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ISLAM POSTMODERNE








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lundi 16 mars 2015

Nouvelles Lumières 4

Le vrai Appel de la Tunisie





L'époque est au « zéroïsme » de sens, elle est aussi aux contradictions et au « fake », le subterfuge et le mensonge.

Aussi, rien ne nous sauvera sauf la vérité, l'éthique. Cette dernière est la manifestation la plus éminente de l'âge des foules qu'est notre époque postmoderne, le pendant de la  morale pour l’âge de l’homme individuel que fut l'époque dont on est sorti celle de la modernité occidentale.

Notre société postmoderne — et la Tunisie en est une expression basique — nécessite une politique qui soit compréhensive éthique, ce que je qualifie de « poléthique ».

Aussi, les soubresauts qui agitent le premier parti de Tunisie ne sont pas étonnants, ne manifestant qu'une saine vitalité, pour peu que l'on y réussisse à dépasser le carcan de l'analyse antique de la politique pour l'appréhender sans langue de bois, avec la sincérité qu'impose un ordre qui soit amoureux, l’amour du peuple et de la patrie étant sa pierre de touche.

Que pourrait donc être l'Appel de Tunisie dans une telle conjoncture et un pareil impératif catégorique incarnant l'appel des profondeurs de notre pays ?

La crise, manifestation de la santé

Rappelons que la crise, du latin impérial crisis, veut dite étape décisive ; aussi est elle, paradoxalement, la première manifestation pour la santé qui revient. Cela pourrait être le cas à Nida Tounes.

Ainsi, au lieu de s'adonner à leurs passions collectives, les responsables et les irresponsables de Nidaa se doivent de prendre au sérieux les passions collectives prégnantes dans le pays afin  de reconnaître enfin la subjectivité de l’autre. C’est que l’intersubjectivité est présente dans toute relation sociale, impliquant plus de tolérance, l'autre — notamment le différent absolu — n'étant que soi-même.

C'est ce que pourrait donner la crise de Nidaa, car la non-action actuelle peut n'être pas que passive au sens trivial. Grâce au travail du négatif dont parlait Hegel, elle serait de nature à participer au magique des choses par le biais du monde subjectif. Faut-il être la capacité et la volonté d'en tenir compte !

En sociologie compréhensive, nous avons tendance à dire qu'il faut se perdre pour se retrouver, la perte de soi et de nos convictions dans l’acte de reconnaissance d’autrui en sa subjectivité même se révélant une sorte d'orgasme, une petite mort pour ensuite mieux renaître. C'est le sens même de cette éthique qualifiée de reliance qui n'est que la perte de soi dans l’autre.

Un appel à la confiance
       
C'est justement la confiance qui fait aujourd'hui la politique. Le terme de reliance qui la désigne en sciences sociales suppose le courage de passer du moralisme individualiste et trompeur reflétant un rigorisme conformiste dépassé à ce que je qualifierais d'éthique de la reliance qui est un élargissement des libertés et l'encouragement à la création, y compris ludique, onirique ou imaginaire.

C'est ce qui fait du charisme, cette force de fusionner avec autrui avec la pratique d'un magnétisme fait d'un alliage d'amour et de sincérité. La reliance, supposant le fait d'être relié à l'autre et de lui faire confiance (sens que nous retrouvons bien en anglais)  permet donc dans l’acte de se perdre dans autrui de se retrouver en un soi plus vaste atteignant à la sérénité.

Dans le parti du président, cela doit se traduire par l'acceptation de toutes les sensibilités autour d'un minimum constitué par l'intérêt immédiat de la patrie : faire face au terrorisme, non seulement celui qui agit sur le terrain, mais aussi et surtout celui qui git dans les mentalités et prospère à la faveur des lois scélérates qu'il est urgent d'abolir.

Que Nidaa, toutes Tendances confondues, s'accorde donc sur une feuille de route de réforme immédiate de certaines lois emblématiques, dont celles ayant fait l'objet d'une promesse électorale. C'est important pour garder la confiance du peuple.

Le conflit, esprit du temps

S'il est un appel sincère et sérieux en Tunisie et dans le monde, c'est à dépasser l'antique idée du soi, vers un grand-soi, un Soi national et même universel, ce qui ne veut rien dire qu'une solidarité plus grande, une fusion entre gens de bonnes volontés au pouvoir et les compétences civiles dans le pays et dans le monde. C’est ce que le génial Hölderlin, dans son poème en prose Hypérion, appelle « nationel », ce qui n'est que la prévalence du sentiment, de l'affect, dans ce que lie à autrui, les passions partagées.

On ne peut plus, au prétexte de faire la politique, se comporter en goujat, car l'appel des peuples, un besoin de plus en plus grand, est pour une spiritualité, un amour de son prochain au moment même on l’on nie sa simple existence.

C’est que le conflit est une caractéristique de l'esprit du temps, ce qui est aussi le principe de la démocratie et le trait le plus éminent du caractère de notre peuple, sa tendance à la contradiction pour le plaisir de la contradiction. Un tel trait ontologique est une garantie pour la démocratie et non une négation. Aussi faut-il l'entretenir en le canalisant par des règles et des pratiques qui le feront un art et non une jonglerie.

L'impératif premier en la matière est évidemment de délaisser la fameuse langue de bois pour une pratique transfigurée de la politique qui ne s'écrive plus avec un « b » initial; ce qu'elle est le plus souvent hélas alors que le peuple n'est plus dupe, distinguant bien la « boulitique » des saltimbanques.

Le « jeu du je »

Le jeu politique doit être en mesure d’intégrer ce « jeu du je » que nous mesurons tous les jours dans nos rues de la part d'un peuple qui a faim de vivre librement en attendant la fin des lois scélérates toujours en vigueur pour émasculer son génie, sa créativité.

On doit apprendre à voir « l’étoffe du réel », le tissu social étant fait de l’entrecroisement de petites choses du quotidien comme manger ou parler. Cette étoffe alimente un savoir (ça-voir) qui dévoile les mythes collectifs, les petites choses, ces presque rien de tous les jours, supposés illusoires, mais cimentant les interrelations sociales. Est-il besoin de souligner que la fausseté est aussi une manière de se structurer ?
Alors, que l’on pratique chez Nidaa la fausseté pour se structurer ou se restructurer, cela ne peut que se révéler sain, à la condition que ses responsables soient dans le même temps à l'écoute du pays et de ses exigences !
Ainsi se fera l'assomption de sa destinée  d'Appel de la Tunisie répondant à l'appel du pays. Sa crise contribuera alors au réenchantement du pays, à cette remagification nécessaire et parfaitement possible qu'autorise le génie tunisien, la Tunisianité !

Publié sur Leaders