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dimanche 8 juillet 2018

Capitalislamisme sauvage 6

BLOC-NOTES : Pornographie politique en Tunisie





Les jeunes de Tataouine sont loin d'être coupables de véritable pornographie; la vraie, dans le pays, est le fait des politiques, le parti Ennahdha en étant le pornographe en chef.



Les juges de Tataouine, appliquant à tort des lois nulles ayant été rendues non avenues par les droits et les libertés consacrés par la constitution, viennent de donner la preuve que la Tunisie supposée démocrate continue à brimer ses jeunes, leur refusant le droit de pratiquer librement le sexe et de s'exprimer en toute liberté à son sujet en ces temps de communication à tous azimuts.

Certes, on a invoqué le défaut d'autorisation de filmer et de diffuser; c'est l'excuse qui est pire que la faute alléguée, étant juste un prétexte pour manifester que le sexe en Tunisie demeure interdit, un droit nié et dénié aux Tunisiens, tous majeurs en l'affaire. Pourtant, la liberté de la création est bien consacrée par la constitution;  et l'acte de créer se passe d'autorisation, comme de diffuser sur les réseaux sociaux. C'est dire que le jugement s'est surtout soucié d'appliquer ce pan immoral de notre législation qu'on s'évertue à préserver de l'abolition impérative, devant avoir lieu au plus tôt, et non seulement au nom du droit, mais aussi de la religion. Car l'islam n'a jamais interdit la pratique du sexe étant foncièrement  libertaire, protégeant le droit à la vie privée et à la totale liberté de la vivre dans son intimité à sa guise.

Or, non seulement la police des moeurs du régime déchu est restée en place, elle a violé l'intimité des gens. Il faut dire que, depuis l'arrivée des islamistes au pouvoir, elle a été renforcée par une fausse lecture de la religion, ce qui nous vaut les scandales à répétition de ces jugements illégaux, car ils ne sont pas iniques seulement, mais aussi nuls de nullité absolue, violant le texte suprême du pays, sa constitution. C'est bien cela la véritable pornographie à condamner ! Rappelons que le mot dérive du grec "pornê" qui veut dire "prostituée".       

La vraie pornographie

La pornographie n'est pas simplement la représentation d’ordre sexuel ayant pour but d'exciter; elle est surtout l'obscénité, cette canaillerie qui fait du sexe une saleté, alors que sans lui il n'y a nulle vie. Elle est également ce comportement qui prétend être moral en s'en prenant à la liberté sexuelle des jeunes qui ne font que vivre selon ce que commande leur âge, jetant leur gourme en s'amusant à pratiquer le sexe dans leur intimité qui doit être inviolable. L'obscénité est aussi la malhonnêteté de s'en prendre à des vétilles de la part de jeunes en rien coupables vis-à-vis de la société et de fermer les yeux sur les graves menées des adultes qui, en politique notamment, sont bien plus obscènes, attentant à la pudeur de la société tout entière.

En effet, qu'est-ce d'autre que l'attentat à la pudeur de la société tunisienne que de lui refuser de vivre librement sa vie intime et ses mœurs, ce à quoi elle a droit inaliénable, la forçant à le faire en cachette pour ne pas se retrouver à l'ombre du fait des lois scélérates toujours en application bien qu'abolies constitutionnellement ? L'attentat à la pudeur est bien une telle agression sexuelle, le refus des moeurs des gens étant un attentat contre eux, un viol, une violence et un outrage de leur intimité devant être libre, souveraine et protégée.

De même, c'est de  la pornographie politique que de prétendre la Tunisie un État de droit du moment que ses juges appliquent des lois nulles. Encore plus grave, une telle violation caractérisée de la constitution s'ajoute à une autre manifestée par la non-entrée en activité, à ce jour, de la cour constitutionnelle du fait de l'opposition idéologique des partis, surtout islamiste, de voir annuler par cette instance des pans entiers de  la législation en vigueur dont ils profitent de la scélératesse. Or, de par le texte même de la constitution, cette cour devait être installée fin 2015, soit une année au maximum après les dernières élections législatives. N'est-ce pas un viol caractérisé du peuple ?  

