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vendredi 4 juillet 2014

De Daimoncratie à Postdémocratie 4

La démonstration par l’absurde de M. Caïd Essebsi





M. Béji Caïd Essebsi dans sa récente interview à la chaîne nationale «Wataniya 1» vient de nous donner une remarquable illustration de la démonstration par l’absurde à laquelle notre classe politique se laisse aller dans un jeu politique qui n’est pas sans risques majeurs pour l’avenir du pays.


Que dit M. Caïd Essebsi ? Que «Les élections ne se dérouleront pas dans de bonnes conditions, mais on n’a pas d’autre choix». Drôle de raisonnement ! On croyait la politique était l’art de rendre possible l’im-possible. Et cela ne pouvait échapper à quelqu’un d’aussi rompu aux arcanes de la politique que l’est notre talentueux politicien.  


Il est clair que les élections nationales qu’on se hâte d’organiser ne rencontrent pas l’écho escompté auprès du peuple; elles sont même rejetées sans appel par les jeunes qui sont la majorité du pays. Alors, de quelle majorité se prévaudront les futurs élus ? Forcément, de l'illusoire majorité de l’infime proportion du peuple qui prendra part à des élections qui, d’ores et déjà, démontrent dans leurs conditions d’organisation qu’elles ne sont pas dénuées de tâches rédhibitoires à un minimum de transparence.


Alors, dans ces conditions, pourquoi persister à avancer dans le mauvais sens, pratiquant la fuite en avant quand on sait pertinemment que l’on va droit dans le mur ? Tout porte à croire, en effet, qu’au lieu d’avoir, au sortir des futures élections, un gouvernement représentatif, on a quasiment l'assurance, type de scrutin aidant, de se retrouver avec une majorité similaire à celle qui a donné la néfaste troïka. Et tout cela dans un État qui n’est pas encore de droit, étant régi par les lois de la dictature ! 


Autant dire que le terrain sera plus que favorable pour une restauration de l'ancien régime moyennant un simple ravalement de façade. Ce que l’état sociologique actuel du pays ne permettra point. Aussi, si ces élections vont jusqu’au bout, on risque fort non pas de stabiliser le pays, mais de le déstabiliser davantage.


Le maître d’ordre en politique aujourd’hui est de renouer avec l’ordre, ce qui est plus que légitime. Toutefois, cela ne peut plus se faire à n’importe quelle condition; sinon, c’est la résurgence de la dictature honnie avec les troubles qu'elle suppose. Le meilleur ordre est celui qui bénéficie de l’assentiment des masses, qui commence au plus bas niveau social, le plus près des citoyens, dans les villes et les villages.


C’est pourquoi, à l'heure qu'il est, le devoir de tout honnête politique dans ce pays est de tirer d’ores et déjà la leçon du fiasco plus que probable des élections nationales en y substituant les seules élections de nature à intéresser le peuple : des locales et régionales. 


Et  qu’on ne prétende pas que la Constitution ne le permet formellement pas, car tout son esprit le commande, outre ses dispositions capitales magnifiant le pouvoir des localités et des régions dans une décentralisation véritable. Quelle meilleure façon, en effet, de concrétiser un tel esprit que de convoquer les électeurs à choisir leurs représentants dans des municipalités et des gouvernorats qui sont actuellement dans un état déplorable ?


Ce faisant, et comme l'Assemblée Constituante tient absolument à se transformer en assemblée législative, elle aura à détricoter les lois les plus scélérates de l'ancien régime pour commencer l'édification de l'État de droit tant attendu, seule garantie pour que la majorité future, —bénéficiant qui plus est de la durée — ne se comporte pas comme la troïka défunte se satisfaisant de l'arsenal répressif de la dictature. 


Dire que la Constitution l'interdit, c’est violer cette constitution et agir comme le faisait le régime déchu en se réclamant de l’État de droit pour le nier. Aussi, dénoncer les limites de l’opération électorale voulue, comme l'a fait M. Caïd Essebsi après tant d'autres, sans toutefois appeler à la transformer en élections locales n'est que la démonstration irréfragable des limites de notre démocratie naissante. Et c'est une pratique absurde de l'art politique.  


C’est aussi prendre la sérieuse responsabilité de l'échec de l'expérience tunisienne, prometteuse pourtant, avec toutes les conséquences catastrophiques que cela entraînera. Que les démocrates — et M. Caid Essebsi compte toujours parmi eux à notre connaissance — osent donc faire la distinction qui s'impose entre le bon grain des élections honnêtes et l’ivraie de la parodie électorale !


Publié sur Webdo