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samedi 5 décembre 2015

Amor Fati, pilotage providentiel 4

Quel remaniement pour le gouvernement de la Tunisie ?



C'est acquis, maintenant ; le remaniement ministériel aura bien lieu, programmé à la fin du débat parlementaire sur le budget de l'État.
S'il reste encore à savoir quel message il enverra au pays encore traumatisé par le dernier attentat, il importera surtout d'y lire si le rapport de forces entre les deux mastodontes de la scène politique est resté en l'état ou s'il a bougé, sachant que le moindre écart est significatif des plus grosses conséquences.
Nous nous limiterons ici à deux cas précis, eu égard aux grosses implications que le moindre choix en la matière est de nature à avoir en termes inconscients, déterminant un imaginaire collectif dont il importe de ne point négliger l'influence, par excès de positivisme dépassé, sur les actions conscientes.
Quelle ligne religieuse ?
La première et de loin la plus importante question que pose le futur remaniement‎: le ministre des Affaires religieuses sera-t-il maintenu ou sacrifié sur l'autel de l'alliance avec le parti islamiste. Ce dernier a la réputation de ne rien céder sans  contrepartie ; or, il a fortement irrité ses obligés à Sfax, bastion intégriste s'il en est !
Il n'est un secret pour personne que le parti Nahdha est contrarié au plus haut point par le militantisme salutaire de M. Battikh contre le terrorisme mental de certains de ses protégés, actuels ou passés. Ce remaniement pourrait être l'occasion d'avoir la tête du vaillant ministre, présentant la révision de son soutien à l'imam déchu de la moquée Lakhmi comme devant relever d'une transaction donnant-donnant.
Ce serait bien un marché de dupes pour le gouvernement, car s'il touche à celui qui est y représentatif de l'honneur de la politique antiterroriste, il se décrédibilisera à n'en pas douter.
Ce faisant, il confirmera les doutes de certains d'une inféodation au parti de Montplaisir que laisse entrevoir son inertie sur des sujets sensibles de société pourtant nécessaires pour contrer le terrorisme dans les têtes.
Aussi, si le remaniement en venait à désavouer M. Battikh, cela ne voudra dire qu'une chose : qu'on délaisse  tous ses faux-semblants pour ce qui ne serait qu'un revirement toutes pour la satisfaction des exigences de Montplaisir.
Il n'est nul doute aujourd'hui que la lutte antiterroriste, si elle a besoin du bon vouloir des anciens alliés des radicaux religieux versant dans l'extrémisme, ne doit pas être un alignement sur leur bon plaisir que manifeste une intransigeance, seule arme qu'ils ont pour occulter une mauvaise volonté manifeste  pour  changer leurs fondamentaux intégristes afin d'évoluer enfin vers les sacrifices qu'exigent impérativement d'eux la démocratie.
La condition sine qua non de la démocratie en Tunisie est l'option sincère et sans équivoque pour un le vivre-ensemble paisible qui exclut la moindre compromission, ne serait-ce que par la pensée, avec toute manifestation d'exclusion d'autrui.
Or, c'est ce dont sont coupables les imams que combat M. Battikh et auxquels Nahda apporte toujours et bien malheureusement, sinon un soutien actif, du moins une sympathie qui est bien trop coupable en ces temps de graves périls.
Le maintien de M. Battikh sera donc l'indicateur évident de la ligne du gouvernement pour une spiritualité apaisée, réellement engagée contre le terrorisme ; ce qui suppose de purifier le mental de certains cultivant haine et violence.
Son éviction, quelle qu'en soit la forme, signifiera que M. Essid est plutôt soucieux de compromis quitte à être bancal, et donc forcément désavantageux pour les intérêts stratégiques de la patrie.
En effet, dans les circonstances que vit la Tunisie, tout compromis de cette nature est propice aux compromissions, car la situation exige de s'en tenir à une ligne claire, sans nulle concession.
Et la conjoncture impose à la Tunisie une opposition intransigeante à la moindre manifestation terroriste, au niveau mental en premier. Ce que symbolise M. Battikh dont le maintien à son poste doit donc être la première des priorités du remaniement attendu.         