On invoque l'absence de consensus au parlement pour s'entendre sur le nom des membres de la cour, ce qui est la preuve de la pornographie que s'est révélé être ce consensus devenu non seulement compromission, mais violation de l'esprit démocratique supposant de faire prévaloir l'intérêt du peuple et de la patrie sur celui des partis. Car l'intérêt de la patrie est dans l'abolition de la législation, datant du protectorat et de la colonisation, abolie par la nouvelle constitution.

Ennahdha, le pornographe du pays

À ce consensus pornographique tient le parti islamiste ainsi que l'a rappelé récemment l'un de ses ténors parmi les faucons d'Ennahdha, Moncef Ben Salem. Il a affirmé qu'en son absence le gouvernement ne serait même plus en mesure de payer ses fonctionnaires ni le parlement de voter des lois. Cela dit bien que ce consensus est voulu et est devenu encore plus qu'un blanc-seing pour ce parti; il est sa garantie d'être le pornographe à loisir du pays. 

C'est qu'il est fort de l'appui qu'il a de la part de qui investit dans le pays à fonds perdu pour la réussite de son ambition de faire de la Tunisie un modèle de marché néolibéral soumis aux desiderata du grand capital mondial; ce qu'assure le deal passé avec les islamistes, cette entente que je qualifie de capitalislamisme sauvage.    

Aussi, pornographe du pays, Ennahdha pourra l'être et le demeurer à loisir, violant autant qu'il le voudra le peuple dans ses légitimes attentes à la liberté, bafouant ses droits à une vie privée émancipée, faisant tout pour que rien ne change en Tunisie au niveau de sa honteuse législation. Même pas l'égalité successorale; ainsi n'en parle-t-il pas, d'ailleurs ! En cela, les islamistes peuvent compter sur un président de la République prisonnier d'une pratique obsolète de l'art politique où l'on se soucie plus de son intérêt immédiat et de la nécessité de manoeuvrer que de déférer aux attentes populaires. C'est ce qu'il a fait avec la Colibe, jouant avec cette fausse bonne chose ! Ce rapport a été exprès voulu le plus novateur possible pour en faire un texte inapplicable. Pour cela, la Colibe ne s'est pas limitée à sa mission, consistant à présenter un texte simple pouvant être voté rapidement en matière d'égalité successorale et d'une liberté symbolique, comme le droit au sexe. Bis pis ! Le rapport a même failli sur le plan des principes, ayant eu le tort de tergiverser sur la question de l'homophobie, acceptant de ne pas en faire la question de principe qu'elle est, n'acceptant donc aucune transaction nécessairement honteuse, car guère humaniste. Surtout qu'il avait des preuves pour tailler en pièces le mythe de l'islam homophobe; or, il s'est payé le luxe de les ignorer.

Il faut dire qu'Ennahdha est le parti qui s'adonne le mieux à la politique aujourd'hui dans le pays; machiavéliquement cela s'entend. Et il est conseillé professionnellement; tout en étant aidé, faut-il le dire, par le degré abyssal de platitude chez ses adversaires. Aussi, après s'être assuré la gouvernance des principales villes du pays, dont surtout la capitale, on s'attend à son coup à venir qui sera nécessairement génial. Nous l’avons déjà dit d'ailleurs, lors des municipales, tout à sa hantise, somme toute légitime, du pouvoir, Ennahdha pourrait quitter le gouvernement tout en se payant le luxe de continuer à soutenir son actuel chef. Ainsi laisserait-il ses adversaires échouer au sommet de l'État tandis qu'il se concentrerait sur la préparation des prochaines échéances électorales au niveau des fondations que sont les villes. Quelle plus belle rampe de lancement pour les prochaines élections ? La mairie de Tunis vaut bien La Kasbah et paverait bien le chemin vers Carthage ! Rappelons-nous Chirac à Paris !

