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jeudi 4 septembre 2014

I-slam, le génie de la foi 2

Jours de colère pour Ennahdha 



Malgré tout le talent manoeuvrier de son chef Rached Ghannouchi et le bagou surréaliste de son vice-président nominal Cheikh Mourou, Ennahdha broie du noir au point de solliciter le secours de l'ami américain qui est venu à la rescousse. Le temps est au requiem pour Ennahdha, du moins le parti conquérant et fanfaron tel qu'on le connaissait.
Lézardé, secoué par la houle des événements meurtriers venant d'un Orient naufragé dans l'horreur, l'estocade pourrait venir pour Ennahdha si jamais les jihadistes tunisiens — que M. Ghannouchi avait considérés comme étant ses enfants perdus — réussissent à mettre à exécution leur menace de déclencher une guérilla urbaine en Tunisie dont les éclats de pétards et de feux d'artifice nocturnes ne seraient que la répétition. 
Un soutien américain moins résolu
Aujourd'hui, c'est jours de colère chez les islamistes qui ont réussi à mécontenter tout le monde, y compris leurs plus précieux soutiens qui leur ont pourtant épargné le sort de leurs homologues égyptiens.
Certes, Ghannouchi n'a pas manqué d'aller dans le sens des exigences de ses mentors; mais il n'a pas su non plus museler les plus fanatisés des membres de son parti ni infléchir sérieusement la ligne de son parti dans le sens de l'État civil qu'il n'a accepté que du bout des lèvres. 
Il faut dire que ce parti n'a jamais renié ses fondamentaux dans lesquels la règle de la dualité de la direction est restée totale : l'officielle qui est pour l'épate ne représentant au mieux que le plan B, alors que l'officieuse reste la seule référence quoique demeurant quasiment clandestine.
Avec une telle vision de la politique poussant le plus loin sa conception machiavélique, Ennahdha ne pouvait échapper à son jour actuel de colère, qui risque de lui ravir tous les acquis engrangés depuis son succès électoral. De ce dernier, quoique limité, le parti a abusé sans aller assez dans le sens des attentes de ses soutiens et de tous ceux qui voulaient bien croire à la sincérité de sa mutation démocratique ou du moins à sa possibilité.
Il faut dire aussi que la situation internationale a changé avec les événements tragiques du Levant et de son califat fantoche où s'activent des Tunisiens en nombre, hier bien proches du parti islamiste. Aussi est-il vital pour Ennahdha de se distinguer au plus vite d'un tel cauchemar supposé islamique.  
L'esprit galvaudé de l'islam ou un cryptojihadisme  
Or, Ennahdha ne le fait pas assez et trop mollement ou du bout des lèvres en cas de contrainte absolue. Pourtant, le parti de M. Ghannouchi a eu la possibilité de donner de l'islam une image rayonnante, en phase avec l'époque et ses exigences. Il disposait même dans l'islam tunisien pour cela de l'atout majeur qu'est cette veine intarissable de tolérance et de vénération de l'altérité que représente le fort courant soufi.
Se laissant ensorceler par le pouvoir, il a cru pouvoir agir à sa guise pour transformer de fond en comble la société; mais à chaque essai, il a mesuré la force de la résistance d'un  peuple mature, attaché à sa façon de vivre faussement dilettante, mais rageusement attachée à une liberté de vivre à sa guise un islam libre, pouvant être orthodoxe pour les uns, tout en étant sans excès, et aussi bien libertaire pour d'autres.
C'est cet islam pluriel auquel est attachée la Tunisie et dont n'a pas voulu Ennahdha. Aussi, le pays ne veut plus de l'islam d'Ennahdha qui s'est révélé à ses yeux un faux islam, ne cadrant pas avec ses vérités, y compris iconoclastes, qui avaient cependant été vérifiées et acceptées par des générations d'oulémas zeitouniens dans un esprit de tolérance honorant le vivre-ensemble à la tunisienne.  
Seule preuve de sincérité : déclarer clos le jihad mineur
Aujourd'hui, Ennahdha doit non seulement se réconcilier avec le pays, mais aussi avec l'islam. Ses soutiens s'étant trompés sur ses véritables intentions religieuses, même s'ils continuent à plaider sa cause, il doit aussi retrouver rapidement leur confiance perdue en les rassurant sur la nature de son islam.
Il est vrai, la Tunisie a besoin d'un parti islamiste qui rééquilibre la donne politique, et Ennahdha pourrait jouer ce rôle; mais ce parti ne sera alors plus le monolithe dogmatique que nous avons connu. Il est en train de changer, certes, mais sans le vouloir ni vraiment ni assez et sans faire le nécessaire pour assumer une réelle transformation en se limitant à un rafistolage de surface qui ne trompe plus.  
Pour cela, il doit désormais apporter la preuve à ceux qui veulent bien le croire ou le soutenir que sa volonté démocratique est sincère. Pour cela, il est dans l'obligation d'oser déclarer illicite le jihad mineur qui est légalement terminé comme le fut l'émigration, la hijra ayant pris fin avec l'entrée de l'islam à la Mecque. 
En effet, les jurisconsultes les plus éclairés de notre religion admettent que la guerre que menait l'islam pour son expansion, appelée jihad asghar ou mineur, est bel et bien achevée et ne reste désormais que le jihad akbar, l'effort maximal qui a pour champ de bataille le comportement du croyant avec son prochain.  
Alors, M. Ghannouchi, oserez-vous prendre acte de la fin du jihad mineur et l'annoncer à vos ouailles ? Ainsi prouveriez-vous votre bonne foi démocratique !