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jeudi 3 avril 2014

Une centralité souterraine 6

Démocratie participative dans nos municipalités
 

Tandis que nos politiques s'affairent à leur cuisine électorale, cherchant à s'assurer la meilleure façon de garder le pouvoir ou d'y accéder au lieu de le rétrocéder au peuple par ses élections locales, de plus de plus de nos municipalités réinventent la pratique démocratique. On s'y attelle activement à y instaurer la démocratie participative que les élites actuelles refusent de reconnaître au peuple comme un droit acquis de sa révolution. Ainsi le nombre de mairies adoptant la technique du budget participatif est-il en augmentation en Tunisie, la dernière en date y adhérant étant la mairie de Tozeur.  
Histoire du budget participatif  
Concept de la démocratie directe, le budget participatif qui gagne inexorablement du terrain en Tunisie est un mécanisme consistant à impliquer les citoyens dans la vie de leur municipalité en reconnaissant leur droit de participer aux décisions retenues dans le budget municipal.
Il a été inventé et pratiqué avec succès au Brésil pour la première fois, à Porto Alegre, capitale de l’État de Rio Grande do Sul, à la suite des élections municipales de 1988 remportées par une coalition de gauche dominée par le Parti des Travailleurs.
C'est en 1989 que la municipalité de Porto Alegre a mis effectivement en place ce système innovant et révolutionnaire en le dénommant budget participatif. Il s'agissait de la pièce maîtresse d’une série de mesures visant à inventer et à renforcer les structures de participation et de délibération pour la gestion publique du budget et des politiques sectorielles, notamment avec l’élection des directeurs et des conseillers éducatifs dans le réseau des établissements scolaires municipaux.
Le budget participatif dans le monde
Cette technique du Budget participatif a aussitôt gagné du terrain dans les autres villes du Brésil (Belem et Santo Andre, par exemple) avant d'essaimer hors du Brésil, en Amérique Latine (Villa El Salvador au Pérou, à titre d'exemple) et dans le monde entier (Charleroi et Scheut, en Belgique).
En France, la mairie de Paris y a pris une option sérieuse avec la nouvelle maire élue Anne Hidalgo. Déjà, la mairie du 12e y avait adhéré, en 2011, en décidant un dispositif de concertation entre les élus municipaux et les habitants de l'arrondissement pour aménager l'espace public de la mairie.
Mais ce fut la mairie de Grigny, dans le Rhône, qui mit le processus en branle dans l'Hexagone, et ce dès 2004. Actuellement, 25% du budget d'investissement de la ville est géré de manière participative.
La technique n'a d'ailleurs pas manqué d'impressionner les plus démocrates en France, puisqu'en 2005, la région de Poitou-Charentes a adopté le concept en l'étendant aux lycées. Ainsi, les lycées — par l'intermédiaire des parents d'élèves, des personnels enseignants, techniques et administratifs — choisissent eux-mêmes les projets d'aménagement ou d'équipement de leurs locaux et décident des projets à mettre en œuvre relativement à la vie lycéenne.
Le budget participatif en Tunisie
Ainsi, cette majeure et pure innovation du Sud, réinventant la démocratie en démontrant que sa conception formelle représentative est dépassée, a de plus en plus du succès dans le monde. Elle a notamment permis de démontrer aux démocrates occidentaux imbus de leur modèle saturé de découvrir une manière pratique d'impliquer la participation et la décision des habitants à l'élaboration du budget municipal.
En Tunisie, Tozeur, Gabes, Menzel Bourguiba et La Marsa sont désormais adhérents à ce concept, le dernier un arrêté municipal en ce sens, pris à Tozeur, ouvrant à la société civile le droit de décider des affectations du budget. Ces municipalités, véritablement en phase avec l'esprit de la Révolution,  ne font que rejoindre un vaste mouvement international, réunissant pas moins de deux mille sept cents municipalités de par le monde appliquant cette forme de démocratie renouvelée, une démocratie citoyenne.
Il est avéré désormais que les villes — et les nôtres en particulier — sont les seules aujourd'hui à même d'être porteuses des espérances citoyennes. Que nos élites politiques se soucient moins de leurs intérêts partisans que de ceux de leurs concitoyens en méditant une telle expérience de budget participatif ! Qu'ils osent enfin permettre à tous les Tunisiens de gérer leur quotidien à travers les seules élections politiques qui comptent dans la situation de banqueroute que nous vivons : des élections municipales !
Le budget participatif sera alors en mesure d'être rapidement appliqué à dans tout le pays, donnant un vrai pouvoir de proposition et de décision aux administrés d'une ville pour mieux y vivre et travailler. Cela permettra plus de transparence, de réactivité et d'efficacité, aboutissant à une véritable cogestion entre l'exécutif municipal et les acteurs de la société civile. C'est ce qui est en cours actuellement.
Pour une postdémocratie !
À ceux de nos responsables se targuant d'être démocrates et/ou révolutionnaires de prendre le train en marche avant qu'ils ne soient définitivement largués ! Car le peuple n'attend pas; il a soif de participation dans sa faim de démocratie véritable au moment où la fin du paradigme politique antique ne fait plus doute. Aujourd'hui, la saturation du modèle classique de la démocratie occidentale n'est plus à démontrer comme étant exclusivement basée sur une tromperie, un mécanisme de représentation au service unique de partis n'ayant en vue que leurs propres intérêts. On le voit à longueur de journée.  
La démocratie est à réinventer; et il est possible en Tunisie de voir naître une postdémocratie; tout commence au plus près du citoyen, dans les municipalités. Qu'on ose donc abandonner l'idée saugrenue d'élections nationales avant d'avoir raisonnablement mis la démocratie sur ses pieds avec des élections locales et régionales ! 
Publié sur Leaders