En finir avec la pornographie

Il est à noter que l'accord tacite entre Ennahdha et Nida porterait sur le travail des villes pour le premier et le travail législatif pour le second qui aurait latitude pour réformer la législation, faire aboutir notamment ce sur quoi s'est engagé le président de la République en matière d'égalité successorale. Il reste à voir ce qu'il en ressortira, car les promesses n'engagent en politique que ceux qui y croient. Ce qui veut dire que tant qu’on n’aura pas osé aller dans ce sens en commençant déjà par suspendre l’application de toutes les lois contraires aux droits et libertés constitutionnels par un moratoire, aucune volonté politique ne verra le jour pour arrêter la pornographie juridique actuelle, appliquant la législation scélérate aux démunis tout en se gardant de toucher aux privilégiés.

Au reste, ni la magistrature ni le barreau n’aident à évoluer vers l’État de droit. Le second, démissionnaire, serait même complice de certains terroristes, selon l’avocat Mounir Ben Salha. En tout cas, un bon nombre de nos avocats s'opposent à la dépénalisation de l'homosexualité et du cannabis malgré l'injustice flagrante de ces textes, leurs abus et dégâts dans la société; c'est que cela constituerait une source appréciable et incontournable de revenus pour certains. Quant à la magistrature, elle se révèle volontiers coupable de ne pas tenir compte de la loi suprême qu'est la constitution en continuant à appliquer des lois devenues nulles. De quelle justice parle-t-on donc dans un pays faisant de l'injustice sa loi ?

Par conséquent, on encouragera la pornographie politique dans ce pays tant qu'on n’aura pas osé arrêter de commercer avec la religion et la morale en n’hésitant plus à parler de ce qu’on tait en matière d’égalité,  de libertés et aussi de fausse dévotion et de faux jihad. Et tant qu’on n’aura pas décidé de dire enfin toute la vérité sur le jeu malsain joué en Tunisie par l’Occident pour l’instauration de l’ordre du 14 janvier. Car personne n'ignore plus qu'il n’a été qu’une instrumentalisation de la volonté de changement du peuple pour imposer l’islam politique qu’on tient à faire réussir étant tout soin des intérêts occidentaux capitalistes et stratégiques.

De même, on ne finira pas avec la pornographie politique tant qu’on ne parlera pas de ce que tout le monde sait pourtant, mais ne fait que le susurrer tout bas : ces anciens riches qui veulent le rester et ces nouveaux enrichis qui le sont trop vite devenus, non pas au mérite,  mais aux dépens du peuple. D'où tiennent-ils de tels signes subits de richesse apparemment indue ?  Qu’on donne donc les noms de qui se tient derrière les nouvelles enseignes de commerce et de service ayant poussé en Tunisie, non comme des champignons, mais en plantes vénéneuses ! Pourquoi, étant prolixe sur le libéralisme, ne pas évoquer les aspects sauvages qu'on y développe avec force investissement et garanties, parlant aussi de ces Occidentaux mettant tout le prix nécessaire pour maintenir à flot ses obligés dans un pays qui ne s'est jamais aussi bien porté en affaires qu'aujourd'hui, et ce aux dépens du niveau de vie de la majorité du peuple? Et pourquoi ne pas s’adonner enfin au vrai libéralisme en y incluant les mœurs ?

En finir avec la pornographie politique et juridique suppose aussi qu’on institue la cour constitutionnelle de suite, par le moyen d’urgence que permet l’état de délabrement juridique du pays. Ce dernier est et bien un cas d’urgence et de péril imminent à la pérennité de l’État de droit du pays imposant que le Président de la République assume ses prérogatives; mais le peut-il ? N’est-il pas prisonnier de la stratégie du parti islamiste qui continue à jouer sur du velours, sûr de l’appui aveugle d'un Occident prêt à tout du moment que cela sert ses intérêts immédiats ? 

Publié sur Kapitalis sous le titre :
La pornographie en Tunisie est d’abord politique