Il est temps enfin pour une révolution copernicienne en matière de libertés privées ! Voici le projet de loi 3  en 1 en arabe, et en français). Qui pour le défendre dans les médias et le proposer au parlement ?

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mercredi 25 juillet 2018

Courage de la vérité 1

Le coup que prépare Caïd Essebsi pour la fête de la République




On annonce que le président de la République réunit autour de lui, ce mardi 24 juillet, veille de la célébration de la fête de la république, les députés de son parti toutes tendances confondues.

D’aucuns y voient les prémices d’une manoeuvre politicienne de M. Caïd Essebsi en vue de sortir le pays et/ou se sortir de l’impasse politique dans laquelle il se trouve.

Cela signifierait le recours par le président de la République à l’initiative que lui reconnaît la constitution d’engager la responsabilité du gouvernement devant le parlement. Autrement dit, la consommation du divorce entre les deux têtes de l’exécutif.

Renverser la donne

Or, combien même elle pourrait être jugée nécessaire et pertinente dans l’entourage présidentiel immédiat, une telle démarche belliqueuse comporte un risque et ne ressemble en rien à la mentalité connue de BCE.

Surtout, en ce qu’elle pourrait se révéler malvenue avec des retombées négatives, sinon néfastes, accréditant l’animosité que nourrirait le président à l’égard d’un chef du gouvernement qui, ne l’oublions pas, a été son homme et son choix, lui devant l’honneur de président le gouvernement.

De plus, à la veille d’une fête se voulant celle d’une République unie, se devant d’être la chose de tous (res publica) une telle initiative confirmera le soupçon de qui ne voit le président de la République agir que pour les siens et ses intérêts propres. En l’occurrence, il instiguerait pour l’unique profit de son fils ambitionnant de lui succéder un jour à la tête du pays et, en attendant, d’avoir la tête de M. Chahed devenu son rival pour les futures échéances électorales.   

Or, il est bien une autre stratégie porteuse et qui ressemble bien mieux à ce que connaissent ses intimes de cet animal politique qu’est BCE. Il s’agit d’une démarche parfaitement possible, à laquelle le président ne saurait ne pas y avoir songé, sauf à ne pas être en pleine possession de ses moyens, comme il se dit insidieusement. Nous ne le pensons point.

Ce que pourrait receler la réunion du mardi serait bien une initiative législative, mais pas celle qu’on attend de lui ni ce que souhaite son fils; elle serait bien plus ambitieuse, un véritable tsunami législatif.

Pour célébrer dignement la République, le président entendrait en refonder la législation obsolète en matière des doits et des libertés. La Tunisie est bien en un âge de raison autorisant plus de droits et de libertés citoyens et une conception plus assainie et moins caricaturale de sa foi. L’acte hautement symbolique  en la matière et qui aura assurément grande portée aussi bien politique que sociale et religieuse est de soumettre au parlement le Code de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe).

C’est bien d’une arme fatale que dispose le président en ce Code pour retourner la situation à son avantage et mettre dans l’embarras tous ses adversaires et ennemis, tout en redorant son blason de défenseur de la république et d’acteur pour un vivre-ensemble enfin paisible en une Tunisie enfin démocratique, un État de droit et non de similidroit comme c’est le cas aujourd’hui.

User d'une arme fatale

Car si BCE a demandé un rapport à cette commission qu’il a lui-même créée et s’il a encouragé ses membres dans le ses radical qui a été le sein, c’était bien pour disposer d’une arme utile, sinon fatale, contre ses détracteurs le moment venu. Cela fut moins pour le prétexte de la réalisation de l’égalité successorale qu’on aurait pu réaliser d’un simple trait de plume, en imitant Bourguiba par la soumission d’un texte facile à voter au parlement.

BCE, en politique qui simule et dissimule, a voulu avoir un fer supplémentaire en son feu pour en user le cas échéant.  Cela pourrait bien être le moment, les bénéfices à en tirer étant multiples. D’abord, faire le buzz en retournant la situation à son avantage en apparaissant, en plus, comme étant le champion de cet État de droit démocratique qu’on peine à mettre en place.

Ensuite, en déplaçant la crise actuelle qui agite son parti chez son rival islamiste qui sera sommé de prendre position en appuyant les acquis démocratiques qu’apporte le Code de la Colibe ou en les rejetant, ruinant sa prétention à être une démocratie islamique.

C’est bien un choix cornélien auquel sera confronté Ennahdha devant, au plus mauvais moment qu’il croyait le plus propice à ses ambitions pour 2019 choisir entre mécontenter ses soutiens occidentaux, tombant enfin le masque du double langage ou ses troupes sur lesquelles il compte pour l’année électorale à venir.

Une telle échéance électorale ne saurait d’ailleurs échapper à BCE qui serait tenté, poussé par son fils, de différer l’usage du Code pour en user lors de la campagne électorale. Ce serait manquer de sens politique fin, car c’est bien risqué. Tout bon stratège sait distinguer l’opportunité de l’usage de l’arme qui, efficace un jour et sur un terrain, ne l’est plus un autre jour sur une autre surface.

D’autant mieux qu’il y a eu de sa part une promesse ferme qu’il se doit de tenir au risque de perdre toute crédibilité : celle de réaliser l’égalité successorale pour le 13 août de cette année.

Il pourrait exiger, dans les fatales tractations qui ne manqueront pas de suivre l’initiative législative et lors de la discussion du code au parlement s’il est effectivement proposé. Le président pourrait ainsi se satisfaire que l’on se suffise dans un premier temps d’un ou encore mieux droits, éminemment symboliques, parmi ceux proposés par le Code : l’égalité successorale et l’abolition de l’homophobie.

Au reste, un projet de loi a été proposé en la matière par la société civile, communiqué aux députés, et il suffirait de le retenir. Ce serait ainsi que ce 25 juillet sera synonyme de fête de la République de tous les citoyens enfin dignes et égaux. Alors, BCE étonnera-t-il les Tunisiens et le monde de sa capacité à rebondir en démontrant comment l’on peut gouverner autrement, et bien intelligemment en étant dans le sens de l’histoire?  

  
Publié sur Réalités