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lundi 3 août 2015

Tunisie Postbourguibienne 9

Bourguiba revient,
 car on dilapide son oeuvre





En ce jour anniversaire de la naissance du fondateur de la Tunisie moderne, il me plaît de rappeler que j'ai déjà eu l'occasion de dire (1) ma conviction que le temps en Tunisie était au retour à Bourguiba, au meilleur de son action qui a donné à notre petite Tunisie les fondations d'un grand État grâce à un génie bourguibien en symbiose avec celui de son peuple.
Il est vrai, cette symbiose ne fut pas de tout temps, Bourguiba cessant à un certain moment d'être le personnage charismatique qu'il était. Il n'empêche que le meilleur de sa réalisation fut et reste salutaire pour la Tunisie.
Une oeuvre de sape du legs de Bourguiba
Ceux qui se présentent aujourd'hui comme les continuateurs du génial fils du peuple tunisien que fut Si L'Habib se trompent sur son héritage, prenant sa plus mauvaise part, celle de l'ombre qui a terni ses premières réussites.
Le président actuel qui, dans sa campagne électorale a prétendu continuer l'action de son mentor et que j'ai souhaité voir réaliser par le haut la révolution nécessaire dans le pays, (2) se laisse aller aux concessions les plus saugrenues pour un bourguibiste, allant au-devant des desiderata de son allié islamiste imposé par les amis d'Occident.
Or, M. Rached Ghannouchi en parfait animal politique, maître de la simulation, de la dissimulation et de l'esbroufe politicienne, se présente à tort comme un islamiste modéré, arrivant à s'assurer la complicité du parti majoritaire dans un travail de sape des fondations de la Tunisie bourguibienne.
Bourguiba a tout misé sur le génie du Tunisien, avéré même chez le plus humble de nos compatriotes. Pour cela, il a encouragé l'éducation en la généralisant et a libéré la femme, l'avenir de la Tunisie. Il l'a fait par passion et par conviction, envers et contre tous.
Que fait donc M. Caïd Essebsi ? Il se laisse convaincre par les observateurs à courte vue prétendant à tort que notre société est conservatrice et que la religiosité y est diffuse.  Alors que notre société est libertaire, spiritualiste, mais pas religieuse, se référant à l'islam soufi, en tant que culture et non en culte. Ainsi, peu de Tunisiens sont pratiquants et un bon nombre de ceux qui prient ou jeûnent le fait pour se conformer à la contrainte sociale.
Où est le caractère civil de l'État ?
Ainsi, le président abonde-t-il dans le sens de son alter ego islamiste, se croyant obligé d'user de la religion en heurtant les convictions de ceux qui ont voté pour lui, violentant l'esprit de Bourguiba.
Pourtant, la Constitution affirme le caractère civil de l'État! Comment alors tolérer la diffusion sur les ondes publiques de l'appel à la prière, y compris en interrompant les émissions ? Les appels par mégaphones ne suffisent-ils pas ? Surtout que celui du matin est une calamité pour les enfants et les malades, qu'une bonne lecture de l'islam interdirait !
M. Caïd Essebsi se dit libéral et moderniste tout en acceptant que le commerce soit entravé par une fausse conception du sacré, fermant les yeux sur la pratique illégitime d'interdiction de vente d'alcool le vendredi, sans parler des conditions indignes dans lesquelles cela se fait. Sans parler des pratiques illégitimes ayant cours durant ramadan.
Tout cela pour s'attirer les faveurs islamistes, oubliant qu'en la matière, on préférera toujours l'original, donc M. Ghannouchi, à une pâle copie perdante sur tous les plans. Le plus grave est qu'on est ainsi infidèle à l'oeuvre du maître, fondateur de la Tunisie moderne.
Agissant de la sorte, M. Essebsi croit servir à la restauration du  prestige de l'État quand ce n'est que de son autorité qu'il s'agit, une dictature déguisée, car le vrai prestige de l'État est dans la dignité de son peuple. Or, celui-ci croule sous le poids d'une dictature morale.
Un terrorisme mental
C'est ce que s'évertue à faire l'ex deux ex machina de la troïka, M. Ghannouchi, dont j'ai expliqué ici (3) l'ascendant sur l'Occident. Et c'est un Tunisien émasculé qu'on va avoir,  jouet aux mains de qui veut en user, s'adonnant à un terrorisme mental, religieux et profane.
Ce dernier est un conditionnement mental qu'on s'applique à incruster dans notre jeunesse qui est dans sa majorité malléable, étant tolérante dans l'âme, éprise de liberté, honorant la vie, voulant la croquer à belles dents. Aussi, on l'assassine et on la pousse à se révolter, aller se perdre dans les champs de bataille en quête de sens à sa vie.
Notre jeunesse jouissive, libertaire et permissive est l'ouvre de Bourguiba qu'on assassine aussi dans le meilleur de ce qu'il a produit. Car la Tunisie est femme et elle est jeunesse.
On se réclame de Bourguiba, on prétend honorer sa mémoire tout en détruisant son oeuvre On baigne dans une totale confusion des valeurs tout en se réclamant des plus nobles principes violés sans vergogne. 
Bourguiba, réveille-toi !
Bourguiba a été le premier à appeler à la reconnaissance d'Israël. Que fait-on d'un aussi précieux legs? (4) On le rejette au prétexte que la société n'y serait pas prête alors que le Tunisien, ouvert à l'altérité, y est prêt dans son écrasante majorité. C'est une minorité activiste, violente et haineuse, qui s'y refuse, soutenue par les commerçants de la religion et de la politique.
Le Tunisien est aussi pour l'abolition des lois scélérates de la dictature, particulièrement celles attentant à ses libertés privatives, consacrant l'inégalité successorale entre les sexes et l'homophobe ou contrariant le libre commerce de l'alcool, violant l'islam bien compris.
C'est toute l'oeuvre des lumières de Bourguiba qu'on défigure de la sorte pour complaire à un allié aveuglé par son passé et dont l'aura factice ne vient que du soutien indéfectible d'un Occident dont les Lumière sont désormais éteintes. 
Et on prétend le faire au nom de notre foi qu'on présente comme médiane, alors qu'elle est et doit rester révolutionnaire. Révolutionnaire, c'est ce que fut l’apport de Bourguiba qui, plus que jamais, est appelé à revenir rétablir le droit à la dignité, redonner ses libertés au peuple.
La révolution aujourd'hui est d'oser l'ordre amoureux pour contrer l'ordre haineux qu'incarne Daech qui colonise les esprits.
Si L'Habib, revient ! Son peuple le réclame contre des dirigeants atteints d'Alzheimer politique! (5)  Reviens, Bourguiba, on assassine ta Tunisie !  

Article précédemment publié et légèrement modifié, sous le titre:  

NOTES :

(1) 
(2)
(3)
(4)
(5)

(6) 
http://www.huffpostmaghreb.com/farhat-othman/bourguiba-reviens-on-dila_b_7303780.html