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dimanche 27 avril 2014

Transfiguration du politique 3

Respecter la constitution, disent-ils; chiche !


  
  

Il faut respecter la constitution ! Voilà le mot d'ordre de tout un chacun se voulant légaliste dans ce pays, répétant à l'envi cette évidence de la nécessité absolue du respect de la constitution. Toutefois, cette pétition de principe, comme toute attitude humaine, même la plus scientifiquement soignée, ne saurait échapper au conditionnement idéologique des uns et des autres et à la déformation orientée à visée politique, sinon politicienne.
Aussi, ne serait-ce que pour nous rappeler de la fable en nos temps d'affabulation régnant en maîtresse, il nous faut toujours nous demander qui parle et pourquoi il parle; que veut-on dire en appelant au respect de la constitution, où veut-on aller?

Saturation de l'esprit archaïque de la démocratie

En effet, on nous dit que la constitution doit être respectée dans sa lettre supposant la tenue d'élections nationales avant la fin de l'année. Or, on cache à peine une folle envie de retrouver le pouvoir au plus vite pour renouveler une légitimité épuisée.
À leur secours viennent des spécialistes assurant que ne pas tenir les élections ainsi que le prévoit la constitution, c'est violer non seulement sa lettre, mais aussi son esprit, dans la mesure où les élections sont la preuve de la souveraineté populaire et de la démocratie.
Or, en cela, ils se trompent et ne trompent plus personne. Car, le mécanisme électoral n'a jamais été une preuve suffisante de la démocratie, à peine d'une démocratie minimaliste se réduisant à une coquille vide. D'autant plus qu'avec le scrutin de liste choisi, c'est la loi des grands partis qui s'imposera et non celle du peuple. Or, on a expérimenté la loi des partis et elle a échoué lamentablement.
En Tunisie, seul le scrutin uninominal est adapté à la situation du pays. Il est certes à améliorer, en le rationalisant par des mesures coercitives s'imposant à l'élu aussi bien en termes de contrat de mission que de l'obligation de se présenter en trio impliquant à la fois la  féminité et la jeunesse nécessaires. Voilà ce qui traduirait vraiment en Tunisie la volonté populaire et une volonté sincère de démocratie.
C'est qu'une démocratie qui se respecte ne peut plus être autrement que participative; or, ce ne sont pas des élections législatives ou une présidentielle qui y pourvoiront, car celles-ci servent les ego personnels des candidats, des professionnels de la politique, des mercenaires qui ne manquent plus dans notre paysage politique. Aussi, le vrai intérêt du peuple se trouve dans des élections locales et régionales, au plus près de ses préoccupations quotidiennes.

Nécessité d'un nouvel esprit démocratique

Mais soyons honnêtes en répondant à la question suivante : est-ce vraiment respecter la constitution qui consacre de nouveaux droits et des libertés en les gardant à ce jour lettre morte? Ne serait-on pas plus crédible en appelant d'abord à suspendre l'arsenal juridique répressif de l'ancien régime qui est toujours en vigueur avant de procéder à quoi que ce soit de politique susceptible d'envenimer la cause des droits et des libertés dans le pays?
En effet, il y a fort à parier que les nouveaux dirigeants, forts de leur soi-disant nouvelle légitimité, continuent à ignorer l'esprit de la constitution et à se couler dans le moule de l'arsenal juridique de la dictature.
Il est bien évident que tous ceux qui prétendent parler de légalité et d'intérêt de la patrie en se focalisant sur les élections ne pensent qu'à leurs intérêts, à travers ceux de leurs partis. En cela, il est vrai, ils sont logiques à eux-mêmes puisqu'ils croient que la démocratie c'est le système des partis.
Or, ce n'est plus vrai. Cela  a représenté un moment de l'histoire de l'Occident qui a pris fin, la démocratie aujourd'hui y étant devenue la loi des combinazione. Et c'est ce qu'on veut nous refiler, le rebut d'un système qui ne marche plus au lieu que nous inventions quelque chose de nouveau, dans l'air du temps.
Tous ceux qui se réclament de la démocratie dans sa formulation purement électoraliste ne sont guère meilleurs que les religieux salafis qui relèvent d'une vision anachronique de l'islam. Les deux sont des intégristes; mais les uns en religion, les autres en politique.
Ce dont a besoin la Tunisie c'est d'un véritable esprit aussi bien politique que religieux. C'est cela être révolutionnaire. Alors, soyons vraiment révolutionnaires en arrêtant de cultiver notre ego par l'appel à des élections inutiles aujourd'hui; ou alors appelons à des élections municipales et régionales!
Laissons donc nos compétences nationales travailler tout en renforçant leur champ d'action avec la généralisation de ce principe à tous les rouages de l'État. C'est cela aussi la révolution, mais cette fois-ci par le haut.

L'esprit de la démocratie en Tunisie

Avant l'acquis électoral, il y a l'acquis des droits et de la liberté; et c'est aux lois scélérates de la dictature qu'il faut s'attaquer en premier, car on a continué de s'en servir au nom de la démocratie. Et avec des élections à organiser au plus vite, on cherchera moins à créer un esprit démocratique dans le pays que de renouer avec l'esprit de la dictature.
Qu'on commence donc par mettre en pratique les acquis de la constitution en termes de droits et de libertés, c'est la priorité des priorités pour la démocratie; on parlera après des élections, qui sont bien secondaires par rapport aux normes devant régir effectivement le pays, y créer une tradition de démocratie.
Aujourd'hui, le prétexte du respect de la constitution dans sa forme pour précipiter les élections selon le plus mauvais système électoral qui soit ne sera qu'une manœuvre politicienne assurant le retour au pouvoir des caciques des grands partis au moment même où nos compétences nationales s'affairent à redresser le pays.
L'œuvre de revitalisation est longue, et on veut la torpiller. Où est le patriotisme dans tout cela? Si l'esprit révolutionnaire n'est pas dans le retour à la santé du pays au plus vite, où serait-il? Certainement pas dans l'organisation formelle d'élections dans un cadre juridique violant d'une façon encore plus flagrante la constitution.
Prétendre nécessaire et obligatoire l'organisation des élections avant la fin de l'année relève  bel et bien d'une action contre l'esprit de la démocratie. Être démocrate et même révolutionnaire aujourd'hui, c'est conforter le nouvel esprit démocratique qui est bien mieux incarné en Tunisie par des compétences apolitiques à tous les niveaux pour diriger le pays que par les militants des partis.
Stop donc à la politique politicienne ! Il suffit d'instrumenter le droit au service des ambitions politiciennes ! Redressons d'abord notre pays avec abnégation, sérieux, honnêteté et compétence(s).
Si toutefois on tient absolument aux symboles et si on veut absolument des élections, qu'elles soient alors locales; organisons plutôt des municipales ! Quelle belle démocratie que celle qui est exercée à la base, par le peuple gérant ses affaires! C'est ainsi qu'on sert le peuple et non l'ego de ceux qui ne veulent pas être ses serviteurs, mais ses maîtres.
Or, même en politique, le temps des seigneurs est fini. Le peuple est maître de sa destinée, aujourd'hui, non pas les partis; et les représentants véritables du peuple ne sont que les compétences apolitiques servant la patrie et non leurs partis.