant juste une peine pécuniaire au prétexte qu’elle tient compte des sensibilités religieuses. Depuis quand tient-on compte d’une sensibilité quand on assure qu’elle est fausse et qu’elle est à corriger ? N'est-ce pas la preuve supplémentaire qu'il est enfin temps de parler autrement de la religion ? (3)

Pourquoi aussi, et pour le moins, ne pas avoir signalé que l’islam n’a jamais été homophobe en référant aux nombreux ouvrages sur la question, pourtant disponibles en Tunisie et même connus des membres de la  commission, dont sa présidente ? Ce ne sont pas les articles qui manquent au demeurant.

Au-delà des supposés droits-de-l’hommistes qui ne font que commercer avec la cause, comme l’ancien président de la République Moncef Marzouki, les démocrates et humanistes, pour l’essentiel, se taisent, laissant le terrain au ramdam des intégristes. Et si on les voit enfin se réveiller, c’est juste pour pétitionner, comme si la pétition peut changer quoi que ce soit à la donne. De plus, on se limite à apporter un soutien désincarné au rapport sans oser répondre aux critiques et retourner leurs armes contre les contempteurs du rapport. Ce qui autorise le gouvernement à se prétendre neutre ! Y a-t-il plus grave démission ?

Ainsi on conforte, directement et indirectement, les critiques du rapport, qui ont tout loisir alors de dénoncer la mainmise de l’Occident sur la Tunisie. Or, vouloir changer la législation dans le pays ne peut se faire d’une manière déconnectée des réalités et qui serait déracinée, tout en étant contraire à la légalité constitutionnelle imposant le passage obligé par la religion.

Contrer l'intégrisme avec ses armes

En se retenant d'agir pour modifier incontinent nos lois, les plus symboliques pour le moins, on fortifie les intégristes qui se sentent agressés dans leur foi alors qu'ils en font une fausse lecture. De plus, cela apporte de l'eau au moulin des intégristes d'Orient, jamais plus actifs en Tunisie qu'aujourd'hui. C’est ce à quoi ils s’activent pour faire avorter le rapport de la COLIBE.

Rappelons aux oublieux que nos frères musulmans intégristes ont réussi à l’emporter sur un fervent défenseur de la cause de la femme qu’était Bourguiba qui a dû faire marche arrière sur la question successorale malgré sa farouche volonté. Il en sera de même aujourd'hui avec Caïd Essebsi si les vrais militants ne cessent pas de réagir de manière stérile, parfaitement adaptée aux attentes intégristes, en suivant la stratégie laïciste de l’Occident qui — ne l’oublions donc pas ­ pratique un double jeu, étant le meilleur allié des intégristes religieux en Tunisie et dans le monde arabe.

Si nos militants humanistes sont sincères, qu’ils osent faire bouger véritablement les choses à coup de projets de loi en mesure d’être votés une fois parvenus au parlement. J’en ai proposé un récemment ici même sur les deux questions majeures de nature à révolutionner les mentalités, car touchant à des tabous, l’égalité successorale et l’homophobie; qu’on les défende. Le texte déjà publié ici en français (4) peut se révéler salvateur, car il suffit de défendre dans les médias pour amener rien que dix députés à le proposer au parlement et finir par le faire voter. En effet, on a assez de preuves que le parti majoritaire à l’assemblée ne s’opposera pas à un tel texte consensuel tout en étant radical quant à l’essentiel.

Alors, pourquoi faire montre d’intégriste laïciste en refusant d’obtenir de suite l’égalité successorale et l’abolition de l’homophobie au prétexte qu’il faut laisser l’initiative législative aux autorités ? Celles-ci ne feront rien, car elles louvoient trop, surtout qu’elles croient, bien à tort, à ce mythe qu’on colporte sur le conservatisme de la société alors qu’il ne s’agit que de celui des élites soucieuses de préserver leurs privilèges bien protégés par les lois scélérates.

Que les militants honnêtes osent retenir ce texte déjà proposé à l’ARP au travers de sa nouvelle plateforme électronique supposée tenir compte des projets de loi venant de la société civile; et il est donc censé avoir été diffusé auprès de tous les députés. Qu’on les démarche donc un à un, notamment les membres de la COLIBE ou ceux qui en soutiennent le rapport. C’est ainsi qu’on fera oeuvre utile et non en pétitionnant ! Agissons et arrêtons de faire tout juste dans l’incantation. Cela ne dérive-t-il pas de l’esprit religieux contre lequel on prétend lutter ?

