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samedi 29 novembre 2014

Nouvel ordre des choses 5

Lecture dans le machiavélique jeu d'Ennahdha 



Voilà la Tunisie au bord d'une partition, sinon effective, du moins idéologique et politique entre un Nord libéral et moderniste et un Sud trompé par un faux discours sur l'authenticité, se laissant attiré par les sirènes intégristes.
Formation d'un mélodrame
Rien ne laissait pourtant envisager une telle issue pour ce qui était une fête de la démocratie, devant s'achever par un seul et unique tour de présidentielle, confirmant le résultat des législatives, entérinant une entente de raison entre les deux plus grands partis de la scène politique.
Il aura fallu que les démons du parti islamiste ne l'entendant pas de cette oreille, osant tout chambouler. Car il est évident que si Ennahdha s'était conformée à son engagement de soutien, même négatif, de M. Caïd Essebsi, il serait à Carthage.
Il est vrai qu'au monde des démons, il existe aussi une hiérarchie, et il aura fallu une force majeure, irrésistible et extérieure, pour déjouer le fin stratagème monté de toutes pièces par l'éminence grise nationale du parti islamiste.  
Cédant à un jeu machiavélique, son parti a approuvé ceux des analystes moins soucieux de la stabilité de la Tunisie et qui se sont ingéniés à saisir le premier tour comme l'occasion idéale de faire d'une pierre deux coups, manifeste et occulte.
Occulte, consistant à contester une hégémonie, peu prisée par certains, du gourou officiel du parti.
Manifeste afin de prouver la capacité de nuisance des islamistes, pesant de tout leur poids sur l'issue du scrutin en apportant un précieux soutien au président sortant au potentiel électoral dérisoire.
M. Ghannouchi et le clan supposé modéré d'Ennahdha peuvent toujours dire n'avoir pas été suivis par leurs troupes; il n'empêche que la perspective d'un tel machiavélisme politique, tout en ménageant les apparences, a servi un ego surdimensionné, patent dans le parti et auprès de ses soutiens étrangers.
C'est celui de détenir les clefs du jeu politique, étant en mesure de maintenir à Carthage l'actuel président provisoire ou d'y faire entrer son rival; un tel rôle de faiseur de roi ne déplaît à aucun politicien.
Les apparences ménagées n’empêchent le doute levé quant au refus d'alignement sur une ligne de realpolitik, supposant à tort une distance prise avec les fondamentaux du parti. Car lorsque l'unité d’un parti est en jeu, tout prix à payer est bienvenu, y compris en termes de fausses apparences. Une loi sociologique établie le confirme.
Implications du mélodrame
 Il reste que tout cela est marqué du sceau du provisoire et n'honore pas les supposés démocrates du parti islamiste, se comportant en enfant gâté, prompt à casser le jouet qu'il venait de se faire offrir.
C’est le compromis historique entre deux tendances politiques opposées, laissant entrevoir un gouvernement d'union autorisant une période de stabilité pour un pays trop éprouvé.
Un tel jeu d’Ennahdha qui obéit aux règles classiques de la politique à l'antique, où il sied de ruser et de tromper, est malsain, venant d'un parti se réclamant des valeurs. Et il est particulièrement dangereux, ouvrant un boulevard aux aventuriers, apparents et occultes. 
Ennahdha vérifie aujourd'hui les limites de son machiavélisme qui lui impose de devoir sortir enfin du bois en se déclarant clairement quant à son attitude vis-à-vis de M. Essebsi : ou il persiste à ne pas le soutenir, reproduisant le vote du premier tour, ou il exige et impose à ses troupes l'abstention, contestant l'ingérence externe néfaste pour son avenir en Tunisie.
Dans le premier cas, il encourt la grave responsabilité de pousser la Tunisie sur le chemin des périls, le maintien de M. Marzouki à Carthage étant synonyme d'instabilité et de graves turbulences. Si cela arrange des intérêts, ce ne sont certainement pas ceux de la patrie et encore moins des vrais patriotes qui doivent savoir sacrifier leurs intérêts pour le salut du pays. 
Dans le second, E nnahdha prouve son sens patriotique et son sérieux politique au risque de voir se diviser encore plus ses troupes, allant même à un possible éclatement. Mais n'est-ce pas face au péril que l'on éprouve la fidélité aux valeurs, la discipline pour les honorer, même contre son gré, la politique ayant des lois que l'idéologie n'a pas ?
La part utile au sein d'Ennahdha saura-elle désobéir à la forte pression extérieure pour obéir à une direction nationale si elle décide d’être enfin cohérente et honnête dans une volonté franche d'occuper durablement, mais paisiblement, la scène politique, y incarner l'islam démocratique ?
On voit bien que les implications du machiavélisme d'Ennahdha assumé ou imposé à ses troupes et à sa direction supposent un positionnement clair, éminemment  éthique. Soutenir Marzouki, c’est diviser encore plus le pays, non seulement sociologiquement et idéologiquement, mais aussi politiquement et institutionnellement. Imposer aux puristes de ses troupes le vote blanc, c’est faire le sacrifice nécessaire pour préserver le pays et le futur de l'islam politique en Tunisie.
Comment être révolutionnaire ?
Cette dernière hypothèse implique, bien évidemment, la participation d'Ennahdha à un gouvernement d'union nationale. Cela lui donnera, d'un côté, l'aura de sauveur du pays et, de l'autre, la qualité de seul représentant des valeurs de l'islam, retirant une telle prétention à M. Marzouki qui retrouverait sa vacuité idéologique avec ses troupes, limitées en nombre, obnubilées par un passé révolu. 
Toutefois, il est désormais une difficulté nouvelle compromettant cette solution qui paraissait évidente il y a peu : l'acceptation du camp adverse de confirmer un accord qui ne tient plus, étant désormais gagné à l'idée d'une autre union nationale, encore plus patriotique, celle d'un gouvernement avec le front patriotique. Ce qui suscite l'interrogation sur ce que les troupes de M. Hamma Hammami feront, une question semblable à celle posée — et qui le reste — à celles de M. Ghannouchi : soutiendront-elles BCE d'une manière ou d'une autre  ?

Comme on le voit, on n'est pas sorti de l'auberge ! Celle-ci, aujourd'hui, est moins espagnole que tunisienne, rejoignant la fameuse question de Montesquieu, que nous adaptons à notre situation politique : comment être révolutionnaire ?

Article ayant fait l'objet d'une actualisation
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