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vendredi 26 décembre 2014

Diplomatie postmoderne 8

Une diplomatie à réinventer





        On n’a pas manqué de le noter dernièrement : la diplomatie européenne ayant changé de tête est en train de changer de style, ce qui augure d’un changement de philosophie des rapports internationaux. Madame Federica Mogherini l’a d’ailleurs explicitement signifié en osant souhaiter voir la naissance d’un État palestinien d’ici la fin de son mandat.
         Un tel acte de courage politique est à saluer, car il déroge à la règle générale de conformisme logique à laquelle on s’est habitué de la part de l’Union européenne, moins prête à traiter les questions de fond que de gérer leurs apparences et encore à la surface et non en leur creux.
         La question palestinienne en est une éloquente illustration avec celle du dossier migratoire en Méditerranée où continuer à dominer le mythe de l’immigration clandestine.
         Or, une telle prise de position de la part de Mme  Mogherini nous interpelle bien plus qu’on ne le croit, car sans une réaction de notre part intelligente et inventive, ce coup d’éclat sera réduit à un coup d’épée dans l’eau des bonnes intentions sans lendemain.
         L’orientation indiquée par la nouvelle responsable de la diplomatie européenne appelle de la part de notre diplomatie une action ayant les priorités suivantes :

1/ Normalisation des rapports avec Israël dans le cadre du retour au partage de 1947 :

Cela doit être inévitablement l’axe majeur de notre diplomatie, une sorte de donnant-donnant qu’impose la seule légalité internationale qui compte outre que cela s’impose éthiquement au nom même des valeurs occidentales.
Il est impératif d’arrêter de faire de la surenchère idéologique et politicienne dans un dossier transformé en une affaire commerciale où les populations civiles payent les turpitudes des uns et les excès arrivistes des autres comme récemment à Gaza.
Il est temps  de déclarer venu le moment fatal de la paix des braves ! Et comme hier avec Bourguiba, cette voix juste dans un monde déjà injuste, il est  nécessaire que la Tunisie montre la voie de la justesse à défaut d’être celle de la justice; car si le partage de 1947 n’était pas parfaitement juste, il est le seul légitime, constituant une base solide pour sortir de l’impasse actuelle qui n’arrange que les aventuriers de la politique de la haine, ces corsaires et flibustiers de la postmodernité. Que nos diplomates soient en face d’eux les chevaliers postmodernes !

2/ Un espace de démocratie en Méditerranée :

Comme la question de Palestine est intimement liée à la paix en Méditerranée, il est de la plus haute importance que la Tunisie œuvre activement et concrètement pour la paix en notre mer commune avec un appel à la raison par l’instauration d’un espace de démocratie méditerranéenne.
Cet espace se manifestera, entre autres mécanismes concrets, par l’instauration du libre mouvement des citoyens des pays nouvellement démocratiques de la Méditerranée sous couvert de visa biométrique de circulation.
Un tel mécanisme est parfaitement respectueux des réquisits sécuritaires actuels tout autant que des droits de l’Homme dont le premier est la libre circulation. Il est aussi dans la logique libérale d’ouverture des frontières, non seulement aux marchandises, mais aussi à leurs créateurs que sont les humains.
La Tunisie, forte de son expérience réussie qui a démontré la maturité de son peuple, devrait militer sérieusement pour l’abandon du visa actuel, désormais obsolète en esprit comme en retombées ne serait-ce que parce qu’il viole déjà le droit international sans arrêter les flux de clandestins dans un cortège inacceptable de drames récurrents.
Et elle gagnerait à situer un tel abandon sur le court terme dans le cadre d’une adhésion sur le long terme à l’Union européenne dont tout le Maghreb n’est que le prolongement ; ne le voit-on pas déjà avec les présides de Ceuta et Melilla ?

3/ Une aire de civilisation occidentalo-orientale :

Une telle demande d’adhésion à l’Union européenne ne serait pas ni une première, le roi du Maroc Hassan II l’ayant déjà demandée officiellement dans les années soixante, ni une hérésie, d’éminentes personnalités européennes la proposant comme étant encore plus pertinente que l’adhésion de la Turquie qui n’est pas exclue, même si elle pose problème.
         De fait, c’est l’argument utilisé par les opposants à l’adhésion turque qui serait retourné contre eux pour l’adhésion tunisienne et ultérieurement maghrébine. En effet, la supposée différence de culture qu’on excipe à tort incite plus que jamais à un tel rapprochement institutionnel qui est déjà effectif, mais d’une manière informelle, liant structurellement le sort des deux rives de la Méditerranée en u monde qui n’est globalisé que parce qu’il n’y a pas place à un conflit des cultures, mais à une symbiose du meilleur de chaque culture.
         C’est ce à quoi tendra la Tunisie dont la demande d’adhésion à l’Europe préfigurera une aire de civilisation à laquelle elle est en mesure d’oeuvrer grâce à ses atouts propres afin que l’Occident et l’Orient cultivent le meilleur de leurs valeurs en un moment où le monde bascule de part et d’autre dans l’horreur et l’extrémisme.  
         Le modèle de gouvernance qui est en construction en Tunisie — cette terre de spiritualité ardente où le désir et la volonté de vivre n’ont j’amis été aussi bien magnifié — atteste de la fécondité d’un tel projet aux retombées fructueuses nécessairement immenses pour un futur d’une humanité déboussolée, plus que jamais à la recherche d’une politique de raison où la conscience et l’éthique se taillent la part du lion.
         Que la diplomatie tunisienne l’incarne donc en commençant à oser mettre en œuvre les deux premiers impératifs catégoriques des rapports internationaux en Méditerranée ci-dessus évoqués ; elle en a parfaitement et les moyens et le talent humain nécessaires pour sa réussite !


Publié sur Leaders