Quelle ligne sécuritaire ?
Si le maintien de M. Battikh manifeste de quoi sera faite la ligne religieuse du prochain gouvernement Essid, la sécurité spirituelle qu'il privilégie ou qu'il néglige, une autre indication majeure portera sur sa ligne sécuritaire proprement dite, la sécurité matérielle dans le pays.
On le sait, ne serait-ce que du fait des dernières nominations que le chef du gouvernement a été contraint d'apporter à son équipe ; il y a urgence à remettre les compétences qu'il faut à la place qui est la leur.
Car on sert un pays, jamais un régime, quand on est patriote. Or, les enfants de Tunisie n'ont en vue que l'intérêt de la patrie, sauf à être inféodé à une idéologie messianique, comme c'est le cas de nos terroristes et leurs sponsors.
Servir le peuple, une certaine idée de la Tunisie et son mode de vie, a été le cas de la plupart des serviteurs de l'État tunisien sous l'ancien régime, à l'exclusion des inévitables exceptions venant confirmer la règle, bien minoritaires pour frapper d'anathème toutes les compétences ayant fait ce qu'est toujours la Tunisie : une exception dans le monde arabe et musulman.
C'est ce dont ne veulent plus les ennemis de notre pays, de l'extérieur comme de l'intérieur. Et ils agissent pour coucher notre pays dans le lit de leurs lubies grâce à ceux qui ne veulent pas accepter l'exception Tunisie.
Aussi, il y a un gros risque à craindre que les dernières nominations, qui n'ont pas dû plaire au parti islamiste, relèvent d'un marché de dupes qui aurait commencé en écartant du ministère la véritable compétence qu'est le secrétaire d'État Chelly dont la qualité du travail aurait dû entraîner au contraire son maintien. Certes, il n'a officiellement pas été désavoué, juste écarté pour une raison technique ; cela est loin de convaincre dans l'attente de connaître son sort. Aussi, un retour de M. Chelly à son poste ou même à un autre encore plus élevé devrait indiquer si la ligne sécuritaire du gouvernement est bien indépendante de la stratégie de Montplaisir.
Car il ne sert à rien de mettre des compétences sécuritaires avérées aux postes qu'il faut si on sème leur parcours d'embuches diverses, les empêchant d'agir comme si l'on ne cherchait que leur échec. Or, à Dieu ne plaise, le moindre insuccès aujourd'hui dans la lutte contre le terrorisme, physique comme mental, le sera échec pour tout vrai patriote nonobstant ses références idéologiques et politiques.
Pour cela, on espère que la nouvelle mouture du gouvernement de M. Essid sera véritablement conforme à ce qu'on sait de lui : honnêteté, compétence et patriotisme à toute épreuve. Il suffit de le démontrer dans une composition gouvernementale qu'on veut présenter comme une équipe de combat.
Faut-il savoir qu'aucun combat ne sera gagné en Tunisie s'il ne réunit les conditions minimales aux deux niveaux évoqués ici pour le moins.
De la sécurité spirituelle ainsi que menée par M. Battikh dépend la mise hors d'état de nuire des fauteurs de trouble que sont certains imams radicaux, complices objectifs des terroristes qui ne seraient jamais passés à l'acte sans le lavage de cerveau qu'on leur fait subir.
La sécurité physique est ce qui fera la paix dans le pays du moment qu'elle est remise entre des mains sûres dans un État devenu de droit, avec des lois nouvelles rompant avec le passé.
De telles compétences ne manquent pas et doivent être réintégrées toutes au ministère de l'Intérieur, certes, mais aussi dans toutes les administrations aujourd'hui émasculées en les laissant agir sans les empêcher sournoisement d'agir.
Le nouveau gouvernement Essid est donc fort attendu, car il sonnera l'heure de vérité, non seulement de l'actuelle coalition au pouvoir, mais aussi et surtout du pays et aussi de l'islam politique en Tunisie. Car le parti Nahdha a tout à gagner à faire le vrai choix patriotique en se débarrassant enfin de ses réflexes d'antan nihilistes et antipatriotiques.

Publié sur Kapitalis