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samedi 19 juillet 2014

Tunisie martyre 2

Tous pour la Tunisie !




La Tunisie souffre, la Tunisie pleure ! Que font ses politiques ? ils s'étripent et mentent !

La Tunisie est dans l'oeil du cyclone; que font les patriotes ? ils ne pensent qu'à la ligne de leur parti !

La Tunisie est tiraillée par les intérêts des uns et des autres; que font les démocrates ? Ils n'ont en vue que leur carrière politique !

Ce que nous vivons depuis près de quatre ans en ce pays relève de la pire des tragicomédies; il est temps que les consciences s'éveillent ! Soyons tous pour la Tunisie !

Stop à la comédie du pouvoir !

Il suffit de jouer aux chevaliers de la vertu quand les turpitudes des uns et des autres sont plus qu'évidentes aux yeux d'un peuple qui a trop souffert pour souffrir encore plus !

Il suffit de jouer la comédie d'un gouvernement de compétences quand il n'en a aucune, même pas celle de réparer les injustices flagrantes de l'ancien régime ou d'appliquer les conditions minimales de la feuille de route qui l'a mis en place !

Il suffit de jouer à la comédie de la démocratie réduite à un mécanisme formel vide de tout sens, juste destiné à renouveler la légitimité perdue de la majorité au pouvoir qui a pourtant lamentablement échoué depuis plus de trois ans.

Il suffit de parler d'État de droit quand sa constitution est voulue mort-née et ses acquis maintenus lettre morte !

Il suffit de dénoncer le terrorisme quand il est dans nos têtes, les uns les autres s'excluant, s'étripant pour imposer leurs vues, leurs intérêts égoïstes !

Il suffit de dénoncer l'ingérence étrangère quand on en profite et que la Tunisie ne peut y échapper du fait de sa position stratégique, ses relations historiques et leurs implications !

Il suffit de faire de notre armée le bouc émissaire de nos querelles politiques et idéologiques; sa faiblesse aujourd'hui sera sa force demain quand tout le peuple, excédé par l'ineptie de sa classe politique, se lèvera comme un seul homme pour défendre ses enfants, victimes sacrificielles d'un jeu politicien mesquin et malsain.

Il suffit d'arroser la terre de Tunisie du sang de martyrs pour que s'engraissent au pouvoir de prétendus serviteurs qui ne veillent qu'à leurs intérêts propres ! Il suffit de voir les panses s'hypertrophier de nos responsables et leur train de vie devenir somptuaire, le tout aux dépens d'un peuple de plus en plus zawali !

D'abord l'État civil et de droit

En un mot comme en cent, il suffit de jouer aux pompiers pyromanes ! Il est temps que des voies justes se lèvent pour une voie de justesse en ce pays ! Il est temps de penser à la patrie sacrifiée, panser ses blessures. Il est temps d'être tous pour la Tunisie martyre !

Voici venir la fête de la République; qu'on la saisisse pour un nouveau départ ! Et ce départ ne doit pas être une sous-démocratie, un semblant de processus électoral frelaté. D'abord et avant tout, c'est d'un État de droit qu'a besoin la Tunisie, ce même État que la Constitution qualifie de civil. 

Seul un tel État est en mesure de garantir le sérieux de tout processus électoral et la crédibilité d'une démocratie dont tout un chacun parle et à laquelle personne ne croit, car elle ne peut être la chose de tous dans les conditions actuelles.

Seul un État civil de droit est en mesure de garantir le vivre-ensemble souhaité pour la Tunisie où les obédiences idéologiques, y compris religieuses, ne sont point imposées à autrui, mais librement assumées dans le strict respect de celles opposées se son prochain, cet autre soi-même.

Que le 25 juillet, célébrant aussi un autre de nos martyrs, soit enfin celui de l'abolition officielle de la dictature en suspendant toutes ses lois encore en vigueur ! Que la fête de la République soit celle de la mise en oeuvre effective de l'État de droit par l'application stricte de ses dispositions démocratiques.  

Aujourd'hui, il n'est nul patriotisme que dans la mise en place sans plus tarder de l'État de droit qui est d'abord un État civil. Aussi, le gouvernement supposé de compétences doit impérativement revendiquer son droit qui est aussi son obligation de :

1/ neutraliser totalement les administrations, en Tunisie et à l'étranger, jusques et y compris dans les instances de l'ISIE qui, au vu de multiples témoignages et dérapages, ne se sont pas révélées assez indépendantes;

2/  faire taire les voix de la haine qu'on entend journellement dans les mosquées;

3/ faire cesser le non-respect du caractère civil de l'État sur les ondes nationales et dans les harangues publiques;

4/ arrêter la violation les lois et libertés garanties par la Constitution en édictant un moratoire immédiat à l'application des lois les plus scélérates de la dictature. 

Pas d'élections en temps de guerre !

Le terrorisme est d'abord dans la tête avant d'être dans les faits. Ce sont les discours de haine des uns et des autres qui le nourrissent. Et ces discours sont d'autant plus condamnables qu'ils s'alimentent faussement d'un fonds spirituel commun à tous les Tunisiens. 

On n'a pas le droit de prétendre représenter la religion quand on la caricature. La religion est l'affaire privée de tout un chacun et il importe de respecter en premier cette règle avant de prétender faire la politique. C'est ce qu'impose une saine interprétation de l'islam qui est bien loin de mélanger la vie privée et la vie publique. 

Ce n'est pas d'un pugilat aux conséquences meurtrières entre nostalgiques de l'ancien régime et zélateurs d'une dictature morale que veut la Tunisie ! C'est d'une démocratie vraie que le pays rêve, et qui est d'abord un vivre-ensemble paisible, ouvert sur l'altérité. 

Or, on en est loin ! Même le parti islamiste qui se gargarise de représenter un islam modéré démontre chaque jour qu'il a failli dans sa mission, s'alignant subrepticement sur un islam dogmatique et usant éhontément de tous les subterfuges que permet une pratique politique dénuée d'éthique.

Il est impératif d'arrêter d'instrumentaliser les ignobles assassinats aux fins électoralistes. S'il est un parti en mesure de profiter de ces actes ignobles, c'est bien celui qui tient à ce que les élections aient lieu aujourd'hui dans les conditions actuelles d'insécurité et d'absence de lois justes. Et la Tunisie est censée être en guerre totale contre le terrorisme ! 

Organise-t-on à la hâte des élections en temps de guerre ? Réclamer aujourd'hui le maintien du processus électoral, c'est faire la preuve irréfutable qu'on sert moins la démocratie qu'on ne cherche à profiter de la situation. Tous les moyens sont alors bons pour installer au plus vite et dans les plus mauvaises conditions un gouvernement fantoche s'imposant à la majorité du peuple par ses seuls partisans massivement inscrits sur les listes électorales.

Le peuple s'est déjà prononcé sur son intérêt pour un processus électoral qu'il juge très mal et surtout malvenu dans une situation indigne pour une démocratie honnête. Seuls les non-patriotes maintiendront en cette période de guerre un scrutin voulu démocratique quand il n'a pour objectif que de fausser ses résultats et amener une majorité pour profiter librement de l'État de non-droit. 

En cela, les visées de  tels politiciens ne peuvent que coïncider avec celles des terroristes qui, s'ils refusent quelque chose, c'est surtout qu'il y ait un jour sur cette terre un État de droit, civil et tolérant. 

C'est par là qu'il faut commencer, car c'est ainsi qu'on luttera réellement contre le terrorisme mental — majeur — alimentant le terrorisme physique — mineur. Et c'est cela la démocratie !


Publié sur Leaders