Projet de loi tueur de l'intégrisme    

Disons-le encore une fois en me portant garant de mes sources : ce projet de loi est assuré d'être voté si jamais il réussit à faire son entrée au parlement. J'ai les assurances les plus fiables que le parti Ennahdha ne s'opposera pas à son vote, et ce s'il ne se résout pas à le voter. Car il s'agit d'un texte consensuel tout en ne cédant en rien sur l'essentiel. De plus, c'est ce qu'attend Ennahdha pour surprendre son monde en démontrant que le parti islamiste tunisien peut incarner la vocation d'être une Démocratie islamique (5). Or, s'il ne le fait pas encore, c'est du fait de l'opposition démagogique des laïcistes en Tunisie qui lui permet de satisfaire ses plus extrémistes en retardant l'advenue de l'inéluctable.

Qu'on se le dise donc ! le texte qui suit se révèlera le tueur de l'intégrisme, faisant sauter par la suite tous les autres tabous en ayant commencé par les plus symboliques, ceux de l'infériorité de le femme et du droit à la différence incarnée par l'homosexuel.

Qu'on fasse donc entrer ce projet et on verra si ce que j'affirme est véridique ! Alors a-t-on véritablement des militants pour l'égalité successorale et contre l'homophobie, de vrais humanistes? Qu'ils le démontrent en agissant et en cessant de s'agiter avec des initiatives sans utilité dans notre pays !



مشروع قانون

في

المساواة في الإرث والحرية الجنسية 





تأسيسا على مقتضيات الدستور التونسي المؤرخ في 27 جانفي 2014 وما يحيل إليه من مبادىء إسلامية ودولية، كمرجعية لحقوق الإنسان، خاصة الإعلان العالمي لحقوق الإنسان المؤرخ في العاشر من ديسمبر 1948  وسائر المعاهدات الدولية الضامنة لحقوق الإنسان المصادق عليها من طرف الجمهورية التونسية،
صادق مجلس نواب الشعب على القانون الآتي في العدل بين الجنسين بالمساواة في الإرث والمساواة في الحرية الجنسية بإبطال تجريم المثلية.
أوّلا،
المساواة بالعدل بين الجنسين في الإرث:
       اعتمادا على التأكيد الدستوري للمساواة التامة بين المواطنين، 
       واعتبارا للدور السني للمرأة في المجتمع التونسي وحقها في المساواة مع الرجل،
       ونظرا لمقاصد الشريعة الإسلامية التي شرّفت المرأة فأعلت من شأنها في نطاق توجه مرحلي تقدمي   جاء متناغما مع وجهة التاريخ والمنظومة العالمية للقيم الإنسانية؛
ثانيا،
المساواة في الحرية الجنسية بإبطال تجريم المثلية:
       حيث أن كراهة المثلية مخالفة لحقوق الإنسان في حياة مجتمعية آمنة، وهي أساس الديمقراطية؛
       وحيث أن التوجه الجنسي للبشر من حياتهم الخصوصية التي تضمن حريتها دولة القانون والإسلام؛
       وحيث أن الفصل 230 من القانون الجنائي يخرق الإسلام وينتهك تسامحه، إذ لا كراهة فيه للمثلية لاحترامه لحرمة الحياة الخاصة للمؤمن وضمانه التام لها؛
       فإن مجلس نواب الشعب قرّر :

الفصل الأوّل 
لمدة سنوات عشر ابتداء من تاريخ   دخول هذا القانون حيز التنفيذ يقع رفع تطبيق القاعدة الحالية التي تمنح للوارث الذكر مثل حظ الأنثيين، وذلك كما ورد بالباب التاسع من مجلة الأحوال الشخصية.
خلال هذه العشرية، عدا حالة الرفض الثابت من المرأة الوارثة، فإنه يقع تمكين المرأة مثل حظ الذكر في الإرث ليعادل نصيب الأنثى نصيب الذكر الوارث.    
وفي نهاية فترة العشر سنوات من تطبيق هذا القانون يقع إقراره نهائيا أو إبطاله بعد تقييم مستفيض لتطبيقه خلال المدة المعنية.
تتم دراسة التقييم من طرف مجلس نواب الشعب قبل نهاية عشرية التطبيق لهذا القانون حتى يقع إثباته نهائيا أو إبطاله.
الفصل الثاني
نظرا لأن الحياة الخصوصية محترمة ومضمونة دستوريا بالجمهورية التونسية، لذا، أُبطل الفصل 230 من القانون الجنائى.  
الفصل الثالث
يدخل هذا القانون حيّز التنفيذ حال نشره باالرائد الرسمي للجمهورية التونسية ويُبطل كل ما يخالف نصه وروحه من التشريع المعمول به بالبلاد التونسية.


 NOTES


(1)


(2)  


(3)


(4)


(5)




Publié sur Huff Post