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lundi 2 avril 2018

Impérialisme postmoderne 4

L’encre électorale, symbole de la honte des élections




On nous dit que l’ISIE est une instance indépendante; or, elle ne le semble nullement, acceptant de rapporter ses décisions supposées mûres et souverainement prises. Avec sa palinodie sur la mascarade de l’encre électorale, elle vient de démontrer qu’elle est loin de l’être.
En effet, elle accepte de se contredire en recourant enfin à cette encre inutile, stigmatisant ce  pays comme sous-développé alors que cela ne traduit surtout que l’ineptie de ses élites, leur irresponsabilité politique et éthique. 

Des élections pour préserver les lois de la dictature

La preuve de l'inutilité de l'encre est ce que disait l’ISIE elle-même quand elle a pris sa décision pour une fois censée : le fait d’avoir des listes électorales dispense de tout autre moyen d’identification. À moins que ces listes ne soient pas à jour; auquel cas toute la crédibilité du processus électoral est à mettre en cause.
Ce serait bien le cas. On comprend alors qu’on fasse recours à l’encre pour redonner aux élections la virginité qu’elle n’aurait plus. L’encre agirait donc juste comme paravent, un leurre.
De plus, il est vain de parler d’élections municipales honnêtes quand elles se tiennent dans un cadre légal malhonnête. Comment parler, en effet, de légalité et d'acquis démocratique, quand les lois régissant le pays sont toujours celles de la dictature, des lois scélérates devenues illégales, qui plus est ?
De la sorte, l’opération électorale devient le moyen privilégié pour diffracter la dictature dans le pays, l’y installant durablement. Car ce qu’on n’arrive pas à faire aujourd’hui sur le plan national avec un pays encore uni, ne sera plus possible demain dans un pays décentralisé.
La réticence aux réformes indispensables sera encore plus grande et d'autant plus efficace que les pouvoirs locaux antidémocratiques auront été légitimés par des élections. C'est, à n'en pas douter, le scénario algérien qui se profile en Tunisie !
Non, si l’on veut vraiment la démocratie pour notre pays, ce ne sont pas les élections municipales qui la réaliseront, mais des lois votées au plus vite, permettant de sortir de la situation ubuesque actuelle où nos juges appliquent des lois illégales étant désormais contraires à la constitution. Est-ce croyable ? Peut-on exiger du citoyen le respect de la loi quand elle est illégale, violant des droits et libertés constitutionnellement consacrés ?   
Si le temps ne suffit pas pour abolir les lois les plus antidémocratiques, on doit décréter, pour le moins,  un moratoire à leur application tant qu’il est encore temps, c’est-à-dire avant les municipales qui ne sont qu'une honte, se faisant dans un État non démocratique dont elles perpétueront le plus longtemps les lois dictatoriales.   
 
Une encre au service du commerce électoral

La raison du recours à l’encre est, en fin de compte, probablement une preuve accablante que l’ISIE n’est pas et ne sera pas à la hauteur de sa mission. C'est qu'elle démontre ainsi n'être pas en mesure de s’en tenir à une décision; ce qui met sérieusement en cause sa crédibilité même.
En effet, de deux choses l’une : ou sa décision n’était pas mûrement réfléchie, ou elle était irréfléchie. Dans les deux cas, cela donne à réfléchir sur la capacité d’une telle instance à veiller à l’intégrité du vote dans un pays encore de non-droit et voulu tel durablement par les forces les mieux placées pour remporter les municipales.
Voilà donc l'ISIE qui cède aux pressions pour satisfaire les commerçants de ladite encre qu’on retrouve partout dans le monde, mais juste sous-développé. Si elle cède ainsi aux intérêts du commerce électoral, comment résisterait-elle plus sérieusement à ceux, autrement plus irrésistibles, de l’argent sale et du pouvoir malhonnête ?
Objectivement, l'encre ne sert pas à garantir l’intégrité de l'acte de vote, n'ayant d'utilité que pour mieux identifier électeurs. À quelle fin ? Pour en faire, comme en Égypte, une arme d’intimidation en vue d'amener les gens à voter, quitte à le faire sur rétribution ? Il faut dire, en effet, qu’on s’attend à un taux record d’abstention; ce qui encourage toutes les manœuvres de tentation et de pression.
D’ailleurs, on exclut les militaires et des sécuritaires du stigmate de l'encre; pour des raisons de sécurité, dit-on. Et pourquoi donc ? Tous les citoyens ne sont-ils pas égaux? Et les exclus ne seraient-ils pas susceptibles de tricher, et bien mieux encore en abusant de leur statut?
Enfin, on s’étonne qu’un gouvernement qui prétend ne pas avoir d’argent pour satisfaire les revendications légitimes de ceux, nombreux, qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts dans ce pays en trouve, comme par enchantement, pour une opération aussi immorale que cette encre de la honte.
Serait-il bien plus au service de capitalisme sauvage que de l’intérêt national qui impose, dans la moindre action, notamment celles à portée symbolique, des décisions éthiques en premier lieu ?
L’encre est le symbole, par excellence, du non-sens d'élections tenues dans un cadre d'illégalité, et qui sont juste une occasion pour faire des profits, non seulement politiques pour les partis, mais aussi commerciaux pour les intérêts qui sont derrière cette encre.

C'est une véritable honte pour la Tunisie, étant un véritable stigmate de sous-développement appliqué sur les doigts des électeurs tunisiens pourtant mûrs, en tout cas bien plus que leurs élites qui acceptent une telle flétrissure pour une démocratie naissante.

Publié sur Réalités