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samedi 9 août 2014

I-slam, Renaissance de la foi 7

Entre halal et légal, il faut désormais choisir 



Aujourd'hui, en un temps de confusion extrême des valeurs, ce qui est halal ou supposé tel (licite) n'est pas nécessairement légal, ce dernier pouvant n'être pas ou ne pas paraître halal. En effet, avec la lecture faussée que font certains religieux dogmatiques parmi les intégristes ou les marchands de la foi, on a souvent affaire à du haram (illicite) sous forme de halal. La notion même du halal  est tellement galvaudée désormais qu'elle a perdu toute pertinence, devenant un instrument de lavage de cerveaux ou, pour le moins, d'instrumentalisation politique et idéologique.

Or, la Tunisie est aujourd'hui officiellement un État civil et entend devenir un État de droit. Aussi, entre halal et légal, il faut choisir; car si le halal est supposé licite, ce n'est pas selon les critères de l'État de droit, mais d'une théocratie qui n'a pas sa place en Tunisie. Et même si ce qui est légal semble parfois s'opposer à ce qui est supposé halal, c'est ce qui doit légitimement s'imposer à la fausse interprétation de la religion de certains de nos religieux et des zélotes intégristes qui détruisent sans vergogne l'islam et son message de paix et d'amour.

Aussi, il est impératif que les autorités nationales réagissent vite et fort en mettant fin à ce qui relève d'une stratégie de longue haleine de nos religieux qui jouent de la banalisation des travers qu'ils veulent imposer de force à la société tunisienne. Et on sait, depuis Hanna Arendt, à quel point le totalitarisme et la dictature ne sont d'une banalisation du mal, ce même mal qui est aujourd'hui commun, si ordinaire. 

Ainsi, ici même, Mohamed Jemal se faisait-il l'écho de cette horreur d'hôtel à Hammamet se présentant comme étant entièrement halal; autrement dit totalement illégal et l'affichant qui plus est, en faisant un argument commercial. Cela ne fait que s'ajouter à nombre de comportements qui passeraient inaperçus s'ils n'emportaient sournoisement une stratégie de destruction de l'État tunisien en s'attaquant à son modèle en ce qu'il a d'originalité faite d'authenticité et d'ouverture à l'altérité, cet enracinement dynamique qui est le génie même de la Tunisie éternelle. 

Dans ce même cadre, on pourrait citer aussi l'exemple de la compagnie aérienne Syphax bannissant de ses vols toute distribution de boissons alcolosées, ce qui contrevient non seulement aux pratiques internationales, mais également et surtout à la tradition tunisienne de respect de tous les goûts, la Tunisie ayant toujours veillé à honorer ses visiteurs. 

Suivant cette logique, on finirait par interdire l'alcool dans les hôtels ! Pourtant Syphax pouvait bien innover en la matière en trouvant une solution intermédiaire entre ses engagements idéologiques et commerciaux en offrant par exemple de la bière sans alcool ! Et on sait à quel point le Tunisien est imaginatif, son talent étant grand à trouver les solutions sans aspérités respectueuses des impératifs locaux, mais aussi universaux. 
    
Réagir vite et sans hésitation, c'es un devoir de salubrité démocratique de la part du gouvernement. Le terme halal doit finir par être toiletté de toutes les altérations qui l'ont marqué et qui sont responsables des pires déviations religieuses que nous vivons en ce temps où la religion marche sur la tête. 

Il nous faut clairement préciser que le port du voile, par exemple, n'est ni halal ni haram en islam authentique, car il ne relève que de la stricte liberté individuelle à séparer de l'affichage public. De même, la ségrégation les sexes est aussi  illégale qu'illicite, l'islam ne distinguant entre les sexes ou entre les croyances que par la piété qui est d'abord dans le comportement et non l'ostentation et l'affectation.

Il en va d'ailleurs pareillement pour nombre d'autres aberrations qui ont même su s'immiscer à la faveur de la dictature dans notre législation comme l'interdiction de l'alcool (alors que seule l'ivresse est interdite en islam) ou l'apostasie (l'islam sanctifiant une totale liberté de croyante) ou encore l'homosexualité (nullement criminalisée ni par le Coran ni par la Sunna authentique).

C'est là un combat de longue haleine auquel les autorités tunisiennes doivent s'atteler tout de suite et en premier, car ce genre d'amalgame crée la confusion dans les têtes; or, c'est ce qui alimente sournoisement le terrorisme qui s'en nourrit pour peser de tout son terrible poids sur le salut de notre pays.

Il faut donc interdire à ce genre d'activités violant et nos lois et notre constitution en plus de notre façon ancestrale de vivre; et le pire est qu'elles transgressent aussi la religion, en faisant une lecture caricaturale. C'est un impératif catégorique !


Publié, légèrement modifié, sur Leaders