2017 : année d’abolition de l’homophobie en islam ! Que les militants maghrébins proposent ce projet de loi : en Tunisie (en arabe, en français) et/ou au Maroc (en arabe, en français) !

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jeudi 25 septembre 2014

Postmoderne Méditerranée 8

Il faut de l'imagination en politique, M. Jomaa!



Dans sa récente interview à CNN, le chef du gouvernement a voulu être rassurant, affirmant qu'il « n’y a pas de place au terrorisme en Tunisie et il ne doit pas y avoir de place à des Tunisiens parmi les terroristes à l’étranger ».
Le terrorisme est incrusté dans les têtes
Nous voulons bien le croire sur parole; mais les faits sont têtus, hélas ! Ils disent que le terrorisme est bien incrusté en Tunisie et y est durable. Car il est dans les têtes, y compris de celles qui ne passent pas à l'acte, laissant la sale besogne à quelque minorité d'activistes.
On l'a bien vu à l'Assemblée nationale où l'on a commencé par tout faire pour retarder la discussion de la loi censée lutter contre ce fléau. Et voilà qu'on vient d'en reporter l'adoption pour ne pas avoir à souffrir d'un quelconque handicap auprès d'une partie de l'électorat acquise à une forme de terrorisme mental. 
On l'a vu aussi avec l'actuel président provisoire, désormais candidat à sa propre succession, qui relativise la gravité du terrorisme en le plaçant en dessous de l'argent sale qui n'est qu'un moyen au service de cette fin ignoble que reste le phénomène terroriste.
Oui, comme le dit M. Jomaa,  il est impératif d'agir sur les causes de ce phénomène; mais elles ne tiennent pas seulement à une éducation appropriée, surtout pas dogmatique et moralisatrice ainsi que la prévoit le parti islamiste, ni seulement  à l'offre d'emplois. En effet, cette offre existe aujourd'hui, mais elle ne satisfait plus les demandeurs, désormais plus exigeants qu'avant quant aux conditions du travail, matérielles comme morales, notamment en termes de dignité.
Oui, comme il le dit encore, il faut redonner espoir aux jeunes désespérés qui n'ont plus rien à perdre, croyant même gagner leur vie en se laissant entraîner par les sirènes terroristes qui n'ont qu'a manipuler des têtes déjà prêtes, travaillées par des sermons et une idéologie du rejet d'autrui que nos lois ne font que confirmer.
De l'imagination en politique !   
Qu'on se le dise donc ! Ce ne sera pas avec les recettes éculées et dans un monde fini que l'on réussira à limiter les méfaits du terrorisme pour finir d'en venir à bout. Il nous faut réinventer notre vivre-ensemble national et international, pour y réintroduire l'humanité et la vraie solidarité qui leur manquent.
Or, il n'y a rien de tout cela dans la ligne politique que trace M. Jomaa. Où sont les engagements pour une justice équitable avec l'abolition des lois liberticides de l'ancien régime ?  Comment se fait-il que l'on maintienne encore des lois d'exclusion et de rejet d'autrui dans notre législation nationale, au faux prétexte qu'elles sont supposées islamiques ? En effet, il est avéré que non seulement elles défigurent l'islam, mais surtout elles entretiennent la haine de l'autre, ce qui est la mamelle du terrorisme.
Pourquoi n'engage-t-on pas notre diplomatie sur la voie porteuse d'une militance pour un espace de démocratie en Méditerranée qui soit celui d'une libre circulation afin d'ouvrir d'autres horizons à nos jeunes que la haine et le meurtre? 
Un tel espace — dont j'avais spécifié l'outil adéquat de réalisation concrète — jetterait même les fondations d'une politique de retrouvailles entre l'Occident et l'Orient autour de valeurs humanitaires communes dans le cadre d'une aire de civilisation à laquelle la francophonie pourrait donner une première base de départ.
Ce sont là autant de possibilités qui sont parfaitement à notre portée et qui ne tiennent qu'à l'absence de volonté pour aider à la mise en oeuvre d'une nouvelle politique qui soit compréhensive pour des rapports internationaux rénovés. On sera alors à la hauteur des défis majeurs qui secouent notre monde fatigué de reposer sur un paradigme fini. 
Un peu plus d'imagination dans votre politique, M. Jomaa, de grâce ! C'est inévitable si l'on veut réellement sortir ce pays de la crise.