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vendredi 9 janvier 2015

Dés-ordre(s) du monde 1

Mustapha Tlili, penseur de la décadence du monde


  

Mustapha Tlili, fondateur et directeur du Centre de dialogues (Center for Dialogues) au sein de l'Université de New York était parmi nous en début de cette semaine, s'entretenant avec le nouveau président de la République du nouveau cours politique en Tunisie.
Monsieur Tlili est de ceux qui croient que ce qui se passe en Tunisie est historique, devant avoir des retombées importantes, non seulement pour notre pays, mais aussi pour sa région et pour le monde.
Leaders l'a rencontré et a recueilli pour les lecteurs de son magazine l'analyse fine et pertinente de ce qui s'est passé et ce qui se passe en Tunisie.
Très confiant dans l'équipe qui est arrivée au pouvoir et se mettant volontiers à sa disposition, l'auteur de La Montage du Lion reste sévère et critique à l’égard des islamistes tunisiens, trouvant qu'ils ont abusé de la confiance des Tunisiens. Il rappelle ainsi que les voix qui s’étaient portées sur eux aux élections pour la Constituante étaient juste une partie infime d’une population qui a éprouvé pour eux bien plus une sympathie réelle pour leur lutte contre la dictature qu’une adhésion à leur idéologie encore par trop dogmatique.
Il estime, en effet, que le peuple tunisien demeure, dans sa majorité, ouvert à la modernité et foncièrement tolérant grâce surtout à l'oeuvre pionnière de Bourguiba.
Il juge aussi que le parti Ennahdha, après son passage catastrophique à la tête de l'État, a intérêt à faire une cure d'opposition, ne devant pas revenir au pouvoir avant d'avoir salué et valorisé l'héritage de Bourguiba qui a fait que la Tunisie soit ce qu'elle est.
Monsieur Tlili nous a précisé avoir assuré les nouveaux dirigeants du pays de sa disponibilité totale à servir son pays ; ce qu’il a fait comme l’aurait fait enfant fidèle du pays, surtout qu'il est issu de l'une des régions défavorisées, trop longtemps oubliées par le pouvoir central.
Indubitablement, ce sera un atout de taille pour notre pays que de pouvoir compter sur l'apport rigoureux de ce penseur au long cours qui a contribué à la formulation de la nouvelle doctrine arabe des États-Unis.
À ce propos, il précise qu'il y a eu méprise de la part de la Maison-Blanche sur le sens des  travaux du think tank dont il faisait partie quand il lui conseillait de tenir compte de l'islam et des ses aspirations légitimes  dans sa politique étrangère.
C'est une telle méprise, exploitée et amplifiée par l'activisme des islamistes aux États-Unis, qui a amené au regrettable soutien américain pendant un certain temps aux islamistes, pensant que ces derniers représentaient l'islam dans son ensemble ainsi qu'ils le prétendaient et le faisaient accroire.
Aujourd'hui, une telle méprise relève du passé, affirme M. Tlili qui cite l'exemple de l'Égypte, assurant que la vision américaine de l'islam a été finalement rectifiée et est désormais plus juste, ne mélangeant plus l'islamisme et l'islam, les distinguant enfin parfaitement ce qui rend justice à l'islam qui est majoritairement tolérant, ouvert à l'altérité. Et c'est l'islam tel que le pratique la Tunisie bourguibienne, tient-il à préciser.
Fin politologue, Mustapha Tlili est aussi un romancier de talent et même visionnaire. On rappellera juste ici qu'il a déjà parlé du terrorisme dès 1987 dans son roman Gloire des sables, donnant déjà quelques clefs pertinentes pour comprendre la descente aux enfers d'une partie de notre jeunesse.
Cela n'est point pour étonner d'un penseur de haut calibre dont la thèse d'État fut été consacrée à deux penseurs de la décadence Rousseau et Nietzsche. Ayant bien analysé la décadence occidentale, nul n'est mieux placé donc que lui pour parler aujourd’hui de la décadence actuelle du monde, et surtout de l'islam politique dont il annonce la mort.*   
Nous reviendrons en détail sur cette riche interview avec cette personnalité qui honore de si belle façon la Tunisie dans notre livraison du magazine du mois de février.

* Modifié selon le souhait légitime de M. Tlili. Le texte ici est l'original, publié — comme c'est la règle — sur mon blog et sur ma page Facebook.

Publié sur Leaders